Interview – Thumbtack nous montre que l’avenir du e-commerce est (aussi) dans les services

Interview – Thumbtack nous montre que l’avenir du e-commerce est (aussi) dans les services

Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi il est si facile d’acheter (presque tout) sur Internet, mais qu’il n’est pas possible de trouver un photographe, de solliciter l’aide d’une femme de ménage ou d’un professeur à domicile sans avoir à passer une douzaine d’appels? Plus besoin de feuilleter les pages jaunes de l’annuaire-le-plus-encombrant-au-monde, vous êtes à deux clics de pouvoir trouver sur Internet un professionnel de service autour de chez vous et de passer commande dans la foulée !

Marco Zapaccosta est CEO et co-fondeur de la startup Thumbtack – une plateforme d’échange entre des consommateurs avides de trouver un garagiste ou un jardinier autour de chez eux et des professionnels de service désireux d’étendre leur clientèle. Marco est persuadé que le futur du e-commerce est dans la mise à disposition des services à la personne sur Internet et nous convainc dans son interview.

>> Comment expliqueriez-vous Thumbtack à un enfant de 10 ans ?

Laissez-moi vous donner un exemple : Thumbtack vous aide à trouver un plombier compétent en qui vous allez avoir confiance. Imaginez un petit garçon dans un magasin de jouets qui cherche l’objet idéal, qui convienne à ses attentes et son budget : et bien la comparaison est la même pour un adulte qui cherche sur le site de Thumbtack, à embaucher un peintre, une baby-sitter ou n’importe quel professionnel de service pour un besoin particulier.

>> Aujourd’hui, les consommateurs font facilement leurs recherches sur Internet pour trouver un professionnel de service, utilisent les sites comparatifs, lisent les commentaires et reviews des commerçants sur Yelp et demandent à leur entourage de leur recommander quelqu’un. La prochaine fois que je dois avoir recours à un menuisier, pourquoi devrais-je aller voir Thumbtack?

Il y a plusieurs réponses à cette question. Thumbtack se distingue de Yelp et d’Angel List en étant une plateforme ‘proactive’. Yelp ou les Pages Jaunes donnent accès à du contenu statique et générique: l’utilisateur fait une recherche par mots-clés et une liste de réponses lui est proposée. Mais au final ce que le consommateur cherche ce sont des offres personnalisées, or ce type d’annuaire ne convient pas à son besoin. Il veut être mis en relation avec des commerçants qui sont disponibles et intéressés par sa demande de service. Il veut avoir en sa possession toutes les informations pertinentes pour lui permettre de choisir le meilleur commerçant qui saura répondre 100% à sa demande. Thumbtack c’est l’outil qui permet au consommateur d’avoir accès à ces commerçants le plus vite possible et à moindre frais.

Quant au bouche à oreille, la raison pour laquelle le consommateur prête beaucoup d’attention aux recommandations de son entourage c’est  qu’il a confiance dans le jugement de ses amis et sa famille. Mais au fond, c’est une recherche assez inefficace et extrêmement limitée aux commerçants que seul l’entourage connaît, or combien d’autres business peuvent offrir un meilleur service qui réponde exactement au besoin originel!

Donc, la meilleure solution reste la plateforme web qui connecte directement les demandeurs et offreurs de services en fonction de critères très précis et d’agrégation de données pour permettre au consommateur de faire un choix basé sur des critères scientifiques et non pas seulement sur un jugement personnel. Une telle plateforme web existe déjà aujourd’hui pour certains produits. Lorsqu’un consommateur souhaite acheter un appareil photo, un des premiers sites visités est Amazon. Cela prouve que les recommandations des amis/familles est une solution mais évidemment pas la seule, ni la meilleure!

>> Le e-commerce de produits a véritablement fleuri au début du siècle lorsqu’Amazon et eBay ont commencé à vendre de tout sur Internet. Pensez-vous que le marché soit prêt aujourd’hui à accueillir la vente de services ? 

Vous connaissez sûrement l’expression “Software is eating the world” pour faire référence à l’émergence du e-commerce. Il y a 15 ans, la raison pour laquelle les services n’ont pas pris le même virage que les produits, c’est uniquement parce que le marché des services est beaucoup plus fragmenté que celui des produits. On parle d’ individus uniques, de tout petits commerçants, qui n’ont pas vu le besoin de vendre leurs services en ligne jusqu’à très récemment.

Aujourd’hui, ces même petits business sont très facilement convaincus qu’ils doivent avoir une vitrine sur Internet pour aller chercher davantage de clients. Associés à cette prise de conscience de la part des petits business, les consommateurs sont maintenant extrêmement à l’aise pour acheter de tout sur Internet; une brosse à dent, de la musique ou encore des vacances au soleil. Le cyber espace ne fait plus peur comment c’était le cas dans les années 2000. Aujourd’hui, il y a une vraie relation de confiance qui s’est installée entre la toile et le consommateur. Je pense que le marché des services en ligne avait besoin d’arriver à maturité tant au niveau du commerçant que du consommateur et depuis quelques années, l’industrie des services s’est réellement fait une place sur le web.

>> Il est très facile pour un consommateur de ‘butiner’ de commerçant en commerçant lorsque le premier n’est pas disponible ou lorsque le deuxième offre un discount par exemple. Le consommateur fait rapidement un choix entre le temps qu’il veut passer à chercher, le prix et les contraintes liées au service. Quelle est la stratégie de Thumbtack pour fidéliser ses clients et bâtir une vraie relation de confiance avec le consommateur ? 

Avant toute stratégie de fidélisation, la première expérience d’un client avec Thumbtack doit être irréprochable! C’est un facteur garanti de succès pour que les clients reviennent sur la plateforme. Si dès la première fois, Thumbtack réussit à fournir un garagiste compétent et au prix du marché, le consommateur ne pourra être que content de son expérience et  souhaitera la renouveler dès que l’occasion se représentera. On essaie de bâtir une vraie relation de confiance entre Thumbtack et le consommateur. Au début de la relation, il y a évidemment beaucoup de scepticisme de la part du client qui a pu avoir de fâcheuses expériences dans le passé et qui veut s’assurer qu’il fait le meilleur ‘deal’ avec tel commerçant pour avoir un service de qualité. Notre but c’est de rassurer ce consommateur dès le départ pour bâtir une relation durable dans le temps. Jusqu’à présent, les retours de nos clients sont excellents! Par les questionnaires qualitatifs et le taux de récurrence d’achat, on s’aperçoit que leur première expérience est très satisfaisante.

>> Mais comment peut-on fidéliser un client qui est toujours en mouvance et forcément en contact avec plusieurs commerçants en même temps ?

Plus qu’un programme classique de fidélisation pour le client où il gagnerait des points en contractant des commerçants sur la plateforme, nous voulons vraiment optimiser notre catalogue de produits pour nos clients, qui ne se rendent pas toujours compte de l’étendue des services que nous offrons. Etre ‘top of mind’ c’est clairement la grande bataille que Thumbtack essaie de relever dans ce marché extrêmement compétitif. Et avoir une application mobile, c’est la solution pour gagner! Le mobile permet d’avoir une stratégie marketing de proximité avec le client et le commerçant, puisque Thumbtack est avec lui, dans sa poche, où qu’il aille et quoi qu’il fasse pendant la journée. Contrairement à Yelp, Thumbtack permet plus facilement à un client de soumettre une requête pour un service en particulier et  de recevoir des devis de la part des commerçants intéressés par la demande. Avec Thumbtack, il est très facile de compléter un formulaire avec quelques questions, plutôt que de faire une recherche sur son smartphone et de filtrer les services les uns après les autres, comme c’est le cas sur Yelp.

>> Si le client avait l’opportunité de payer le commerçant directement en ligne, sur la plateforme Thumbtack, pensez-vous que cela lui donnerait davantage confiance pour acheter un service ?

Thumbtack n’est pas encore une plateforme de paiement en ligne mais dans un avenir très proche, nous souhaitons intégrer les transactions financières à l’expérience du consommateur. Nous voulons pouvoir offrir l’intégralité de l’expérience d’achat; de la recherche à la mise en contact avec le commerçant, de la prise de rendez-vous en ligne jusqu’au paiement du service.

Mais en ouvrant la plateforme au paiement en ligne, nous voulons aussi veiller à ne pas privilégier notre modèle de revenu par rapport à la commodité et la simplicité pour le client de régler le commerçant. Que veux-je dire par là? Le client doit pouvoir continuer à payer le commerçant en espèce ou avec un chèque si c’est le mode de paiement qu’il privilégie par rapport au règlement en ligne. Nous ne voulons pas limiter l’expérience du client sur la plateforme mais bien au contraire lui offrir la possibilité de régler comme il le souhaite. Flexible, flexible, flexible, c’est ainsi que nous fidéliserons nos clients!

>> Il n’est plus envisageable d’acheter sur Internet sans avoir au-préalable lu les commentaires de précédents acheteurs ou regardé des vidéos de consommateurs donnant leur avis sur la qualité et l’efficacité du produit. Ces reviews dont tout le monde raffole sont-elles envisageable pour acheter un service en ligne ?

A travers nos études de marché, nous nous sommes rendu compte que les clients évaluaient les commerçants en fonction de deux critères.

L’expertise: ce que le commerçant est réellement capable de faire, autrement dit ses compétences pour exécuter le service. Le client va aller chercher des preuves des travaux déjà réalisés. Il va également lire et se fier aux commentaires de précédents clients.

Le professionnalisme: il s’agit plutôt de la manière dont le service a été délivré. Exemples: la courtoisie du commerçant, la facilité pour communiquer avec le gérant de l’entreprise, etc. Le client va trouver ce genre d’information dans les commentaires et en même temps, Thumbtack va utiliser les données du système pour évaluer, par exemple, la rapidité avec laquelle le commerçant a répondu à une demande avec un devis complet. Nos questionnaires de satisfaction sont extrêmement détaillés et surtout très contextualisés. Nous faisons bien attention de comprendre les commentaires des clients en fonction du service très précis pour lequel ils ont eu besoin de contracter un professionnel. Un architecte peut recevoir des commentaires très différents s’il a fait les plans d’une maison ou si on lui a aussi demandé de superviser la construction de celle-ci.

 

>> En juin 2013, Thumbtack a levé 12.5 millions de dollars auprès d’investisseurs comme Sequoia Capital. A partir des séries d’investissement B ou C, il est souvent attendu que les startups grossissent à l’international: a-t-on des chances de voir Thumbtack arriver en France?

J’aimerais vous répondre oui mais pas encore! Nous pensons vraiment que Thumbtack est une solution globale qui peut s’exporter très facilement à l’étranger. Partout dans le monde, les consommateurs cherchent des professionnels de service et les petits commerçants souhaitent davantage de clients pour faire grossir leur entreprise. C’est un concept universel mais aujourd’hui la solution apportée par Thumbtack n’existe nulle part ailleurs. Il y a un très beau plagiat de notre plateforme en France… (honteux!) mais aucun autre compétiteur dans le monde n’égale notre produit.

L’expansion internationale est clairement à portée de main et nous irons lancer Thumbtack dans d’autres pays lorsque nous aurons  créé un ‘manuel d’utilisation’, une vraie stratégie pour répliquer notre modèle en capitalisant sur les concepts gagnants qui font le succès de Thumbtack aux Etats-Unis aujourd’hui.

Marco Zapaccosta est CEO et co-fondeur de la startup Thumbtack, créée en 2008 à San Francisco. Déjà depuis les bancs de l’Université de Columbia, Marco voulait entreprendre dans l’écosystème web et c’est seulement quelques années après s’être diplômé qu’il tente l’aventure aux côtés de son co-fondateur Jonathan Swanson.

Note: dans l’intérêt de cet article, les propos de Marco ont été traduits de l’anglais au français.

Interview – Bitcoin pour les nuls, expliqué par un expert.

Interview – Bitcoin pour les nuls, expliqué par un expert.

Une monnaie électronique, certes. Un phénomène international, ok. Une révolution pour les marchés financiers, on est d’accord. Mais au-delà de l’innovation technologique, quelles sont les opportunités pour le consommateur et comment doit-on adopter Bitcoin, cette nouvelle monnaie universelle ?

Gabriel Gómez Rojo, expert en Computer Engineering et monnaie dématérialisée, a accepté de répondre à nos questions pour nous expliquer cette révolution monétaire.

>> Comment définiriez-vous Bitcoin ?  

Bitcoin c’est comme un email mais pour envoyer de l’argent. Bitcoin et l’email sont des protocoles décentralisés et sous la gouvernance d’aucune entité particulière. Ils sont facile à utiliser, instantanés, universels et sans coût pour le consommateur. Lorsque l’email et Bitcoin ont été créés, personne ne savait vraiment les utiliser et aujourd’hui l’email fait partie intégrante de notre quotidien comme Bitcoin le sera dans un avenir proche.

>> Bitcoin a une résonnance internationale, de Singapour au Brésil en passant par l’Europe et les pays du Moyen-Orient – pourquoi les consommateurs, les gouvernements et les entreprises prêtent autant d’attention à ce phénomène?

La naissance d’Internet a changé dramatiquement notre manière de communiquer et de consommer. Certains voient dans Bitcoin les mêmes caractéristiques apportés par Internet mais pour l’univers de la finance. C’est aussi la première fois qu’émerge un marché digital d’échange monétaire non contrôlé par les institutions financières, les banques et les gouvernements. Jusqu’à aujourd’hui la monnaie et les échanges financiers étaient le monopole des gouvernements et services bancaires. A présent les individus peuvent détenir des millions de dollars dans une clé USB et envoyer de l’argent par mail à l’autre bout du monde, le tout sans avoir à passer par des intermédiaires. Il est encore trop tôt pour estimer les répercussions sur notre économie de marché mais c’est l’avenir !

>> Il y a quelques semaines, il semblerait que le créateur de Bitcoin, Dorian Satoshi Nakamoto, ait été identifié. Quelle est sa responsabilité dans cette révolution monétaire à côté de celle des marchés financiers, du ‘black market’ et des commerçants qui acceptent cette forme de paiement ?

Rappelons que Dorian S. Nakamoto a effectivement nié être ‘Satoshi Nakamoto’, le pseudonyme du créateur de Bitcoin. Qui plus est, le ‘vrai’ Satoshi Nakamoto nie aussi être Dorian… Les gens qui se posent la question de savoir qui est à l’origine de Bitcoin devraient aussi s’interroger sur comment ces technologies qui font partie intégrante de notre quotidien sont nées : Internet, la puce électronique, le téléphone mobile, etc. Si ces technologies sont devenues aussi indispensable, c’est grâce à l’émergence des écosystèmes qui ont porté leur developement et ont permis leur adoption massive; et non pas seulement grâce à leurs inventeurs.

>> Les méthodes pour acheter des Bitcoins ou envoyer de l’argent Bitcoin aux Etats-Unis ne semblent pas tout à fait sécurisées. Comment l’expliquez-vous ?

Soyons honnête, nous sommes encore aux prémices de la technologie et son expansion pour la consommation de masse n’est pas encore prête. Nous avons besoin davantage d’entrepreneurs pour développer des solutions sécurisées qui permettent à la technologie d’être fiable et facilement utilisable. Cependant, comme nous l’avons déjà vécu avec l’émergence d’Internet, l’enthousiasme autour de Bitcoin permet d’utiliser le produit tel qu’il est aujourd’hui tout en cherchant à l’améliorer en bâtissant sur des bases solides. Dans tous les cas, aux Etats Unis il est facile d’acheter des Bitcoins grâce à des intermédiaires comme Coinbase qui simplifient l’expérience pour le client.

>> Quelles sont les différences entre ces monnaies dérivées du Bitcoin : Litecoin et Dogecoin?

Bitcoin utilise un algorithme appelé SHA256 pour passer et vérifier les transactions faites sur la plateforme. Litecoin et Dogecoin utilisent eux un algorithme crypté pour sécuriser leurs réseaux. Par conséquence, ces monnaies sont beaucoup plus sécurisées que Bitcoin ce qui rend le travail de tracking et d’investigation des agences de contrôle bien plus difficile à mener. Etant donné que les réseaux Bitcoin, Litecoin et Dogecoin sont différents, les investisseurs diversifient leurs achats en monnaies et évitent ainsi de ‘mettre tous leurs œufs dans le même panier’. Anecdote, le nom ‘Dogecoin’ fait aussi partie d’une farce sur Internet qui crée le buzz sur les marchés… Illustration avec cette vidéo…

 

Gabriel Gómez Rojo est Senior Manager chez QuinStreet, une plateforme de marketing digital basée à Foster City. Diplômé d’un BS en Computer Engineering de l’ICAI et d’un MBA de l’Université de Berkeley, Gabriel a déjà créée sa startup en Espagne en 2004 avant de rejoindre la Silicon Vallée.

Pour en savoir davantage sur le phénomène Bitcoin, lisez notre précédent article Bitcoins : La crypto-monnaie du Dark Internet deviendra-t-elle le moteur des échanges financiers sur la Toile ?

 

Note : les propos de Gabriel ont été traduits de l’anglais au français dans l’intérêt de cet article.

6 Californie : diviser pour mieux régner?

6 Californie : diviser pour mieux régner?

Un nouveau projet ? Pas du tout. Un projet controversé? Sûrement

Troisième Etat le plus étendu après l’Alaska et le Texas, la Californie est connue pour sa diversité de populations, de régions et d’industries avec un sud glamour représenté par Hollywood, un nord assimilé à la Silicon Vallée et une région centrale riche du développement de l’industrie agro-alimentaire. Depuis la fin du 19e siècle, l’Etat de Californie a déjà reçu plus de 220 propositions pour diviser cet immense territoire en plusieurs Etats. La dernière en date est celle du Venture Capitalist, Timothy Draper – aussi connu pour avoir investi très tôt dans eBay, Yahoo, Hotmail, Skype et récemment dans Tesla Motors -, qui propose de diviser la Californie en 6 Etats. Au début du mois de Février, la secrétaire d’Etat Debra Bowen a approuvé l’initiative. Résultat, les partisans ont déjà commencé à récolter des signatures pour permettre à cette pétition d’être votée aux prochaines élections d’Etat prévues en Novembre…à condition bien sûr qu’elle soit signée par 807,615 personnes avant le 18 Juillet!

« La Californie est ingouvernable » selon Tim Draper

Le Venture Capitalist propose de redessiner l’Etat en 6 Californie: Jefferson (bleu), North California (violet), Silicon Valley (jaune), Central California (rouge), West California (vert) et South California (orange). Tim Draper est persuadé qu’aujourd’hui le problème de gouvernance en Californie vient essentiellement d’une législation trop rigide, qui ne prend pas en compte les disparités locales liées aux taxes/impôts et aux revenus générés par les différentes régions. La Californie compte 58 régions, 40 millions d’habitants et une économie tellement fleurissante qu’elle rivalise avec les 10 premiers pays mondiaux tant du point de vue de sa croissance que de sa dette financière – rappelons-le $130 milliards!

La Californie en six états

Sur le papier, la Californie fait partie des Etats américains qui dépensent le plus en éducation et en sécurité mais visiblement la théorie ne semble pas se décliner en pratique. Demandez à un Californien de vous citer les 3 premiers centres d’investissement de l’Etat et il sera sûrement en peine pour vous répondre! L’opacité et la complexité du réseau de redistribution des taxes submergent les habitants qui ont déjà depuis bien longtemps lâché prise pour comprendre comment et où leurs impôts sont réinvestit au niveau local.

Un des arguments de Tim Draper en faveur d’une Californie ‘à échelle humaine’ est une meilleure représentation des intérêts des habitants au niveau local. Alors que le Sud de la Californie s’interroge sur des problématiques liées à l’immigration mexicaine, le Nord réfléchit sur une meilleure gestion des taxes locales, le Centre étudie une répartition plus ingénieuse des ressources en eau et la Silicon Vallée défend ses innovations technologiques à  Washington. Chaque région a ses particularités qui rendent la gouvernance de l’ensemble du territoire extrêmement compliquée à gérer depuis Sacramento.  Tim Draper souligne également qu’une scission de la Californie entrainerait l’abolition des monopoles pour les services aux consommateurs et encouragerait la compétitivité des offres pour un marché plus équilibré.

Sacrifier la Californie sur l’hôtel de la Silicon Vallée ?

Nombreux sont les opposants au projet qui défendent une seule Californie unie. Parmi les sujets de discorde, les militants « anti-Tim » soulèvent le problème de la redistribution de l’eau en Californie. Aujourd’hui de complexes infrastructures de viaducs et ponts permettent de drainer l’eau du Nord et des montagnes du Yosemite vers le Sud du pays. Avec 5 différents Etats à parcourir dont autant de législations et régulations différentes, les militants pointent du doigt le ridicule de ce projet de loi. Education, taxes, prison sont autant de sujets qui révoltent certains californiens qui ne voient pas comment 6 gouverneurs et 12 sénateurs pourraient mieux gouverner un conglomérat d’Etats que dans la situation actuelle.

Avec le projet de Tim Draper, la Silicon Vallée aurait sa propre étoile au drapeau des Etats-Unis et deviendrait l’Etat le plus riche du pays avec en moyenne $64,000 de revenu par habitant. La Californie perdrait $14.5 milliards d’impôts récoltés annuellement par la Vallée, soit 28% du butin global. Une telle perte n’est pas sans conséquence pour le reste des Etats qui devront trouver d’autres sources de revenus pour financer leurs projets locaux. Si nous vivions dans Hunger-game, il se pourrait bien que l’Etat de la Silicon Vallée soit couronné grand gagnant de cette bataille régionale!

Le crowdfunding est à l’honneur – Kickstarter, élue meilleure startup 2013!

Le crowdfunding est à l’honneur – Kickstarter, élue meilleure startup 2013!

Crowdfunding

A la 7th Annual Crunchies Award, Kickstarter – première plateforme américaine de financement participatif – remporte le prix de la meilleure startup 2013. Depuis sa création en 2009, la  plateforme a déjà rassemblé plus de 5 millions de petits investisseurs qui ont financé plusieurs milliers de projets capitalisant $900 millions. De l’art, en passant par les jeux vidéo, le design ou les projets cinématographiques, presque tous les secteurs sont représentés pour permettre à l’artiste comme au développeur Ruby de soumettre leur projet à la plateforme d’investissement en ligne.

Source: Infographic by Column Five

Cette récompense est un très fort signal envoyé par la communauté des entrepreneurs de la Silicon Valley, qui souhaitent promouvoir la spirale vertueuse de l’innovation participative. Outre le fait que le crowdfunding aux Etats-Unis est en pleine expansion – l’industrie représentait $2,7 milliards en 2012 – les plateformes en ligne se spécialisent dans un secteur d’investissement et les modèles de financement se complexifient. A l’origine, les petits investisseurs montraient leur intérêt pour un projet en apportant une contribution financière sous forme de donation. Par souci de revoir un jour la couleur de leur argent, les investisseurs achètent désormais des parts de capital leur garantissant un retour sur investissement, dans l’espoir que la startup dégage des revenus et se fasse même racheter dans le meilleur des cas. Indiegogo, Crowdfunder, RocketHub ou encore Crowdrise sont autant de plateformes de financement participatif qui offrent l’opportunité aux petits projets comme aux grandes idées de tester un concept en demandant aux internautes de participer à l’aventure. Dans ce sens, le crowdfunding a parfaitement réussi à marier les mondes de l’entrepreneuriat et de la philanthropie.

Si le crowdfunding aux Etats-Unis est désormais une pratique courante auprès des internautes, c’est aussi parce que la législation est souple quant aux règles pour investir. Inspiré par les modèles américain et israélien, Bercy vient de prendre la décision de simplifier le financement participatif en France, qui souffrait jusqu’à présent de lourdeurs administratives et d’un plafond d’investissement très bas, 100.000€, pour les startups françaises qui ont besoin de financement précoce. Si la loi passe en Juin 2014,  les plateformes de crowdfunding françaises – UluleKissKissBankBankMy Major Company – auront la possibilité de lever le plafond d’investissement à 1 million d’euros pour 1.000 prêteurs, soit 1.000€ par investisseur au maximum.

Depuis quelque temps en France, de belles initiatives pour la promotion de l’entrepreneuriat annoncent un avenir prometteur aux créateurs d’entreprise. L’inauguration de la ‘French Tech’ – accélérateur de startups françaises installées à San Francisco – par François Hollande lors de son récent déplacement en Californie est une première vitrine pour les startups françaises qui peuvent désormais grandir au rythme de la Silicon Valley.

Pourquoi le NFC ne survivra pas au Bluetooth Low Energy? Eclairage sur l’avenir du paiement wireless.

Pourquoi le NFC ne survivra pas au Bluetooth Low Energy? Eclairage sur l’avenir du paiement wireless.

Depuis combien de temps rêve-t-on de pouvoir payer sans avoir à sortir sa carte bleue coincée dans un porte-monnaie trop petit, lui-même enfoui dans une poche ou un sac à main trop rempli? Depuis des années, l’industrie du paiement en ligne et les réseaux de téléphonie mobile espèrent que LA technologie miracle émergera des besoins des consommateurs de payer toujours plus vite et à moindre friction avec leur smartphone. Est-ce le Near Field Communication (NFC), le Bluetooth Low Energy (BLE) qui remportera la course pour le monopole du paiement sans contact? Déblayons un peu cette jungle des technologies pour comprendre quelle est la vraie valeur ajoutée pour le consommateur.

Par paiement wireless, j’entends paiement par le smartphone et non pas paiement sans contact avec une carte bleue équipée d’une puce NFC. Si le Groupement des Cartes Bancaires lance en France une initiative nationale pour équiper la majorité des commerçants de terminaux NFC, je ne pense pas que l’avenir du paiement wireless soit matérialisé dans une carte de paiement, mais plutôt dans le smartphone, cet objet très personnel que l’on ne quitte plus où que l’on soit et quoi que l’on fasse. Contrairement à la carte bancaire, le smartphone est le cumul de plusieurs fonctions aujourd’hui indispensables lors d’un achat: le porte-monnaie, les cartes de fidélité, les cartes d’abonnement à recharger, etc.

Les banques, les distributeurs de cartes de paiement ou les fabricants de smartphone: qui lead le paiement wireless par NFC ?

Depuis deux ans, de nombreux commerces aux Etats-Unis ont introduit la technologie NFC pour simplifier l’expérience client en leur donnant la possibilité de simplement scanner leur smartphone au passage en caisse. Selon une récente étude publiée par Forrester, 31% des américains qui utilisent un smartphone ont déjà payé par mobile dans un magasin.

Le système Near Field Communication autorise le paiement par transfert de données entre un smartphone équipé d’une puce RFID, Radio Frequency Identification, et la borne réceptrice dans un magasin. Grâce à cette technologie, des porte-monnaie virtuels – Google Wallet ou encore Isis Wallet – ont vu le jour pour permettre aux consommateurs d’utiliser leur argent digitalisé pour payer en magasin. Le récent partenariat MasterCard/Visa pour la commercialisation d’un nouveau système de paiement Host Card Emulation (HCE) propulse les banques et les services de carte bancaire sur la scène du paiement wireless. Créé par les deux distributeurs mondiaux de cartes bancaires, le HCE est tout simplement un cloud dans lequel sont sauvegardées les données personnelles de la carte bancaire et de son utilisateur. Ce cloud est accessible par n’importe quelle App installée sur un téléphone Android et le paiement se fait par transmission de données entre le cloud et le terminal de lecture dans le magasin. Grâce au HCE, MasterCard/Visa ont totalement renversé le jeu d’échec en apportant cette fonctionnalité de paiement wireless à n’importe quelle App. Terminé les files d’attente interminables chez Darty ou Décathlon ! Avec un système HCE dans les Apps de ces enseignes, les commerçants donnent la possibilité à leurs clients de simplement scanner leur smartphone pour payer leurs achats avec leurs cartes Visa ou MasterCard enregistrées dans le cloud.

Seulement voilà, si le NFC essaie de se faire une place au soleil, il existe plusieurs freins à l’adoption de la technologie et des signes qui ne trompent pas quand le premier fabricant mondial de smartphone fait du lobbying. Si ni l’iPhone 4, 4S ou encore le 5 n’ont été créés avec des puces NFC, c’est qu’Apple a déjà décidé que l’avenir du paiement sans contact serait ailleurs.

Le Bluetooth Low Energy devient indispensable au marketing de proximité

Les signes ne trompent pas : le Bluetooth Low Energy, aussi appelé Bluetooth 4.0 ou encore Bluetooth Smart, semble avoir convaincu les fabricants de smartphone et, de manière générale, l’industrie du paiement wireless. En juin 2013, à la Apple Worldwide Developers Conference (WWDC), la marque à la pomme dévoile iBeacon dans le nouvel iOS 7. Quelques mois plus tard, Apple installe des capteurs Beacons, connectés en Bluetooth, dans plus de 250 Apple Stores aux Etats-Unis. Au même moment, PayPal investit aussi sur les points de vente en installant des Beacons dans les magasins qui souhaitent donner la possibilité à leurs clients de payer leurs achats sur l’App PayPal.

Qu’est-ce que les Beacons ? Ce sont des capteurs sans fil, que l’on installe dans un endroit physique, qui communiquent avec un smartphone. Les Beacons utilisent la technologie du Bluetooth « à faible énergie » pour économiser la batterie du téléphone portable lorsque celui-ci reste connecté longtemps. Illustrons cette idée d’un cas pratique.

Imaginons que Brian fasse du shopping dans les rues de San Francisco. En s’approchant du grand magasin Macy’s, il rentre dans une région connectée à un Beacon, celui-ci installé dans la vitrine. Automatiquement son smartphone détecte le réseau Bluetooth LE du magasin et à partir de maintenant Brian et Macy’s peuvent échanger de l’information. Sans avoir besoin de passer en caisse, Brian peut scanner le code barre de l’article avec son smartphone et envoyer cette information par Bluetooth a Macy’s qui enregistre la transaction instantanement. Encore plus loin, grâce à cette technologie, Macy’s peut envoyer des offres promotionnelles ou coupons de réduction à Brian pour précipiter son achat. Et encore plus fort, Macy’s peut guider Brian dans les étages et rayons du magasin pour faciliter l’expérience shopping de ce dernier et s’assurer qu’il reparte satisfait de ses achats. Synchronisé avec des données clients – cartes de fidélités, habitudes shopping, historique du panier d’achat – le BLE est une opportunité unique pour les commerçants d’envoyer le bon message marketing au bon client, au bon endroit et au bon moment. La société Estimote commercialise déjà ces capteurs Beacons et nous fait une démo en vidéo de leur utilité.

La promesse des Beacons est simple: les utilisateurs de smartphone, situés dans une zone Beacon, bénéficient d’une expérience unique et optimisée grâce à la micro géolocalisation. Les Beacons sont une vrai opportunité d’améliorer le marketing de proximité et, dans ce sens, apportent une alternative à l’App Google Maps pour la géolocalisation indoor. Aujourd’hui le GPS de Google ne s’accommode pas bien des murs, des immeubles et, de manière générale, des objets citadins. En ville, la technologie de géolocalisation perd les lignes de vue qui permettent à l’App de situer un individu. Avez-vous déjà demandé à Google Maps de vous faire naviguer dans un terminal d’aéroport? Désormais avec le BLE, cela sera possible ! Une App de localisation pourra se synchroniser aves des capteurs Beacon pour aider l’utilisateur à se déplacer dans les endroits fermés, tel un grand magasin, un centre de conférence ou encore un réseau souterrain de transport public.

Le même exemple de Brian chez Macy’s ou à Roissy Charles-de-Gaulle ne serait pas possible avec la technologie NFC. La portée de transmission par NFC est très courte – entre 5 et 20 cm entre les objets – contrairement au BLE qui supporte une distance plus importante – jusqu’à 50 mètres. Autrement dit, à moins d’être extrêmement près d’un terminal de lecture NFC, le consommateur ne peut pas naviguer dans un magasin en restant connecté au réseau NFC. A cela s’ajoutent d’autres limitations pour que le NFC investisse largement les usages et espaces. Aujourd’hui peu nombreux sont les smartphones équipés d’une puce NFC, alors que nécessairement tous les mobiles ont la fonctionnalité Bluetooth déjà intégrée en « natif ». Autant vous préciser que si les géants du mobile – Apple, Samsung ou encore Google – ne sont pas convaincus que le NFC est l’avenir du paiement wireless, ils ne s’embêteront pas à équiper leurs terminaux mobiles d’un micro composant additionnel.

Si on parle aujourd’hui de paiement wireless avec un smartphone, l’avenir du paiement sans contact ne se fera pas QUE par le téléphone mobile. Depuis quelques mois, les wearables, objets du quotidien interconnectés, se font largement écouter sur le marché des nouvelles innovations technologiques. Les wearables révolutionnent les comportements des consommateurs, alors pourquoi pas ceux relatifs au paiement ? Qui ne serait pas tenté de payer son café chez Starbucks avec ses Google Glass ou de régler une course de Taxi avec sa montre Samsung Gear 2 ?