Gregory Jost : « Mozilla est le tiers de confiance du web, aujourd’hui ! »

Gregory Jost : « Mozilla est le tiers de confiance du web, aujourd’hui ! »

Gregory Jost affiche le sourire soulagé des âmes arrachées à la morosité européenne. Son arrivée dans la Vallée coïncide avec la fin de l’année 2012: « J’ai toujours aimé voyager. Une expérience ici, après avoir travaillé pour Mozilla Europe en France, cela ne se refusait pas. Je n’ai pas refusé. »

« Greg » fait partie des 71 salariés de la Fondation Mozilla dont la langue maternelle est le français – le nombre total est actuellement de 1033 -. Il est chargé de la promotion de la Fondation depuis les bureaux de Mozilla à San Francisco, situés à quelques encablures de l’Embarcadero et du Bay Bridge. Le reste de l’équipe locale s’est installée à Mountain View, non loin de son concurrent et partenaire Google. San Francisco dispose également d’un espace communautaire, accessible à tous. Il est dédié à la rencontre et au partage – avec les développeurs, contributeurs, traducteurs – via des événement réguliers, accessibles à tous.

Le web est LA plateforme

« Les Etats-Unis – et San Francisco en particulier – sont pour moi le berceau du web. Mon travail y est d’autant plus enrichissant », suggère-t-il. Sa passion pour le web ouvert l’a amené très tôt à collaborer au projet Mozilla. « Mon passé professionnel, ce furent tout d’abord des agences, puis Mozilla. Presque naturellement je dirais, et avant tout pour les valeurs que nous défendons, qui sont les miennes ! » Des valeurs qu’il regroupe autour de trois thèmes: l’universalité du web, le contrôle des données et la confidentialité. Sont-elles toujours au premier plan des avancées technologiques en Silicon Valley ? Pas sûr ! « Nous travaillons ici en Silicon Valley avec… et face aux géants comme Apple, Microsoft et Google. Notre mission est de peser et d’informer pour ne pas enfermer le web dans des plateformes. Le web est la plateforme du futur. C’est aussi pour cela que nous développons Firefox OS sur les marchés émergents… mais également, de plus en plus, dans des grands pays comme l’Allemagne ou l’Italie. Ce n’est que le début. »

La différence entre la France et les Etats-Unis ? « La curiosité, le mouvement et aussi une positivité ambiante. Pour ce qui est de Mozilla, peut-être moins de religion autour du web. Ce n’est pas étonnant si la présence de Mozilla en Europe est historiquement liée à la France. Là-bas, on a une vision plus sociale d’Internet. Ce n’est pas uniquement français, mais très français. Ici, nous sommes au pays du business et des brevets. Le défi est plus difficile à relever, puisque nous rappelons des valeurs fondamentales de partage et d’interopérabilité au moment où le web mobile bascule dans des guerres de… clochers et de brevets. »

Lorsque vous installez Firefox sur un ordinateur, un smartphone ou une tablette, le navigateur vous rappelle vos droits, avant de vous suggérer d’introduire un compte de synchronisation. Cette approche résume assez bien le mandat de la Fondation Mozilla: « être le tiers de confiance du web. » Il répète l’expression plusieurs fois durant l’entretien: « Chez Mozilla, on est là pour créer des produits dont on rêve. Nous n’affichons pas d’objectif de rentabilité. Nous ne sommes pas là non plus pour effrayer les internautes, mais pour leur rappeler qu’ils sont libres. Et qu’ils peuvent avoir confiance en nous, entre notre indépendance. »

Google, le plus gros contributeur financier

En 2012, 90% des revenus de la Fondation Mozilla étaient générés grâce au partenariat noué avec Google. C’est 5% de plus qu’en 2011 et cette année ne devrait pas afficher de surprise en la matière. « Oui, c’est vrai. D’un côté, ce sont nos partenaires. Nous développons pour Android, en plus de Firefox OS, notre propre OS mobile. En même temps, nous restons totalement indépendants dans nos démarches et nos développements. Les relations sont plutôt bonnes dans la Vallée entre nous. Nous travaillons dans cet esprit d’interopérabilité et d’universalité. »

A quoi servent les 311 millions de dollars ? « A poursuivre le développement du navigateur, sur ordinateur, sur mobile. Notre part de marché reste proche des 20 %. Cela nous donne un poids, un contrepoids même. Nous sommes et resterons un contre-pouvoir. Et puis, cet argent, il sert aussi à remplir nos missions de formation, notamment via le site Webmaker. » Le projet Webmaker veut faire des internautes non pas seulement des acteurs, mais également des bâtisseurs de l’Internet… libre.

La Silicon Valley souhaite Hwan-yeong* à Samsung

La Silicon Valley souhaite Hwan-yeong* à Samsung

Samsung entend vendre 120 milliards d’appareils connectés dans le monde d’ici 2020. Sa présence massive en Silicon Valley se précise et son offensive auprès des développeurs a commencé.

Fin février, nous vous annoncions l’arrivée d’un nouveau voisin pour Google et Apple en Silicon Valley, Samsung. La présence du Coréen dans la Vallée n’est plus de l’ordre du débat ou de la menace. C’est désormais une réalité.

La compagnie va investir 226 millions d’euros dans son futur QG américain. Pas de déménagement prévu au niveau de la localisation: il sera construit à 20 minutes de Cupertino et Mountain View, à San Jose, là où l’entreprise dispose de sa représentation US depuis bientôt 20 ans.

La conception a été confiée à NBBJ.  Le bâtiment comptera 10 étages. Il est composé de verre et de métal blanc. Une partie sera ouverte au grand public. Des parkings et des espaces de détente font également partie de l’ensemble: une salle de fitness, des restaurants et des pavillons.

Visite virtuelle

L’objectif est d’y accueillir les 2.000 salariés locaux de Samsung, essentiellement dans les départements de R&D, ainsi que dans la vente et le markéting pour le marché américain. Pour les francophones installés sur place, des opportunités de carrière se dessinent. Le site de Samung les répertorie ici.

La construction devrait être achevée en 2015.

Ce QG n’est pas la seule propriété du premier constructeur de mobiles au monde. Son Strategy and Innovation Center est installé à Sand Hill Road. Deux fonds d’un milliard de dollars US y ont été créés pour « investir dans l’innovation ».

Pour se mesurer à Apple et Google dans la Vallée, rien de tel que d’attirer les développeurs à sa cause. Alors que Nokia et BlackBerry choisissent New-York, Samsung a annoncé début juillet organiser à San Francisco sa première DevCon.  L’événement aura lieu au Westin St. Francis Hotel sur Union Square – et non au Moscone! -. L’enregistrement n’est pas encore possible, à l’heure où nous écrivons ces lignes, mais la conférence est confirmée du 27 au 29 octobre. On y parlera évidemment des smartphones et tablettes Android, mais également de Tizen, le système d’exploitation libre et HTML5, sans cesse repoussé. Au-delà, l’occasion est trop belle d’en faire une vitrine de l’étendue des produits proposés par la marque: hi-fi, téléviseurs, électro-ménager, ordinateurs. A ce niveau, LG et Sony – dont les derniers chiffres publiés cet été s’avèrent rassurants – sont les principaux concurrents de l’empire coréen.

* Hwan-yeong signifie « bienvenue » en coréen.

Lumia 1020: Nokia encore trop étranger à la Vallée pour s’imposer?

Lumia 1020: Nokia encore trop étranger à la Vallée pour s’imposer?

Nokia va lancer fin juillet, en primeur aux Etats-Unis, son Lumia 1020, un smartphone doté d’un capteur photo de 41 mégapixels. Une petite révolution que la Silicon Valley soutient en ordre dispersé. Délit de non-initié?

Le fabricant de téléphones portables finlandais a présenté ce jeudi un nouveau smartphone doté d’un appareil photo haut de gamme inédit sur le marché. Le PDG de l’entreprise, Stephen Elop, a conclu un accord avec l’opérateur AT&T, lequel pourra le commercialiser en primeur pour son réseau 4G LTE dès le 26 juillet. Son prix sera de 299 dollars US pour tout engagement de 24 mois auprès de l’opérateur.

L’Europe et ses marchés clés – France, Grande-Bretagne, Allemagne et Italie – devront cette fois attendre plus de deux mois pour en profiter: signe que la marque Nokia tente de s’imposer par la force sur le marché nord-américain, largement dominé par l’iPhone et la cohorte de téléphones Android.

Peur de l’étranger? Nokia USA est pourtant situé au coeur de la Vallée, mais qui le sait?

Quels sont les atouts du Lumia 1020?

Un écran AMOLED de 4,5 pouces et une résolution HD, un processeur double coeur Snapdragon, plus de 2 Go de mémoire vive, 32 Go de stockage, une caméra frontale de 1,2 Mpbx et l’ensemble des éléments de connectivité les plus récents: Bluetooth, GPS, NFC, 2G, 3G, 4G, LTE.

Et puis il y a l’argument photogénique. C’est le premier Windows Phone à embarquer une optique de 41 mégapixels, une « sensation » dont seul le 808 PureView dévoilé en février 2012 (dans la gamme Symbian) pouvait se vanter. Le nouveau Lumia est doté d’un capteur lui permettant de prendre des photos atteignant 7712 sur 5360 pixels. Il peut aussi prendre simultanément une copie haute résolution d’une photo (38 Mpx) pour l’édition et une plus légère (5 Mpx) pour les échanges sur Internet.

Des premières secondes aux dernières exclamations des différents représentants de Nokia à New-York, le terme « photo » est devenu le leitmotiv d’une entreprise high-tech en recherche de sa singularité, pour renforcer l’attraction de la marque face à Apple et Samsung.

L’entreprise mise sur deux secteurs d’investissement clés: la photo/vidéo et le son. Dans l’optique de cette spécialisation photo, un kit de développement (SDK) – décodage, intégration, filtres, effets, retouches- est livré gratuitement aux développeurs par Nokia pour créer des applications dédiées à la photo.

Analystes attentifs et attentistes

Lors de la conférence de presse organisée à New-York, l’un des premiers avis d’experts a été envoyé à la presse par IDC (Ndlr: avant même que la présentation ne soit terminée). John Delaney y estimait qu’une « technologie d’imagerie aussi avancée ne suffira pas pour assurer le succès d’un produit ». Il reconnaît toutefois que les « capacités photo et audio de l’appareil vont attirer l’attention des utilisateurs vers ses produits. »

Chez IHS, Daniel Gleeson parle d’un « outil marketing pour impressionner les consommateurs. », mais prévient: « ce Lumia 1020 seul ne ranimera pas Nokia. » Tony Cripps, un expert du cabinet Ovum, reconnaît toutefois que la voie tracée par Nokia – imagerie, son – est « cruciale pour sa stratégie à long terme en vue de se différencier sur le marché. »

Names, names, names!

Nokia le sait: sans les fers de lance du secteur mobile, peu de chances de salut. Le Finlandais n’a pas ménagé sa monture pour accompagner ce lancement de « big names », principalement issus de la région de la Vallée. Sans dévoiler de date de lancement officiel, le constructeur s’est offert la collaboration de:

Vine (Twitter), San Francisco.
Flipboard, Palo Alto.
Yelp, San Francisco.
Hipstamatic, San Francisco.
Path, San Francisco.

Manque encore à l’appel? Instagram!

Même si la future application Ogg Pro signée Hipstamatic permettra – en rustine – de poster sa photo sur le réseau social de photos retouchées et de vidéos courtes, voilà une absence symbolique. Kevin Systrom, son CEO, a pourtant assuré fin juin qu’aucun projet n’était prévu à court terme, que ce soit sur BlackBerry 10 ou Windows Phone 8. Difficile toutefois pour Nokia de ne pas revendiquer une voix au chapitre Instagram, quand on sait que 100 millions d’utilisateurs actifs sont convaincus chaque mois par cette application phare.

Chargé des partenariats pour Nokia, Bryan Biniak ne ménage pas ses efforts pour attirer le réseau sur la plateforme mobile de Microsoft, si possible en exclusivité pour la gamme Lumia, à en croire des confidences publiées sur le site TechCrunch: « Nous y travaillons sans relâche », confie-t-il, « en collaborant de manière étroite avec Facebook, entreprise avec laquelle Microsoft entretient des relations de proximité, ce qui s’est notamment traduit par l’introduction du moteur Bing sur le réseau social. »

Jusqu’ici, Instagram s’est d’abord imposé sur iPhone pour s’étendre sur l’inévitable Android – un système d’exploitation où la qualité des capteurs photo n’est pas toujours de nature à redorer son blason, mais l’argument du nombre frappait trop fort. Nokia représente un atout de taille pour Instagram: la qualité de ses capteurs photos Carl Zeiss, à plus forte raison sur les modèles 920, 925, 928 (Verizon) et le futur 1020.

Lost in translation?

Attirer dans ses filets des entreprises à succès comme Path, Vine, Yelp, Hipstamatic, ce n’est pas si mal au fond.

Aurait-il fallu que la présentation se déroulât au plus près des ténors de la Silicon Valley, à San Francisco, plutôt qu’à New-York? Sans doute. L’erreur de symbole avait déjà été commise par BlackBerry au lancement du Z10 début 2013.

Pourquoi à San Francisco et pas New-York, Toronto, Paris ou Londres? Pour s’inscrire dans le sillon. Une entreprise finlandaise – quelque géant qu’elle fût jusqu’à l’arrivée de l’iPhone – souffre probablement d’un déficit d’image et de proximité avec le « pouvoir en place », en plus d’avoir opté pour un système d’exploitation face auquel les développeurs font toujours preuve d’un mélange d’attraction d’arrière-plan et d’attentisme difficile à lever. Quelques jours plus tôt, Dropbox organisait à San Francisco une conférence dédiée à ses produits et développeurs. Deux systèmes d’exploitation ont été abordés: iOS et Android. Windows Phone a été entièrement snobbé.

Nokia dispose pourtant déjà d’une représentation à Sunnyvale, mais ce qui pourrait passer pour un showroom IKEA de plus dans la région doit être renforcé pour ne plus passer pour un office du tourisme finlandais aux yeux des natifs du coin, Apple et Google. En février dernier, nous vous racontions déjà la décision de Samsung de s’implanter à Moutain View, alors que l’entreprise dispose d’une représentation à San Jose depuis plus de vingt ans: le sillon.

Avoir misé sur Windows Phone était un pari risqué pour Nokia. Son PDG Stephen Elop le reconnaît volontiers, mais s’y tient. L’entreprise est devenue un allié qui permet à Microsoft de garder le cap et de faire évoluer un Windows Phone qui peine toujours à s’imposer: Nokia aurait pu – et peut toujours – céder à l’attraction d’Android. Les destins de Nokia et de Microsoft sont ainsi liés. Avoir, pour Nokia, réuni à la table de son Lumia 1020 autant de noms prestigieux issus du monde mobile – et de la Vallée – est un accomplissement remarquable. Nokia rend Windows Phone 8 un peu plus « cool ». C’est déjà cela de gagné.

Le choix du marché américain pour un tel lancement va se traduire par une large couverture et promotion de rentrée 2013 via AT&T, qui en bénéficiera en exclusivité. Avant que d’autres terminaux – couvrant d’autres besoins et d’autres budgets! – ne viennent soutenir le mouvement estival? Une invitation sera-t-elle bientôt lancée au Yerba Buena Center for the Arts à San Francisco pour le lancement d’un futur nouveau produit de la marque? Une future tablette?

Le sillon a probablement besoin d’être dérangé par des étrangers aux voisins du cru, Google et Apple, dont les relations de haine et d’amitié ont formé un duopole asphyxiant pour un marché du mobile recroquevillé dans la Baie. Microsoft et Nokia sont mieux armés et financés que le canadien BlackBerry dans cette course à la survie sur les marchés occidentaux.

En attendant, Nokia publiera ses résultats le 18 juillet prochain. Aucun miracle n’est attendu… d’ici là.

La 4G, un nouveau moteur pour la Silicon Valley

La 4G, un nouveau moteur pour la Silicon Valley

Les Etats-Unis restent, avec l’Asie, très en pointe sur la 4G LTE. Pas étonnant: le haut débit mobile y est une religion. Qu’avez-vous à y gagner dans votre vie personnelle et professionnelle?

L’Internet de poche s’est installé dans nos vies, sous l’impulsion de terminaux de plus en plus puissants: smartphones, tablettes et demain montres et lunettes connectées. Après EDGE et la 3G, la 4G LTE commence à très largement se répandre aux Etats-Unis – à plus forte raison dans la Silicon Valley -, alors que l’Europe se montre beaucoup plus à la traîne dans le domaine.

Les deux continents face à face ?

– 19% de connexions en 4G aux Etats-Unis contre 2% en Europe ;
– Trafic moyen de 810 Mo aux Etats-Unis contre 415 Mo en Europe.

De quoi parle-t-on ?

La dénomination 4G n’est pas une réelle nouveauté. Elle a même prêté à confusion durant près de deux ans auprès des opérateurs américains.

Si l’icône 4G a été très tôt visible sur bien des terminaux mobiles, elle correspondait en réalité à une 3G survitaminée (chez AT&T comme chez T Mobile), autrement appelée 3,75G HSPA+ (jusqu’à 21 Mbps) et 3,75G Dual Carrier (jusqu’à 42 Mbps).

Aujourd’hui, une autre technologie est déployée à très grande échelle aux Etats-Unis, baptisée LTE. Quel avantage? Augmenter les débits pour permettre une utilisation plus fluide et naturelle des services Internet en mobilité, allant de 20 à 100 Mbps, ce qui correspond peu ou prou aux vitesses actuellement disponibles auprès de la plupart des fournisseurs d’accès à Internet à la maison et au bureau.

Ces réseaux utilisent (pour la première fois en mobilité) des technologies exclusivement IP. Cela signifie que les protocoles employés pour la signalisation, les transferts de données et la voix sont les mêmes que ceux d’Internet. Conséquence de cette émergence de réseaux mobiles « réservés aux données »: la plupart des opérateurs mobiles réservent les tuyaux 4G au trafic Internet ; les réseaux GSM et UMTS (2G et 3G) sont ainsi petit à petit recyclés pour transporter de la voix (vos appels téléphoniques) et des transferts de données nécessitant moins de puissance.

Les types de réseaux 4G LTE sont nombreux. Il existe plus d’une vingtaine de bandes de fréquences hertziennes différentes: un véritable casse-tête pour les constructeurs de smartphones et tablettes actuellement. Aux Etats-Unis, les bandes 4, 12, 13, 17 et 25 sont utilisées. En Europe, ce sont principalement les bandes 3, 7 et 20 qui sont favorisées. Résultat: un appareil 4G européen ne fonctionnera probablement pas en 4G aux Etats-Unis. Et vice versa.

Pourquoi la 4G change tout

Là où la 3G actuelle – déjà largement saturée – nécessite des appareils très récents pour atteindre des vitesses de 21 ou 42 Mbps, la 4G introduit d’emblée un débit beaucoup plus élevé de 100 Mbps (même si les débits constatés sont en général de 20 ou 30 Mbps).

Grâce à un temps de latence beaucoup plus court (le temps de réponse à une action sur un terminal mobile), le réseau est plus réactif et l’accès aux données beaucoup plus rapide et fluide: cela se remarque immédiatement en consultant une page web, une application vidéo ou en effectuant un appel vidéo. Les domaines dans lesquels la 4G devrait s’illustrer dans les mois et années à venir sont nombreux: pilotage à distance, surveillance vidéo, traduction simultanée, médecine, vidéo et reportages, équipements automobiles.

Une Bay Area déjà bien couverte

La portée des antennes va de quelques centaines de mètres en milieu urbain jusqu’à 50 km en zone rurale peu peuplée. La très grande consommation en données mobiles dans la Silicon Valley nécessite un équipement de taille.

3 opérateurs ont déjà largement déployé la 4G LTE à San Francisco et dans la Baie:

– Verizon (couverture très complète de la Vallée, dans l’East Bay ainsi que dans le Nord et le Marin County)
– AT&T (en plus de San Francisco, en avril dernier, plusieurs localités se sont ajoutées chez AT&T: San Rafael, Pittsburg, Antioch, Livermore, Brentwood et Novato)
– Sprint (la ville de San Francisco est couverte depuis février 2013)

Quant à l’opérateur T-Mobile, il dispose de quelques antennes 4G, principalement dans le Financial District, ainsi qu’à San Jose. D’ici la fin de l’année 2013, la ville de San Francisco devrait être entièrement « servie ». Restera alors à introduire la mise à niveau de la 4G vers ce que l’on appelle déjà en Asie la LTE Advanced. De 20 à 30 Mbps de moyenne, on pourra alors passer à 100 Mbps en se déplaçant et 1 Gbps (une vitesse folle) en restant au même endroit.

Blueseed : une Silicon Valley en mer

Blueseed : une Silicon Valley en mer

Pendant que le Sénat américain se penche sur un relèvement des quotas d’immigration de travail, la Silicon Valley organise une résistance depuis les eaux internationales aux portes de la Baie.

 
Logo de l'entreprise Blueseed

Un groupe baptisé « Partnership for a New American Economy » estime qu’une pénurie de 230.000 diplômés frappera l’Amérique dans les cinq ans. Entre 1995 et 2005, 52% des start-up créées en Silicon Valley comptaient un étranger parmi leurs fondateurs. Quelques exemples: Jerry Yang (Yahoo!), Steve Chen (Youtube) et Sergey Brin (Google).

Début avril, le plafond annuel des 65.000 visas de travail H1B était atteint en cinq jours à peine, laissant des milliers de travailleurs et futurs entrepreneurs sans recours. Les procédures permettant à une entreprise de recruter un candidat immigrant s’avèrent longues et coûteuses – atteignant rapidement 10.000 dollars US, sans garantie de résultat -.

Les quotas sont insuffisants et la situation semble préoccupante pour la vivacité de l’industrie high tech. Pour y répondre, la Silicon Valley s’organise en lobby auprès des autorités à Washington. Le Congrès s’y montre – nécessité économique – réceptif: un visa réservé aux entrepreneurs et un rehaussement significatif du nombre de visas de travail sont en jeu. Le Sénat y travaille depuis le jeudi 9 mai.

Pendant ce temps, dans l’Océan…

En avril, le Canada lançait un programme d’obtention de titre de séjour permanent à destination des entrepreneurs. Fin avril, le gouvernement français empruntait la même voie. Une solide concurrence pour la Silicon Valley, une seconde chance pour ceux qui ont perdu tout espoir de s’installer dans la Baie.

La Vallée, pénalisée, le sait et l’offensive s’organise pourtant au bord de l’eau. Dans l’année, un paquebot de la société Blueseed battant pavillon des Bahamas pourrait s’ancrer dans les eaux internationales, au large des côtes californiennes. Pour s’y installer, un simple passeport ou visa de tourisme suffirait. Le projet, surnommé le « GooglePlex des mers », a beau être encore très flou, près de 1.300 candidatures seraient déjà enregistrées.

Les « Pirates de la Silicon Valley » comptent parmi eux des entrepreneurs et ingénieurs connus, parmi lesquels des représentants de Yahoo!. Ils prévoient que le vaisseau, destiné à jeter l’ancre à 12 miles des côtes, devrait être opérationnel au 3e trimestre fiscal 2013, c’est-à-dire demain. L’été 2014 est cité comme une plus probable date de lancement.

A quel prix ? A peu près celui d’un studio à San Francisco, aux alentours de 1.600 USD par mois: 1.200 pour une cabine partagée, jusqu’à 3.000 pour une cabine single. Le prix inclut l’accès à des bureaux et installations de travail. Mais Blueseed ne se limite pas à la recherche de futurs chefs d’entreprise et génies: les incubateurs sont aussi les bienvenus à bord.

Simple bras de fer avec les autorités ou véritable arsenal de guerre? Nul doute que le Sénat y prête en ce moment une attention particulière dans ses travaux, de peur de voir les Bahamas et les Îles Marshall prendre le relais.