Pheed, the beast

A la croisée des différents leaders du web social (Facebook, Twitter, YouTube, etc..), on trouve le dernier né, Pheed. Sur le baromètre des réseaux sociaux qui ont le plus le vent en poupe en ce moment, la plateforme sociale, basée à Los Angeles, tient la dragée haute. Une première place sur l’AppStore dans la catégorie des réseaux sociaux et des articles flatteurs dans la presse spécialisée, Pheed –le flux, en français- pourrait rapidement se retrouver dans votre barre de favoris.

Mais que trouve t’on dans le ventre de la bête ?

logo du l'entreprise pheed

A peu près tout. Pheed est une plateforme unique pour toute forme de contenu digital : du texte, des photos, des clips audio, de la vidéo et de la diffusion vidéo en direct. Il n’y a donc pas de limites à ce que vous pouvez partager, et ce d’autant plus qu’il n’y a pas de restrictions de poids de fichier (sauf pour les vidéos, qui sont bornées à 4h). Concernant la diffusion live, le panel de possibilité est vaste, puisque vous pouvez diffuser un concert depuis votre garage ou votre dernier spectacle de stand-up depuis votre cuisine depuis votre cuisine.

Là où Pheed se distingue de la concurrence, tant en terme de key feature que de philosophie, c’est qu’il offre la possibilité aux créateurs de contenu de faire payer l’accès à celui-ci. Deux formules sont proposées : soit l’utilisateur paie l’accès à la pièce (les tarifs pratiqués allant de 1,49$ à 34,99$), soit il peut s’abonner avec une souscription mensuelle à une chaîne. L’idée qui affleure derrière ce procédé est que si les producteurs de contenu peuvent se rémunérer sur leurs créations, ils vont produire du contenu de meilleure qualité. Pour le CEO et co-fondateur de Pheed OD.Kobo, les réseaux sociaux souffrent actuellement d’être un grand brouhaha où s’opère un nivellement par le bas de la qualité des productions, étant donné qu’elles bénéficient de la même mise en valeur que les œuvres de piètre qualité. C’est pourquoi depuis son lancement, Pheed est très populaire auprès des créateurs, en leur proposant un espace valorisant leur travaille.

Un départ qui détonne

Pheed a attiré l’attention des média avec une stratégie de lancement extrêmement efficace. En s’assurant la promotion de leur plateforme auprès de 200 influenceurs tels que Paris Hilton ou David Guetta, le réseau social a immédiatement aspiré de nombreux utilisateurs de Twitter, et en particulier des adolescents, qui constituent désormais la grande majorité des personnes présentes sur Pheed. Celles-ci ont été notamment redirigées par des adolescents très influents sur le réseau social au moineau bleu, comme Acacia Brinley, qui compte plus de 118.000 followers.

Mais c’est aussi le business model qui a étonné. Comme Pheed perçoit la moitié des revenus générés par la vente de contenus, l’entreprise tire des entrées d’argent substantielles et rapides, ce qui lui permet de ne pas baser son développement sur des investissements extérieurs ou sur de la publicité. A l’inverse d’autres start-ups qui cherchent à grossir d’abord, et générer des revenus ensuite, Pheed cherche à faire les deux de pair. Elle peut ainsi s’acquitter des frais liés à l’achat de bande passent et au stockage des données.

Dans la bataille des réseaux sociaux (dont semble actuellement pâtir Google + et Myspace), le petit nouveau Pheed pourrait bien tirer son épingle du jeu. La start-up californienne sera en tout cas un des acteurs du web à surveiller en 2013.

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