Google IO 2013 : voulez-vous vraiment vous déconnecter ?

Plus de 6.000 personnes ont assisté mercredi dernier à la conférence annuelle des développeurs Google à San Francisco. Quelques jours plus tard, réflexions.

Une foule dense – composée de développeurs, happy few curieux et autres journalistes – et un show interminable: nous avons eu droit à près de 3h30 de présentations ad nauseam de la stratégie du groupe pour les douze mois à venir, sur un un lancement musical particulièrement éclairant: “I’m alive” du groupe Empire of the Sun.

Google IO 2013 a démarré à l’heure. Cette année, pas de découpe: une seule keynote. Android et Chrome réunis, deux piliers de l’entreprise désormais. Principal enseignement du jour à quelques semaines du rassemblement annuel d’Apple dans la même ville? Google veut se démarquer de son principal concurrent en jouant sur l’universalité de ses produits. Ils doivent fonctionner sur n’importe quel appareil, quel que soit le système, quel que soit l’écran. Cela dit, BlackBerry 10, Firefox OS et Windows Phone n’ont eu droit à aucune mention et attention particulière.

Consolidation et évolutions… de taille

La plus énorme offensive du jour? Google précède Apple dans la musique à la demande, avec un concurrent de Spotify et Deezer sous la forme d’une offre de musique illimitée à 9,99 dollars par mois: Google Music All Access. Hangout remplace Google Talk et viendra sans doute embrasser Google Voice dans quelque temps.

Une nouvelle version du réseau Google+ a été lancée simultanément, visuellement beaucoup plus attrayante sous forme de cartes interactives. Google+ et le moteur de recherche se rapprochent de plus en plus. Désormais, ce fameux moteur de recherche obéit à des questions qu’on écrit ou qu’on pose à la voix, comme “Où puis-je manger un plateau d’huîtres à Oakland” ou encore “Retrouve mes photos de New-York prises l’an dernier”. Qu’est-ce qui a changé? Ce que vous inscrivez sur le nuage. Dès que vous êtes connecté à votre compte, Google utilise vos emails, vos photos, votre musique, vos rendez-vous, pour affiner la recherche en fonction de la personne et non plus forcément du sujet. Particulièrement pratique, car le terme barbare de backup appartient au vocabulaire technique du passé. Mais lourd de conséquences en matière de protection des données.

Une version complètement revisitée de Google Maps sera lancée l’été prochain. Les cartes sont désormais plus personnelles. Elles affichent les endroits où vous vivez, où vous vous rendez régulièrement, vos restaurants favoris, votre lieu de travail. Chaque carte est unique. Encore une fois, cela fonctionne de la même manière sur un ordinateur, un smartphone et une tablette, y compris sur l’iPhone et l’iPad, pas simplement Android. Tout cela grâce au compte Google, qui fait office de clé vers votre appartement virtuel.

Il faudrait également parler des jeux en réseau et de nouveaux formats d’images et de vidéo plus légers et sans royalties. Le format WebP proposait une compression de 30% par rapport au JPEG, avec la possibilité d’obtenir des images animées, façon GIF. Le format vidéo VP9 irait jusqu’à 63% de réduction par rapport au H.264. Il sera adopté cette année par Youtube, ce qui devrait mettre tout le monde d’accord.

Déconnexion: are you sure?

Ce qui nous a frappé, cette année, au fond, c’est que l’on n’a pas eu droit à une enième nouvelle version de tel ou tel système (Android, Chrome, ChromeOS). Non, on a plutôt senti que Google était à l’aube d’une formidable nouvelle ère, qui place la personne connectée au centre de tout. Ce qu’elle fait. Ce qu’elle vit. Où elle va. D’où elle vient. Ce qu’elle pense. Ce qu’elle rêve. Ce qu’elle partage. Ou pas.

Après le smartphone, la tablette, l’ordinateur, demain ce seront les lunettes, les brassards de sport, nos pèse-personnes, ce seront les objets de notre quotidien qui seront animés et connectés à notre nuage, notre personnalité virtuelle. Finira-t-elle par nous ressembler, nous manipuler, nous guider, nous suivre, nous épier, nous confondre?

Durant les trois jours de Google IO, une foule de journalistes et de salariés du groupe portaient déjà les Google Glasses, les lunettes connectées. Elles ne seront probablement pas disponibles avant 2014. Au-delà de l’aspect hipster de la chose, qui se sent vraiment à l’aise en cotoyant ces “privilégiés”? Ils ont parfois quitté le Moscone pour se balader dans les allées du centre commercial Westfield. Les avez-vous vous aussi croisés?

 

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