Mon stage dans la Silicon Valley

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Suite de notre dossier stage. La parole va directement à Clémence, Grace, Rania & Guillaume, étudiants à Paris et en stage à San Francisco. Réponses décisives pour questions essentielles.

 

Quelles galères avez-vous rencontré pour trouver votre stage?

 « J’ai principalement eu du mal à trouver des entreprises dans un certain domaine (les média), car ici tout est très tech. J’ai également eu du mal à avoir des portes d’entrée dans des entreprises américaines et me suis donc rabattue sur les entreprises françaises. La distance est quelque peu pénible également ; et si tu veux te rendre sur place pour trouver ce stage des enfers, tu es obligé de rentrer en France pour les procédures de visa ce qui est un peu “a pain in the ass”. Le réseau français pourrait être mieux cablé aussi je pense. »

Clémence, stagiaire dans une agence digitale, étudiante à Sciences Po Paris

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« Des galères… il y en a eu plein, la première étant la barrière de la langue, les Français ne sont pas connus pour leurs merveilles linguistiques en anglais. Les CV et lettre de motivation envoyés, c’est les pertes d’espoir qui surgissent quand on n’obtient aucune réponse.  Ou alors on se fait gentiment recaler parce qu’on n’est pas diplômé, on n’a pas d’expérience et on n’a pas de « majeure ». Bon, il y a eu une bonne part de procrastination aussi! »

Rania Kahloul, stagiaire au Arab Cultural and Community Center, étudiante à Sciences Po Paris

« La recherche de stage dans la Silicon Valley et sur San Francisco est assez paradoxale. Depuis la France, il est extrêmement difficile de trouver un emploi. Les écoles et universités françaises sont parfaitement méconnues aux Etats-Unis, les procédures d’obtention de VISA sont longues et fastidieuses, ou tout simplement la communication est insuffisante. Une autre raison possible est que les entreprises San Franciscaines sont principalement des startups, n’ayant ni le temps et le budget pour embaucher et former des stagiaires. Enfin, obtenir un VISA inclut passer par un sponsor. Or, ces derniers exigent que les entreprises d’accueil remplissent un certain nombre de règles (5 employés pour un stagiaire, programme en adéquation avec les études etc…), règles que les start-ups ont bien entendu du mal remplir. En revanche, une fois sur place, il est extrêmement facile de trouver du travail, grâce au « réseau » développé à travers meet-ups, events et autre net working. »

Guillaume Tétart, stagiaire à DaCast, étudiant aux Mines de Paris

Votre stage est-il était plus enrichissant que celui que vous auriez pu faire en France, au Quick de Rungis ou à la Préfecture de Sarthe?

« Ce stage est tellement plus enrichissant que les autres, non pas parce qu’il est génial mais parce que tout le décor change. On est dans une autre dimension, les codes du travail sont plus détendu qu’en France et non seulement on apprend des choses grâce au stage mais tellement plus en dehors (la ville, les évènements, le rencontre). C’est une expérience à prendre dans sa globalité. »

Grace Loubassou, stagiaire à Sephora Inc. San Francisco, étudiante à Sciences Po Paris

« L’association elle-même ! Étant donné que mon stage se passe dans un « Community Center », il y avait très peu de chances que je trouve cette équivalence aussi facilement en France, car c’est un concept très américain! Et là pour le coup, le stage permet clairement de comparer les deux systèmes, d’y apporter sa touche Française et de s’engorger de la touche américaine. Écrire des « Grants » par exemple, qui consiste à créer un projet utile à l’association ou au programme, et postuler pour certaines bourses octroyées par des entreprises et des associations. Il s’agit d’être avant tout créatif, ce qui permet d’avoir une large marge de manœuvre et d’être autonome, ce qu’on n’aurait pas forcément à notre âge dans une entreprise française. »

Rania Kahloul, stagiaire au Arab Cultural and Community Center, étudiante à Sciences Po Paris

 

 

Vos conditions de stage sont-elles conformes à l’idéal californien (tables de ping-pong et Playstation 3 dans le fond du bureau, horaires décents, salaires de Mexicains)?

« Carrément ! Chez  Sephora Inc., c’est tellement détente, il y a des pots de Snicker/Twix/Mars à tout les bureaux. Toujours une bonne ambiance et l’heure c’est l’heure : à 5h il n’y a plus personne ! C’est le rêve on a un bureau, oui un bureau en tant que stagiaire avec tout le monde au petit soin. On a de vrais missions, fini les stages photocopie, il y a un vrai climat de confiance. Mais ce que je préfère c’est les privilèges des employés, des soirées, des lunch offerts par la boite, les salles de massages …oui. »

Grace Loubassou, stagiare à Sephora Inc. San Francisco, étudiante à Sciences Po Paris

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« Effectivement, tout est fait pour qu’on se sente à l’aise. Le bureau est assez particulier puisqu’il s’agit d’une maison aménagée de façon à ce que le rez-de-chaussée soit réservé aux évènements, et l’étage aux bureaux. Tout est fait pour que l’on se sente chez soi, les horaires sont flexibles, la directrice est très ouverte et accessible, et le réfrigérateur est souvent rempli pour que l’on se serve… »

Rania Kahloul, stagiaire au Arab Cultural and Community Center, étudiante à Sciences Po Paris

« Les conditions de stage sont agréables. Les open-spaces sont conviviales, et équipés en termes de machines à café et nourritures. Les horaires de travail sont assez proches de celles de la France. En revanche, pas de place pour des vacances (du moins officielles). Les salaires vont d’un extrême à l’autre. Deux extrêmes : un ami stagiaire gagne 1 000$ par mois, tandis qu’un autre en gagne 9 000… Le salaire moyen (en éliminant ces deux pôles) doit être aux alentours de 2 500 – 3 000$ par mois, ce qui est confortable pour bien vivre en Californie. »

Guillaume Tétart, stagiaire à DaCast, étudiant aux Mines de Paris

 

La déception est-elle permise ?

« Non, dès que j’ai une baisse de régime, je pense aux entreprises  françaises  avec un micro onde qui fonctionne mal et tes collègues qui te fliquent. Après ça je me sens mieux. La déception n’est pas permise quand on sait qu’on était 200 à postuler qu’on a été prise ! La déception n’est pas permise quand tu réalises que, même si parfois tu galères, ton CV sera bien au final. »

Grace Loubassou, stagiaire à Sephora Inc. San Francisco, étudiante à Sciences Po Paris

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« Les start-up ont besoin de main d’œuvre pour s’occuper de leur support. Il est ainsi possible de voir son stage se réduire à répondre à des tickets ou des mails. »

Guillaume Tétart, stagiaire à DaCast, étudiant aux Mines de Paris

 

Quels conseils issus de votre expérience pour faciliter la recherche de stage ?

-Etre pro-active (postuler à tout et pour tout)
-Avoir de l’espoir (souvent sans réponse, il faut continuer encore et encore)
-Avoir de l’argent de côté (VISA VISA VISA)
-Relancer les entreprises pour lesquelles vous postulez, et ne pas hésiter à appeler directement, même si ça fait un peu peur. (J’ai envoyé deux e-mails et les appelés, avant d’obtenir mon stage)
-Personnalisez vos réponses et vos lettres de motivation en fonction de l’entreprise, même si cela prend du temps.
-Apprendre à coder un minimum (ce qui est à la portée de tout le monde)
-Rentrer en contact avec un stagiaire déjà sur place
-Chercher les start-up de la Silicon Valley sur le web, et leur écrire ! Le principal problème est un manque de communication/échange, et (malheureusement) on ne peut se rendre compte de ça qu’une fois déjà sur place !

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