Pourquoi le NFC ne survivra pas au Bluetooth Low Energy? Eclairage sur l’avenir du paiement wireless.

Pourquoi le NFC ne survivra pas au Bluetooth Low Energy? Eclairage sur l’avenir du paiement wireless.

Depuis combien de temps rêve-t-on de pouvoir payer sans avoir à sortir sa carte bleue coincée dans un porte-monnaie trop petit, lui-même enfoui dans une poche ou un sac à main trop rempli? Depuis des années, l’industrie du paiement en ligne et les réseaux de téléphonie mobile espèrent que LA technologie miracle émergera des besoins des consommateurs de payer toujours plus vite et à moindre friction avec leur smartphone. Est-ce le Near Field Communication (NFC), le Bluetooth Low Energy (BLE) qui remportera la course pour le monopole du paiement sans contact? Déblayons un peu cette jungle des technologies pour comprendre quelle est la vraie valeur ajoutée pour le consommateur.

Par paiement wireless, j’entends paiement par le smartphone et non pas paiement sans contact avec une carte bleue équipée d’une puce NFC. Si le Groupement des Cartes Bancaires lance en France une initiative nationale pour équiper la majorité des commerçants de terminaux NFC, je ne pense pas que l’avenir du paiement wireless soit matérialisé dans une carte de paiement, mais plutôt dans le smartphone, cet objet très personnel que l’on ne quitte plus où que l’on soit et quoi que l’on fasse. Contrairement à la carte bancaire, le smartphone est le cumul de plusieurs fonctions aujourd’hui indispensables lors d’un achat: le porte-monnaie, les cartes de fidélité, les cartes d’abonnement à recharger, etc.

Les banques, les distributeurs de cartes de paiement ou les fabricants de smartphone: qui lead le paiement wireless par NFC ?

Depuis deux ans, de nombreux commerces aux Etats-Unis ont introduit la technologie NFC pour simplifier l’expérience client en leur donnant la possibilité de simplement scanner leur smartphone au passage en caisse. Selon une récente étude publiée par Forrester, 31% des américains qui utilisent un smartphone ont déjà payé par mobile dans un magasin.

Le système Near Field Communication autorise le paiement par transfert de données entre un smartphone équipé d’une puce RFID, Radio Frequency Identification, et la borne réceptrice dans un magasin. Grâce à cette technologie, des porte-monnaie virtuels – Google Wallet ou encore Isis Wallet – ont vu le jour pour permettre aux consommateurs d’utiliser leur argent digitalisé pour payer en magasin. Le récent partenariat MasterCard/Visa pour la commercialisation d’un nouveau système de paiement Host Card Emulation (HCE) propulse les banques et les services de carte bancaire sur la scène du paiement wireless. Créé par les deux distributeurs mondiaux de cartes bancaires, le HCE est tout simplement un cloud dans lequel sont sauvegardées les données personnelles de la carte bancaire et de son utilisateur. Ce cloud est accessible par n’importe quelle App installée sur un téléphone Android et le paiement se fait par transmission de données entre le cloud et le terminal de lecture dans le magasin. Grâce au HCE, MasterCard/Visa ont totalement renversé le jeu d’échec en apportant cette fonctionnalité de paiement wireless à n’importe quelle App. Terminé les files d’attente interminables chez Darty ou Décathlon ! Avec un système HCE dans les Apps de ces enseignes, les commerçants donnent la possibilité à leurs clients de simplement scanner leur smartphone pour payer leurs achats avec leurs cartes Visa ou MasterCard enregistrées dans le cloud.

Seulement voilà, si le NFC essaie de se faire une place au soleil, il existe plusieurs freins à l’adoption de la technologie et des signes qui ne trompent pas quand le premier fabricant mondial de smartphone fait du lobbying. Si ni l’iPhone 4, 4S ou encore le 5 n’ont été créés avec des puces NFC, c’est qu’Apple a déjà décidé que l’avenir du paiement sans contact serait ailleurs.

Le Bluetooth Low Energy devient indispensable au marketing de proximité

Les signes ne trompent pas : le Bluetooth Low Energy, aussi appelé Bluetooth 4.0 ou encore Bluetooth Smart, semble avoir convaincu les fabricants de smartphone et, de manière générale, l’industrie du paiement wireless. En juin 2013, à la Apple Worldwide Developers Conference (WWDC), la marque à la pomme dévoile iBeacon dans le nouvel iOS 7. Quelques mois plus tard, Apple installe des capteurs Beacons, connectés en Bluetooth, dans plus de 250 Apple Stores aux Etats-Unis. Au même moment, PayPal investit aussi sur les points de vente en installant des Beacons dans les magasins qui souhaitent donner la possibilité à leurs clients de payer leurs achats sur l’App PayPal.

Qu’est-ce que les Beacons ? Ce sont des capteurs sans fil, que l’on installe dans un endroit physique, qui communiquent avec un smartphone. Les Beacons utilisent la technologie du Bluetooth “à faible énergie” pour économiser la batterie du téléphone portable lorsque celui-ci reste connecté longtemps. Illustrons cette idée d’un cas pratique.

Imaginons que Brian fasse du shopping dans les rues de San Francisco. En s’approchant du grand magasin Macy’s, il rentre dans une région connectée à un Beacon, celui-ci installé dans la vitrine. Automatiquement son smartphone détecte le réseau Bluetooth LE du magasin et à partir de maintenant Brian et Macy’s peuvent échanger de l’information. Sans avoir besoin de passer en caisse, Brian peut scanner le code barre de l’article avec son smartphone et envoyer cette information par Bluetooth a Macy’s qui enregistre la transaction instantanement. Encore plus loin, grâce à cette technologie, Macy’s peut envoyer des offres promotionnelles ou coupons de réduction à Brian pour précipiter son achat. Et encore plus fort, Macy’s peut guider Brian dans les étages et rayons du magasin pour faciliter l’expérience shopping de ce dernier et s’assurer qu’il reparte satisfait de ses achats. Synchronisé avec des données clients – cartes de fidélités, habitudes shopping, historique du panier d’achat – le BLE est une opportunité unique pour les commerçants d’envoyer le bon message marketing au bon client, au bon endroit et au bon moment. La société Estimote commercialise déjà ces capteurs Beacons et nous fait une démo en vidéo de leur utilité.

La promesse des Beacons est simple: les utilisateurs de smartphone, situés dans une zone Beacon, bénéficient d’une expérience unique et optimisée grâce à la micro géolocalisation. Les Beacons sont une vrai opportunité d’améliorer le marketing de proximité et, dans ce sens, apportent une alternative à l’App Google Maps pour la géolocalisation indoor. Aujourd’hui le GPS de Google ne s’accommode pas bien des murs, des immeubles et, de manière générale, des objets citadins. En ville, la technologie de géolocalisation perd les lignes de vue qui permettent à l’App de situer un individu. Avez-vous déjà demandé à Google Maps de vous faire naviguer dans un terminal d’aéroport? Désormais avec le BLE, cela sera possible ! Une App de localisation pourra se synchroniser aves des capteurs Beacon pour aider l’utilisateur à se déplacer dans les endroits fermés, tel un grand magasin, un centre de conférence ou encore un réseau souterrain de transport public.

Le même exemple de Brian chez Macy’s ou à Roissy Charles-de-Gaulle ne serait pas possible avec la technologie NFC. La portée de transmission par NFC est très courte – entre 5 et 20 cm entre les objets – contrairement au BLE qui supporte une distance plus importante – jusqu’à 50 mètres. Autrement dit, à moins d’être extrêmement près d’un terminal de lecture NFC, le consommateur ne peut pas naviguer dans un magasin en restant connecté au réseau NFC. A cela s’ajoutent d’autres limitations pour que le NFC investisse largement les usages et espaces. Aujourd’hui peu nombreux sont les smartphones équipés d’une puce NFC, alors que nécessairement tous les mobiles ont la fonctionnalité Bluetooth déjà intégrée en “natif”. Autant vous préciser que si les géants du mobile – Apple, Samsung ou encore Google – ne sont pas convaincus que le NFC est l’avenir du paiement wireless, ils ne s’embêteront pas à équiper leurs terminaux mobiles d’un micro composant additionnel.

Si on parle aujourd’hui de paiement wireless avec un smartphone, l’avenir du paiement sans contact ne se fera pas QUE par le téléphone mobile. Depuis quelques mois, les wearables, objets du quotidien interconnectés, se font largement écouter sur le marché des nouvelles innovations technologiques. Les wearables révolutionnent les comportements des consommateurs, alors pourquoi pas ceux relatifs au paiement ? Qui ne serait pas tenté de payer son café chez Starbucks avec ses Google Glass ou de régler une course de Taxi avec sa montre Samsung Gear 2 ?

10 ans de Facebook : un avenir?

10 ans de Facebook : un avenir?

En février 2004, Marc Zuckerberg, jeune étudiant d’Harvard, lançait Thefacebook.com, un trombinoscope 100% réservé aux étudiants. Dix ans après, ce drôle de support corporate est devenu universel et rassemble plus d’1.2 milliards d’utilisateurs. Facebook (la disparition du « The » date de 2005) s’impose aujourd’hui comme une marque incontournable, usuelle et forcément critiquée. Comment une simple idée a-t-elle pu grandir si vite pour devenir une multinationale de la Silicon Valley ? Le réseau social fêtera-t-il ses 15 ans ?

Une ascension fulgurante

Facebook (Facemash à l’origine) ouvre au grand public en septembre 2006 et compte déjà 100 millions d’utilisateurs en 2008. Le réseau social évolue, s’adapte et s’inscrit de plus en plus dans le quotidien des internautes en répondant à leurs envies. En 2010, un simple bouton va changer la vie de millions de personne, » J’aime ». Il n’est plus simplement question de scruter le profil de ses amis et d’aller inspecter ses futurs « amis ». Le clic sur « Jaime » devient une habitude, une manière d’approuver une idée, de valoriser une actualité ou de mettre en avant nos goûts ou nos surprises. Facebook entre dans l’ère du « tout dit / tout commenté » et ce sont effectivement les interactions qui vont expliquer la réussite de ce géant en devenir.

Un modèle en perpétuelle construction

En 2011, Facebook atteint l’âge de raison en fêtant 845 millions d’abonnés. La régie publicitaire arrive progressivement à maturité et les marques ont depuis longtemps pris possession des lieux, trop heureuses de pouvoir toucher de nouvelles cibles, et leurs centres d’intérêt, en s’attachant à des critères comportementaux : préférences, appartenances, communautés… Les publications fusent et l’aspect visuel prend une importance croissante. En 2012, le premier des réseaux sociaux rachète Instagram et vit une introduction en bourse mouvementé avec une valorisation à 104 milliards de dollars. L’action chute mais se relève. Les bénéfices sont records et les ambitions dévorantes, malgré un modèle économique discutable. Facebook pèse aujourd’hui 150 milliards de dollars. Aucune entreprise n’y est arrivée aussi vite.

Comment Facebook a-t-il révolutionné Internet depuis 10 ans ?

A l’origine, la définition même de réseau « social » semble exagérée tant Facebook (et internet de manière générale) sont considérés comme des espaces virtuels, ludiques, subjectifs et dépourvus de poignées de main. Pourtant les gens sont présents, se rassemblent, partagent et s’amusent. Bien-sûr, les détracteurs sont là mais deviennent de plus en plus minoritaires. Facebook empêche ou favorise-t-il les sorties/réunions/retrouvailles…les vrais amis ?

Un lien social se retisse-t-il grâce aux réseaux sociaux ?

  • L’enfant n’est plus isolé, ni ignorant, il a des amis et apprend beaucoup (de manière superficielle et parfois dangereusement, certes).
  • L’adolescent n’est plus blasé, ni renfermé, il communique et partage ses étonnements (mais ne descend plus dîner).
  • Le perdu de vue ne l’est plus. On reprend contact (pour mieux s’oublier après?)
  • Le camarade de promo est décortiqué (parfois jugé trop vite). Les apparences sont trompeuses mais ludiques.
  • L’étudiant perd son temps (plutôt que travailler) puis l’optimise (une soirée s’organise en 3 clics, une réunion de projet aussi) !
  • L’expat trouve un moyen de partager son expérience et de garder contact. (Le pauvre voyage au gré des photos du riche).
  • L’utilisateur (toi, moi, eux) trouve sa vie insipide à côté des expériences de ses amis (Il va à son tour enjoliver ses expériences) et son loisir n°1 devient la curiosité.
  • Les parents, eux, restent sur la touche, éloignés.  Mais pas pour longtemps…

Les adultes se montrent tout aussi curieux et s’inscrivent. Les familles se recomposent. Les groupes et communautés s’échangent des informations stratégiques. Les événements naissent. Les entreprises prennent le train en route et s’inventent un ambassadeur capable de parler au nom de la marque. Ce VRP va aller à la rencontre des clients en dehors du point de vente mais toujours dans un objectif de notoriété et d’image. Puis, la page entreprise permet aux sociétés de se créer un historique de marque, un flux d’actualités, une vitrine évolutive et de générer du trafic pour accroître les ventes.

Facebook, cible des critiques, faiblit-il ?

Du trombinoscope initial, au moteur de recherche avancé et bientôt au bouton « Empathie » (soupçonné), Facebook est une plateforme qui a su évoluer en fonction des usages de ses membres et de leurs préoccupations. Pourtant, qui n’a jamais pesté contre la mise à jour de la timeline, perturbante et nécessitant de se réhabituer à l’interface ? Cependant, le réseau social s’impose et compte sur ses revenus débordants pour proposer toujours plus de nouvelles fonctionnalités.

Les critiques les plus violentes visent aujourd’hui la protection des données personnelles et la politique de confidentialité de Facebook. Des critiques qui semblent légitimes à la vue des données exploitées par le réseau. Mais jusqu’ici, celui-ci se targue juste d’être une place publique sur laquelle chacun est responsables de ses actes. Malgré tout, le  profil est de plus en plus doté de clauses et d’alertes invitant l’utilisateur à choisir par qui telle ou telle information est visible. Les critiques sont acerbes mais n’arrêtent pas l’élan des utilisateurs.

Usages radicaux, promotions prohibées, risques pour la jeunesse, les sujets polémiques ne manquent pas. Néanmoins, si la dangerosité de son usage est une question récurrente, c’est au sujet de l’évolution du profil des utilisateurs que les doutes s’installent. Support générationnel, si les parents y sont pourquoi les jeunes voudraient y être ? La nouvelle génération se dirige vers d’autres réseaux sociaux, alors on annonce la fin du géant. Mais la concurrence ne l’effraie pas. Au contraire, Zuckerberg s’en nourrit, rachète les projets les plus complémentaires et s’inspirent des réussites sociales.

Le virage mobile, la stratégie de conquête

Le réseau social vieillit mais se bonifiera-t-il avec le temps ? Il est désormais utilisé sur tous les supports. Si les premières applications mobiles ont été bancales, Facebook a corrigé le tir et la version mobile guide maintenant le développement de la version web. De plus, les mobinautes consultent leurs actualités et interagissent en temps réel depuis n’importe quel site web socialement apprêté. Au dernier trimestre 2013, 53% du chiffre d’affaires de la régie publicitaire provenait du mobile. Les rentrées publicitaires explosent depuis que les marques peuvent intercaler leur publicité entre les messages des membres et créer des applications et des jeux sans limites de développement.

Plus que jamais, le modèle économique s’affine et du côté de Menlo Park, on ne s’inquiète pas du départ de milliers de membres ou du manque d’intérêt des 15-25 ans. D’abord parce que les plus de 25 ans sont ceux qui consomment le plus sur internet, ensuite parce Facebook souhaite partir à la conquête de marchés émergents en Asie et en Afrique, là où de nouveaux millions d’utilisateurs potentiels l’attendent.

Effectivement, le premier réseau social mondial n’est pas irréprochable, il est le « lieu web » le plus fréquenté donc l’endroit où il y a le plus d’abus. Il est le plus utilisé donc le plus sujets aux débordements. Le géant Facebook doit amener ses utilisateurs, particuliers comme professionnels, à faire preuve de vigilance, mais il n’en reste pas moins un modèle de réussite comme seule la Silicon Valley sait en façonner. Voilà pourquoi, Facebook attire tant et pourquoi chacun veut rencontrer Marc Zuckerberg, à commencer par le président François Hollande en visite dans la Silicon Valley le 12 février. L’occasion pour le président français de fêter un très joyeux anniversaire au créateur du réseau social avant d’évoquer les questions fiscales !

Big Data, Partie #3 – Big Data et la Politique

Après avoir expliqué à quoi renvoie l’expression « Big Data » (partie #1) et l’élan entrepreneurial qu’elles suscitent (partie #2), nous nous interrogeons maintenant sur l’utilisation des Big Data en politique, et plus largement, à quoi ressemble une vie quotidienne de plus en plus guidée par des algorithmes.

Les Big Data font leur entrée en politique

La capacité à prédire le comportement d’un groupe de personnes à partir des données recueillies sur elles trouve de nombreux domaine d’application : marketing ciblé, prévention médicale, mais aussi connaissance de l’opinion publique, ce qui n’est pas passé inaperçu du monde politique.

Pour sa campagne de deuxième mandat, le Président Obama a fait appel à une armée d’informaticiens (Geek Squad) afin de mettre au point des stratégies de micro-ciblage des électeurs.

Connaître les habitudes des internautes permet de les exposer à des messages ciblés pour le public qui se trouve sur tel site Internet à une heure déterminée. Les messages sont d’autant plus efficaces qu’ils sont personnalisés.

Un internaute qui a voté lors des quatre dernières élections verra s’afficher sur son écran des messages l’incitant à voter pour tel ou tel candidat, alors que son voisin, qui ne s’est pas déplacé pour son devoir civique depuis plusieurs années, verra s’afficher des publicités pour une marque de vêtements. Les informations sur le comportement politique des personnes sont ainsi croisées à leurs habitudes de fréquentation du web et des réseaux sociaux, avec comme résultat une capacité de ciblage haute précision des publicités politiques en ligne. Les candidats peuvent, grâce à ces publicités ciblées, « acheter » un public dont ils spécifient les paramètres, plutôt que de dépenser des fortunes en messages non ciblés sur des canaux grand public.

De la prédiction à la persuasion, ou l’automatisation de la propagande

Les pages des réseaux sociaux comme Facebook et LinkedIn deviennent peu à peu le vecteur privilégié de ces messages ciblés, et c’est probablement sur les réseaux sociaux, au milieu des messages d’amis de confiance, que les messages ciblés seront le plus efficaces. Les messages peuvent inciter à choisir tel candidat plutôt qu’un/e autre, sensibiliser l’opinion autour de telle ou telle question, ou simplement, inciter les gens – notamment les plus jeunes – à se rendre aux urnes.

 

Qui va écrire ces messages destinés à inonder nos profils Facebook ? Certainement pas des humains. Là encore, les progrès de la technologie accompagnent le mouvement. Sean Gourley, que nous avons interviewé pour cet article, décrit la montée du high-resolution storytelling, c’est-à-dire la capacité qu’ont les ordinateurs de générer des « histoires », du texte, des messages, de mieux en mieux adaptés à leur destinataire.

 

La capacité des ordinateurs à imiter les humains dans la production écrite fait des progrès considérables depuis deux ans. Les journaux sont déjà plein de petits articles présentant les résultats d’une rencontre sportive et qui ont été écrit par un ordinateur. La startup Narrative Science, basée à Chicago, a crée une plateforme capable de générer des textes à partir de grandes quantités de données comme s’ils avaient été écrits par des personnes.

 

Principalement utilisée pour de l’information à la prose standardisée, comme les rapports financiers ou les résultats sportifs, les champs d’application s’étendent avec le degré de sophistication du logiciel.

 

« Twitterbots » et faux profiles Facebook

Nous nous laisserons convaincre d’autant plus facilement par un message s’il nous parvient sur un site de prédilection (Facebook), et s’il emploie un langage et des thèmes qui nous sont familiers, et ce grâce à la capacité grandissante des logiciels à dupliquer le ton et les tics de langage de nos correspondances habituelles. Les « journalistes robots » deviennent de plus en plus efficaces.

De la modélisation au modelage des comportements

Il devient par exemple possible d’analyser d’énormes bases de données textuelles (comme les tweets mentionnant tel candidat politique), dégager les tendances montantes et descendantes, et même, générer de nouveaux Tweets à l’aide de Twitterbots [c’est-à-dire des comptes artificiels Twitter qui génèrent des messages automatiquement] pour corriger les tendances. On sort ainsi d’un usage des Big Data comme outil d’analyse qui permette de modéliser finement les comportements, c’est-à-dire les représenter pour mieux les comprendre, à une utilisation qui est plus du ressort du modelage, de la production et du façonnage des opinions.

Les conséquences politiques sont extrêmement importantes puisque dans le système américain, les élections se jouent très souvent au vote des « Indépendants » qui peuvent basculer d’un côté ou de l’autre, et sont donc une cible privilégiée pour le micro-ciblage politique.

 

Conclusion : le « marché noir » du Web

La montée en puissance du Big Data est donc le corollaire logique de la montée en puissance des réseaux sociaux :

  • nous passons de plus en plus de temps à lire et produire des messages sur Facebook et Twitter ;
  • ces messages s’accumulent à l’échelle du monde connecté et constituent des masses de données contenant de précieuses informations sur nos goûts et nos opinions
  •  ordinateurs puissants minent ces informations, dégagent les tendances, permettant ainsi leur analyse par des ceux (politiciens, stratégistes en marketing) qui font leur business de cette information ;
  • bouclant la boucle, certaines entreprises vont produire de manière mécanique de nouveaux messages ciblés et les diffuser sur les réseaux sociaux adéquats afin d’agir sur les tendances.

Corollaire sur le versant économique, on voit se développer un « marché noir » des faux comptes de Twitter et Facebook, qui permettent de fabriquer la nouvelle fausse monnaie du web : les « likes » et les « Twitter followers ».

 

Ariane Zambiras

Trop tôt pour penser à la 5G ?

Trop tôt pour penser à la 5G ?

Alors que les Anglais viennent à peine de découvrir la 4G, mais l’industrie de la téléphonie mobile est déjà en train de préparer la 5G. Pourquoi tant d’empressement ?

Il est bien loin le temps où Motorola nous montrait, en 1973, un prototype de la première génération de téléphones sans fil. La première génération de téléphones grand public des années 1980 utilisait une technologie analogique qui nous permettait seulement de transmettre la voix.

La seconde génération, celles des années 1990, a adopté le standard GSM (Global System for Mobile communications), un standard international qui permet la transmission de paquets de données et ouvre ainsi la voie vers la transmission de texte. Poursuivant dans cette lancée, le Nokia 7110 fut le premier téléphone nous permettant d’avoir accès au web, c’était en 1999 !

En 2007, Apple introduit l’iPhone, et les choses changent du tout au tout. Pensé d’abord comme un ordinateur, puis comme un téléphone, l’iPhone a eu comme conséquence de décupler le volume de données en circulation sur les réseaux, un volume qui double d’année en année. C’est pour faire face à ces augmentations, la 4G est lancée en 2012.

La question qui se profile alors naturellement, et qui devra être résolue par la 5G, c’est comment optimiser au mieux les ressources limitées de fréquence radio, et la demande exponentielle de volume de données demandée par nos modes de vie de plus en plus connectés.

Big Data, Partie #2 – Big Data et les entrepreneurs

Dans notre contribution précédente, nous avons fait connaissance avec les Big Data. Je vous propose maintenant un éclairage en profondeur pour comprendre quels sont les enjeux de l’essor des Big Data. On va parler dollars, politique et nouveaux modes de propagande.

 

L’élan entrepreneurial autour du Big Data

Qui dit défi technique dit énergie créatrice pour le résoudre. Pour préparer cet article, Silicon-Valley.fr a rencontré Sean Gourley, Docteur en physique, TED Talk Fellow, Rhodes Scholar, qui a co-fondé l’entreprise Quid un exemple de succès lié aux Big Data. Quid récolte les données qui sont disponibles publiquement sur les compagnies privées innovantes et sur les investisseurs qui les financent, traquant le nombre de leurs employés, leur capacité à lever des fonds, les procès qui leur sont intentés, les nouveaux partenariats, bref, tous les événements majeurs de la vie d’une entreprise. Ces informations sont modélisées grâce au logiciel de Quid sous forme d’une « carte de l’innovation », qui permet aux clients de Quid, comme Microsoft Corp. par exemple, de traquer les entreprises et les technologies innovantes dans le secteur qui les intéresse.

Cette modélisation haute précision permet de visualiser les secteurs où un rapprochement technologique serait profitable (le monde de la cryptographie et celui des technologies mobiles par exemple), et les nouveaux marchés à conquérir. Plutôt qu’un rapport volumineux produit pas des consultants à un moment donné, et obsolète dès qu’il est imprimé, les données de Quid sont accessibles et actualisées en temps réel.

Quid est financé notamment par le Founders Fund de Peter Thiel (fondateur de Paypal), un fond d’investissement de capital risque basé à San Francisco.

 

Les business model des Big Data

Les startups qui se développent autour de l’idée du Big Data promettent à leurs investisseurs des retours avantageux. Comment passe-t-on du traitement de grosses bases de données à la récolte pécuniaire ? Trois business modèles principaux se sont imposés.

 

Le modèle des revenus publicitaires : Google, Facebook, Yelp

L’exemple canonique est celui de Google, qui s’est imposé comme le moteur de recherche le plus efficace du web, c’est-à-dire celui ayant réussi à répertorier au mieux et à rendre accessible le plus facilement l’énorme base de données qu’est Internet. Il s’ensuit des revenus faramineux grâce aux contenus publicitaires des annonceurs qui veulent être vus sur les pages du géant du web.

 

Le modèle de la vente des données : LinkedIn

LinkedIn, c’est la rencontre des Big Data et des ressources humaines. L’entreprise, qui a son siège juste à côté de Google, a réussi à s’imposer comme le réseau social du monde professionnel, avec deux nouveaux utilisateurs qui viennent rejoindre chaque seconde les 240 millions déjà présents. La valeur de l’action a d’ailleurs été multipliée par six depuis la capitalisation boursière de 2011. La principale source de revenu de LinkedIn, c’est un ensemble d’outils de recrutement vendus aux entreprises, et dont la valeur dépend principalement de l’étendue de sa base de données, c’est-à-dire la précision des informations que nous avons bien voulu y déposer.

 

La redirection de trafic : Amazon, Google Books

Les recommandations proposées par ces plateformes qui mettent à disposition des contenus  permettent de rediriger le trafic des consommateurs vers d’autres produits à consommer, ce qui augmente les ventes. Exemple de succès massif : Amazon. La richesse d’Amazon, c’est d’avoir pu se constituer une base de données tellement vaste sur les comportements d’achat de tout un chacun que chaque vente participe à la précision des recommandations et peut ainsi générer d’autres ventes, à l’infini.

 

Pour ces trois modèles, les critères de réussite sont identiques et reposent sur :

  • le volume des données recueillies (plus il est important, plus la modélisation sera juste)
  • des infrastructures efficaces pour le traitement des données dont le volume est toujours croissant
  • des interfaces qui rendent l’expérience des consommateurs souple et leur donnent envie de partager leurs données.

 

Ariane Zambiras

La Silicon Valley inspire-t-elle toujours en 2014 ?

La Silicon Valley inspire-t-elle toujours en 2014 ?

 

Véritable laboratoire d’idées innovantes et d’initiatives à l’origine des modèles économiques des entreprises de demain, la Silicon Valley fait des émules et de nombreuses régions du monde tentent de la copier.

Les mégalopoles se servent de l’exemple californien pour bâtir leur vallée de l’innovation, symbole de recherche et développement, et de prospérité.  Pourtant, la Silicon Valley conserve un temps d’avance et continue d’inspirer les décideurs du monde entier.

L’émergence de technopoles entièrement dédiées aux nouvelles technologies en Corée du Sud, au Japon, à Tel-Aviv ou à Sao Paulo est directement liée à l’exemple de la Silicon Valley. Les élus des plus grandes métropoles internationales rêvent de leur propre « Camino Real » à l’échelle d’un secteur d’activité, en périphérie de la ville, mais capable de rayonner sur une région entière.

Là est bien le secret de la réussite de la Silicon Valley. Les pionniers de cette vallée de l’innovation ont réussi à créer un écosystème autonome à quelques kilomètres de San Francisco. Cette réussite repose sur la logique de pôles de compétences liés les uns aux autres dans un même esprit de croissance, de travail acharné et de passion pour les nouvelles technologies.

Cette idée, devenue ville puis région, a fini par concerner toute la baie de San Francisco au travers d’un puzzle gigantesque de villages grossissant d’années en années. Plus qu’une vallée, l’endroit est devenu un territoire d’exception, réinventant une nouvelle conquête vers l’Ouest, celle de la concrétisation des rêves les plus fous.

Un territoire en avance

La ruée vers l’or se pense aujourd’hui dans les pas des géants Facebook, Apple ou autres Oracle. L’attractivité économique du territoire est telle que tous les espoirs sont permis. Même les projets débutants peuvent s’appuyer sur les réseaux efficaces de la Silicon Valley pour s’émanciper et trouver leur niche.

Evidemment, le traitement médiatique et Hollywoodien de la région ne retient pas les échecs et les tentatives avortées. Mais l’esprit d’entrepreneuriat demeure et à force de labeur et de détermination, les garages familiaux deviennent des sièges sociaux d’envergure. Les grands succès économiques restent peut-être minoritaires au regard des milliers de projets qui voient le jour, mais ces succès sont galvanisant et ils appellent à être soutenus, améliorés et revisités.

La Silicon Valley continue donc de fonctionner avec un temps d’avance et de faire naître des entreprises innovantes.  S’en informer, inspire. Y séjourner, révèle. S’y implanter, propulse.

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