Entrepreneur français : les pièges à éviter en arrivant dans la Silicon Valley !

Ne pas croire que ce vous avez fait en Europe est cool.

Bien qu’avoir un prototype, voire des clients et des premiers revenus, représentent un vrai atout, cela ne fera pas la différence. Dans la Silicon Valley, plus que partout ailleurs aux USA, l’attention est portée davantage sur le « what’s next ? » que sur le  « what have you already done ? ». De plus, la petite taille du marché européen fera souvent rire vos nouveaux partenaires. Partez à la recherche de références locales : il est toujours préférable d’avoir un unique client ou une base utilisateur minuscule aux USA qu’une audience solide mais française.

Ne pas aller traquer les VCs, laissez les VCs venir à vous.

Une des premières erreurs que j’ai commise, et je ne pense pas être le seul, est d’avoir d’entrée de jeu planifié une vingtaine de rendez-vous avec des VCs. Attention, cela peut très bien marcher mais rien ne vaut une introduction par une connaissance mutuelle. L’étendu du réseau n’est pas une série d’étoile à épingler sur votre uniforme mais votre premier atout pour faire votre vivre votre projet.

Voyez grand bon sang.

Dans la Silicon Valley, la frontière entre le « humble » et le « boring » est extrêmement fine. Que ce soit dans vos presentations ou pitches, allez y tambours batants. Vous êtes là pour changer le monde ? Dans ce cas dites-le !

Passez-vous des sorties entre français.

C’est naturel, c’est facile et c’est tentant mais c’est à coup sûr le meilleur moyen de vous enfermer petit à petit dans une bulle. Au contraire, désertez l’humour et les considérations francophones pour vous créer votre propre vie ici.

Installez-vous (pour de bon).

Jonglez entre SFO et Roissy est une mauvaise idée pour plusieurs raisons très simples.  La première est cruelle mais tombe sous le sens : quand vous êtes absents, vous n’existez plus pour votre embryon de réseau.

De plus, et c’est une réalité, les douanes américaines ne sont pas friandes des aller/retours permanents entre les Etats Unis et l’Europe. Mon conseil est de venir une première fois avec un « Visa B1 » en planifiant vos rendez-vous et à l’avance et en sélectionnant les évènements auxquels vous souhaitez participer.  Après quelques mois, si le vent semble tourner dans votre direction, get a Visa…! Cela est certainement plus facile à dire qu’à faire mais cette formule me semble la plus performante. Intéressez-vous dès maintenant au « L1-A-Visa » et pourquoi pas au « E-2 Visa ». Les bruits courent qu’un Visa entrepreneur est à l’étude, croisons les doigts.

Ne refusez aucun rendez-vous, jamais.

C’est votre grande première ici et rencontrez autant de personnes que possible doit être votre unique objectif. Foncez à des conférences même si elles ne concernent pas directement votre secteur. Souvenez-vous que les gens changent d’entreprise beaucoup plus rapidement qu’en France : une personne avec un intérêt limité dans une entreprise A peut devenir en quelques jours.un « decision taker » dans une entreprise B.

Plus largement, « Giving Feedbak » est un véritable sport national dans la Silicon Valley. Analyser avec discernement et pertinence les différentes remarques –et elles seront nombreuses- est une qualité essentielle.

Ne travaillez pas dans un garage.

L’image d’Épinal de développeur laborieux travaillant dans la poussière d’un garage de Mountain View a vécu. Cela reste à coup sur une expérience surprenante mais ce dont vous avez réellement besoin est un environnement de travail ouvert. Encore une fois, la Silicon Valley est ce qu’elle est pour ses réseaux, pas pour ses garages (qui d’ailleurs ressemblent étrangement à n’importe quel autre garage).

Ainsi, la meilleure des choses à faire reste de candidater pour une place en incubator/accelerator program. Si ils ne sont pas tous de qualités équivalentes, ils vous feront gagner des ressources et du temps. Dans une moindre mesure, les espaces de coworking (et en premier lieu PariSoma) permettent de faire des premières rencontres et de bénéficier d’un espace de travail de qualité.

Ne croyez pas que les choses seront plus simples ici, au contraire.

Les milliers de conférences, les centaines de VCs et l’ambiance start-up friendly, il est facile de croire que lancer sa start-up est plus aisé dans la Silicon Valley. Justement, la compétition y est plus rude que n’importe quel endroit du monde et sortir de la masse est un véritable défi. Les américains n’oublieront jamais de vous le rappeler : « Go Big or Go Home ».

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