Le père Noël de San Francisco s’encanaille !

Les pères Noël de San Francisco sont de joyeux lurons… et ne me parlez pas des flocons de neige ! Le ciel est bleu. Le fond de l’air juste un peu frais, et la foule est jeune et joyeuse : beaucoup de T-shirts, bluejeans et sandales. Non, il ne s’agit pas d’une belle journée de printemps à Paris, mais d’un samedi de décembre à San Francisco. Michèle et moi nous dirigeons vers le grand Magasin Macy’s sur Union Square. En face de nous la station du Bart (Bay Area Rapid Transit, le métro de San Francisco) dégorge une foule dense venue de toute la région (la Bay Area). Mais cette ligne de voyageurs est différente : vue de loin la ligne entière est rouge vif et elle fait déjà une centaine de mètres de long. Nous nous rapprochons pour mieux comprendre. 

Sortant du métro nous voyons arriver des milliers de… pères Noël. Ils portent le grand habit rouge bordé de blanc, le bonnet, la grande barbe en coton et les bottes. Au milieu de ces pères Noël nous découvrons des personnages « de Noël » : petits flocons de neige (bottes blanches, tutu, et décolleté généreux), des petits daims (Dancer et Pranzer sont souvent choisi par une partie de la population, car ils sont supposés être « gay ») complets avec les sabots, les cornes, les colliers (incrustés de faux diamants). Il y a enfin des sapins (en habits de polyuréthane vert, semé de LEDs clignotantes), les pingouins (aucune idées d’où ils viennent ceux-là, mais sous la tulle transparente, les version mâles et femelles ne sont pas difficile à identifier). Vous l’avez compris, il s’agit d’une version « adulte » de Noël. Ce qui fait de cette fête une fête unique est que SantaCon (c’est le nom de ce rassemblement) est spontané, utilise activement twitter et FaceBook, et rassemble des milliers de jeunes (et aussi quelques moins jeunes)  de toutes origines, de toutes les races et classes sociales. Tous sont unis (malheureusement) par un objectif commun, le « bar hoping », qui consiste à fréquenter le plus grand nombre possible de bars avant la tombée de la nuit, et/ou tomber sur le trottoir dans un sommeil éthylique.

Sur le square qui marque le centre du « Financial Quarter » la foule devient plus dense. La place est déjà bien pleine.

 La foule continue de grossir, venant des rues avoisinantes et du Bart. Les premières bouteilles de bière (cachées selon la loi américaine dans des sacs de papier bruns) apparaissent. La foule n’est pas menaçante. Elle est jeune et joyeuse et attend que les bars ouvrent (vers 16 heures). De nombreux « Santas » ont des jouets qui seront déposés dans de grandes boîtes et donnés aux enfants des pompiers de la ville. Union Square commence déjà à déborder dans les rues avoisinantes. De là la foule remontera vers California Street, ou descendra vers l’Embarcadero (au bord de la baie).

SantaCon a commencé à San Francisco en 1994 avec une poignée de pères Noëls. Le rassemblement est maintenant devenu mondial et se déroule dans 300 villes et 44 pays. Le plus grand SantaCon en 2012 était celui de New York qui a rassemblé 30,000 personnes. 

A partir de là, l’histoire devient un peu moins racontables. Sur Polk Street (le coin des bars en bas de Nob Hill), la foule fait la queue en face de chaque entrée de bar, et certains Père Noëls commencent à avoir du vent dans les voiles, les petits flocons de neige sont de plus en plus déshabillés, et les daims gambadent sans retenue ! Il est temps pour nous de rentrer à la maison…

 

De San Francisco

John Forge

Photos : John Forge

 

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