par Colas Zibaut | Jan 22, 2026 | Podcast
Image d’Epinal de la Silicon Valley, les co-working spaces rassemblent les projets les plus innovants et leurs proposent un environment de travail unique. Rocket Space ou bien le parisien Parisoma ont fait des émules, et on trouve désormais des co-working spaces disséminés sur tous les continents. Pourtant, ceux basés à San Francisco conservent un flavour particulier, qui, au-delà du cliché du café illimité et des tables de ping-pong servant de bureaux révèle une façon unique de travailler. Mots clefs: collaboratif & agile enfin lean. Espace de bien être.
Votre casque bien vissé sur vos oreilles attentives, partez avec nous explorer un lieu clé de l’innovation de la Silicon Valley.
par Colas Zibaut | Jan 22, 2026 | Innovation
Les San Franciscains sont généralement de bons Samaritains. Ils sont friands des Random Act of Kindness, une action gracieuse complètement désintéressée qui fonctionne comme une chaîne, en invitant l’heureux bénéficiaire de l’acte de bienfaisance à rendre à son prochain ce qu’on lui a donné. Au comptoir de Strabucks, alors que vous vous apprêtez à payer votre Macchiato deux doses, une inconnue entre subitement et règle à votre place, c’est ça, par exemple, un RAC (Random Act of Kindness).
Jouant également sur le ressort de l’altruisme, la ville de San Francisco vient de lancer un système qui permet à quiconque d’envoyer des textos aux conducteurs de véhicules enregistrés sur le site CurbTXT. L’idée est simplissime, mais permettrait aux conducteurs distraits d’éviter nombre d’amendes.
La procédure est enfantine. Vous enregistrez votre numéro d’immatriculation en ligne, et le site l’associe à votre numéro de téléphone. Lorsqu’un quidam veut vous avertir que vous êtes garé de travers ou que vous avez oublié d’éteindre vos feux, il lui suffit d’envoyer un texto à CurbTXT avec au début du message votre numéro d’immatriculation, pour que le service vous transfert le SMS. Pour identifier les véhicules enregistrés, la ville vous délivre un sticker que vous pouvez coller à l’arrière de votre véhicule (où à côté de votre Carstache).
Le service vient juste d’être lancé et n’est disponible qu’à San Francisco, on ne sait donc pas encore quel usage vont en faire les habitants.
Si a priori, l’utilisation sera conforme à l’intention de la municipalité dans de nombreux cas (alarme qui se déclenche, tickets de parking expirés, etc…), on redoute que certains en fassent un autre usage. Par exemple, nous Français, qui aimons tant crier au volant, nous serions peut-être tentés d’envoyer des messages insultants sur la conduite de la voiture de devant.

On peut également avancer sans risque de se tromper que le service trouvera un écho certain auprès des dragueurs ou des routiers, qui n’hésiteront pas à contacter de séduisant(e)s conducteurs(trices) sous le couvert de l’anonymat que procure le service.
Comme pour de nombreuses innovations permises par l’Internet, l’anonymat est alors à double tranchant : il permet d’améliorer le vivre-ensemble, en rapprochant des individus fragmentés par les nouveaux modes de management, l’éclatement des institutions etc.., et dans le même temps, il peut être un lieu d’expression débridé et embarrassant.
par Colas Zibaut | Jan 22, 2026 | Innovation
Le survivant de l’Holocauste Pinchus Gutter a relaté sa tragique expérience de nombreuses fois, un peu partout dans le monde. Mais cette fois le vieil homme assit face au public de l’auditorium de l’Ecole de Cinéma de l’Université de Californie du Sud n’est pas vraiment Pinchus Gutter.
Les hologrammes entrent dans les musées
Il s’agit de l’enveloppe digitale de l’homme de 80 ans, habillée d’une chemise blanche et d’un pantalon
noir, qui s’adresse directement aux quelques privilégiés venus assister à la démonstration. 
L’utilisation d’un hologramme dans un musée est une première et elle a été rendue possible par le travail de chercheurs de USC (University of Southern California). Pour parvenir à ce rendu, ils ont longuement interrogé Gutter à l’aide de multiples caméras, ce dernier étant assis devant un écran vert. L’intérêt de la démarche est de conserver une parole vivante et de rendre le témoignage plus saisissant.
Parler avec un robot
Il y a un peu moins d’un an, les hologrammes étaient déjà sur le devant de la scène. C’était à l’occasion de la dernière édition du festival de musique Coachella, le plus grand rassemblement d’amoureux de la musique de Californie. Lors du concert des rappeurs Dr. Dre et Snoop Dog, Tupac, artiste tué par balles en 1996, avait été ressuscité. Pourtant la réplique de Pinchus Gutter constitue une avancée technologique par rapport au procédé utilisé à Coachella. En effet lors du concert au printemps dernier, il ne s’agissait pas à proprement parler d’un hologramme mais d’une projection en 2D sur une feuille transparente. Dans le cas de l’expérimentation des chercheurs de USC, la projection de la personne est véritablement en 3D, ce qui veut dire que les spectateurs peuvent prendre place tout autour de l’hologramme et non plus seulement de face.
Mais les scientifiques de USC vont plus loin encore, puisqu’ils travaillent aussi à un logiciel de reconnaissance vocale qui rend l’hologramme capable non seulement de raconter ses récits, mais également de répondre aux questions posées par les visiteurs. L’expérience en devient encore plus excitante avec cette dose d’interactivité.
Plusieurs start-up sur le coup
Dès demain dans vos assiettes? Pas vraiment, la création d’hologrammes est encore fastidieuse et très couteuse. Il aura fallu quatre mois et entre 100.000$ et 400.000$ pour réaliser celui de Tupac. Elle a été réalisée par AV Concepts dont les bureaux sont à San Diego et la société Digital Domain.
Après le succès de Coachella, Digital Domain située à Los Angeles et fondée par le réalisateur James Cameron (auteur du Titanic et d’Avatar), a levé 10,5 millions de dollars à la bourse de New York pour financer la création de nouveaux hologrammes, notamment celui d’Elvis Presley, ce qui montre que d’autres projets vont voir le jour.
Disney aussi a tenté sa propre expérience d’hologrammes, dans son parc d’attractions Walt Disney World en Floride, en utilisant ce procédé pour animer la maison hantée.
Un monde de possibilités
Même si les contraintes techniques sont encore fortes, l’hologramme pourrait trouver une utilisation commerciale dans de nombreux domaines très prochainement.
Dans le secteur de la haute couture d’abord, où les hologrammes ont déjà fait leur chemin jusqu’aux podiums. En avril 2011, un show Burberry avait été réalisé, en partie, avec des images 3D, et lors d’une exposition à Londres consacrée à Christian Louboutin, une Dita von Teese virtuelle dansait devant les visiteurs. Alexander McQueen avait lui utilisé en Mars 2006 un hologramme de Kate Moss pour l’un de ses défilés.
Dans le secteur du jeu vidéo, l’entreprise russe Displair s’intéresse aux possibilités offertes par l’hologramme pour apporter une nouvelle expérience degaming. Sa technologie permet pour l’instant de donner une nouvelle dimension à une des stars des jeux sur iPhone, Fruit Ninja.
Les stades américains réfléchissent quant à eux à la possibilité de faire rejouer des rencontres sportives, en remplaçant les athlètes par des hologrammes. On pourrait alors aller au stade pour revoir la finale du SuperBowl. Une utilisation à des fins médicales est aussi envisageable, pour permettre aux étudiants de travailler sur des corps formés par une enveloppe digitale.
Les limites
Avant d’en arriver là, il faudra cependant considérablement réduire le coût de la technologie, pour que des salles de concert ou des stades puissent s’équiper. S’ajoutent à cela des considérations éthiques, car si vu depuis la Silicon Valley cette innovation comporte un intérêt mercantile indéniable, elle pose aussi des questions nouvelles. Le droit est encore muet à ce sujet. Par exemple, s’il est possible de faire parler un mort, peut-on modifier ses paroles ? Et également, à qui appartient le double numérique d’un mort ? Le droit ne dit pour l’instant pas s’il s’agit du propriétaire des droits de représentation ou de celui qui l’a créé.
Autant de questions auxquelles il faudra trouver des réponses avant que l’hologramme n’entre (définitivement) dans notre quotidien.
par Colas Zibaut | Jan 22, 2026 | Innovation
A la croisée des différents leaders du web social (Facebook, Twitter, YouTube, etc..), on trouve le dernier né, Pheed. Sur le baromètre des réseaux sociaux qui ont le plus le vent en poupe en ce moment, la plateforme sociale, basée à Los Angeles, tient la dragée haute. Une première place sur l’AppStore dans la catégorie des réseaux sociaux et des articles flatteurs dans la presse spécialisée, Pheed –le flux, en français- pourrait rapidement se retrouver dans votre barre de favoris.
Mais que trouve t’on dans le ventre de la bête ?

A peu près tout. Pheed est une plateforme unique pour toute forme de contenu digital : du texte, des photos, des clips audio, de la vidéo et de la diffusion vidéo en direct. Il n’y a donc pas de limites à ce que vous pouvez partager, et ce d’autant plus qu’il n’y a pas de restrictions de poids de fichier (sauf pour les vidéos, qui sont bornées à 4h). Concernant la diffusion live, le panel de possibilité est vaste, puisque vous pouvez diffuser un concert depuis votre garage ou votre dernier spectacle de stand-up depuis votre cuisine depuis votre cuisine.
Là où Pheed se distingue de la concurrence, tant en terme de key feature que de philosophie, c’est qu’il offre la possibilité aux créateurs de contenu de faire payer l’accès à celui-ci. Deux formules sont proposées : soit l’utilisateur paie l’accès à la pièce (les tarifs pratiqués allant de 1,49$ à 34,99$), soit il peut s’abonner avec une souscription mensuelle à une chaîne. L’idée qui affleure derrière ce procédé est que si les producteurs de contenu peuvent se rémunérer sur leurs créations, ils vont produire du contenu de meilleure qualité. Pour le CEO et co-fondateur de Pheed OD.Kobo, les réseaux sociaux souffrent actuellement d’être un grand brouhaha où s’opère un nivellement par le bas de la qualité des productions, étant donné qu’elles bénéficient de la même mise en valeur que les œuvres de piètre qualité. C’est pourquoi depuis son lancement, Pheed est très populaire auprès des créateurs, en leur proposant un espace valorisant leur travaille.
Un départ qui détonne
Pheed a attiré l’attention des média avec une stratégie de lancement extrêmement efficace. En s’assurant la promotion de leur plateforme auprès de 200 influenceurs tels que Paris Hilton ou David Guetta, le réseau social a immédiatement aspiré de nombreux utilisateurs de Twitter, et en particulier des adolescents, qui constituent désormais la grande majorité des personnes présentes sur Pheed. Celles-ci ont été notamment redirigées par des adolescents très influents sur le réseau social au moineau bleu, comme Acacia Brinley, qui compte plus de 118.000 followers.

Mais c’est aussi le business model qui a étonné. Comme Pheed perçoit la moitié des revenus générés par la vente de contenus, l’entreprise tire des entrées d’argent substantielles et rapides, ce qui lui permet de ne pas baser son développement sur des investissements extérieurs ou sur de la publicité. A l’inverse d’autres start-ups qui cherchent à grossir d’abord, et générer des revenus ensuite, Pheed cherche à faire les deux de pair. Elle peut ainsi s’acquitter des frais liés à l’achat de bande passent et au stockage des données.Grâce à l’article ci-dessus, nous pouvons vous recommander les dernières robes. Achetez des robes dans une variété de longueurs, de couleurs et de styles pour chaque occasion de vos marques préférées.
Dans la bataille des réseaux sociaux (dont semble actuellement pâtir Google + et Myspace), le petit nouveau Pheed pourrait bien tirer son épingle du jeu. La start-up californienne sera en tout cas un des acteurs du web à surveiller en 2013.
par Colas Zibaut | Fév 17, 2013 | Innovation
Yelp veut que ça brille
Le très populaire site de critiques de restaurants et de commerces de proximité Yelp a annoncé l’intégration des scores des évaluations d’hygiène menées par la ville sur la fiche des restaurants. Censé rassurer et informer les consommateurs, il répond à cette question qui taraude bien plus les américains, que nous Français : « Se peut-il que je sois malade après avoir mangé dans cet établissement ? »

Décidément, vu depuis l’autre côté de l’Atlantique, l’actualité française est parcourue de références liées à la nourriture et à la santé publique. Des pains au chocolat aux lasagnes à la viande de cheval, on s’interroge beaucoup sur des problèmes culinaires. La question de la transparence notamment agite bien des neurones en France actuellement.
Mais qu’est-ce qu’on en dit depuis la Silicon Valley ?
Bien plus à cheval que nous sur la transparence et l’hygiène, les San Franciscains sont en passe de pouvoir s’appuyer sur un nouvel outil pour choisir leur restaurant. Ce ne seront plus seulement le rouge des tomates ou l’imagination des chefs, mais aussi l’examen de la propreté des lieux qui vont entrer en compte.
Des scores d’hygiènes pour évaluer les établissements de santé ?
Non, plus pour comparer les restaurants. La mission de Yelp est d’aider les gens à trouver des business locaux et de délivrer l’information la plus utile possible à ces derniers. Qu’il s’agisse de l’épilation à la cire brésilienne la moins douloureuse, du réparateur le plus à même de débloquer votre IPhone, voire de la station service avec l’accueil le plus chaleureux, Yelp (qui vient de dépasser la barre des 100 millions de visiteurs uniques pour la première fois en janvier 2013) offre la possibilité de donner son avis sur tout. Dans cette optique et pour apporter un supplément d’informations à ses utilisateurs, Yelp vient d’intégrer des scores d’hygiène pour les restaurants de San Francisco.
Ce procédé sera bientôt élargi à la ville de New York.
Les scores d’hygiène évalués sur 100 points, sont basés sur les données d’inspection de la ville. Yelp travaille en effet main dans la main avec les départements de technologie des villes de San Francisco et de New York pour collecter et ajouter ces informations dans sa base de données.
En cliquant sur ce score, s’affichent le détail des manquements à la chartre et les dates des inspections précédentes.
Yelp utilise en fait des données qui sont produites depuis longtemps. Le twist vient de ce qu’elles sont désormais accessibles, et donc exploitables par les entreprises.

Tout ça est très beau, fantasque ou awesome comme toujours avec les Américains, mais, ça consiste en quoi, au juste l’évaluation de la salubrité d’un restaurant en Californie ? Les inspecteurs se concentrent sur ce qui peut être facilement vérifié, tels que la température du réfrigérateur, la propreté des sols et des comptoirs ou encore si les cafards et les souris ont élu domicile dans le garde-manger.
Une application simple et efficace de l’Open Data
Au delà du simple intérêt pour les utilisateurs de Yelp, cette démarche est intéressante en tant qu’elle marque une nouvelle étape dans l’exploitation des données publiques. Il s’agit de rendre l’énorme quantité d’informations sur la santé détenue par les pouvoirs publics plus accessible au public. L’utilisation de l’open data trouve ici une de ses réalisations les plus pertinentes. Et les résultats suivent.
D’après une étude de l’industrie de la restauration de Los Angeles, quand les consommateurs ont accès aux scores d’hygiène des restaurants, le nombre d’hospitalisations dues à des intoxications alimentaires chute. Cette étude montre également que des scores en évidence sur la devanture du restaurant engagent les concurrents à améliorer leurs pratiques
Les critiques
Génial! Génial? Il y a quand même quelques bémols.
D’abord les inspections en elle-même n’offrent qu’un vague aperçu du risque réel de contamination alimentaire. Les lieux évalués sont souvent ouverts 365 jours par an, 12 heures par jour et dès lors, une inspection de deux heures ne sera qu’un snapshot et la pertinence de l’extrapoler sur l’ensemble de l’activité est très faible. Ensuite, les standards utilisés ne reflètent que la société dans laquelle ils s’exercent.
Ce n’est strictement qu’une projection de ce qui est hygiénique d’un point de vue américain ou a fortiori San Franciscains. La peur de la contamination par bactéries est bien plus forte et même entre amis, il est impensable de partager sa cuillère pour déguster un sorbet!
Et puis surtout, les facteurs de maladie qui visent à être combattus par ce procédé n’ont pas forcément grand chose à voir avec les maladies qui peuvent être effectivement transmises dans des restaurants. Il est fort probable que de toutes les variables mesurées aucune n’ai autant de pertinence dans l’évaluation de la salubrité d’un restaurant que la propreté des mains des employés.
Une extension prochaine aux hôtels
Bien que les notes d’hygiène soient insuffisantes, elles ont indéniablement rendu les restaurants plus propres, et les usagés plus vigilants. Et si cette pratique a si bien fonctionné pour les restaurants, Yelp va probablement étendre prochainement le dispositif à d’autres secteurs, tels que l’hôtellerie. Et nul doute que cette innovation arrivera en France avant le prochain printemps.
Alors, peut-être que les kebabs de la Place Clichy à la propreté parfois discutable feront bientôt le saut hygiénique…