par Cedric Godart | Jan 22, 2026 | News
Plus de 6.000 personnes ont assisté mercredi dernier à la conférence annuelle des développeurs Google à San Francisco. Quelques jours plus tard, réflexions.
Une foule dense – composée de développeurs, happy few curieux et autres journalistes – et un show interminable: nous avons eu droit à près de 3h30 de présentations ad nauseam de la stratégie du groupe pour les douze mois à venir, sur un un lancement musical particulièrement éclairant: « I’m alive » du groupe Empire of the Sun.
Google IO 2013 a démarré à l’heure. Cette année, pas de découpe: une seule keynote. Android et Chrome réunis, deux piliers de l’entreprise désormais. Principal enseignement du jour à quelques semaines du rassemblement annuel d’Apple dans la même ville? Google veut se démarquer de son principal concurrent en jouant sur l’universalité de ses produits. Ils doivent fonctionner sur n’importe quel appareil, quel que soit le système, quel que soit l’écran. Cela dit, BlackBerry 10, Firefox OS et Windows Phone n’ont eu droit à aucune mention et attention particulière.
Consolidation et évolutions… de taille
La plus énorme offensive du jour? Google précède Apple dans la musique à la demande, avec un concurrent de Spotify et Deezer sous la forme d’une offre de musique illimitée à 9,99 dollars par mois: Google Music All Access. Hangout remplace Google Talk et viendra sans doute embrasser Google Voice dans quelque temps.
Une nouvelle version du réseau Google+ a été lancée simultanément, visuellement beaucoup plus attrayante sous forme de cartes interactives. Google+ et le moteur de recherche se rapprochent de plus en plus. Désormais, ce fameux moteur de recherche obéit à des questions qu’on écrit ou qu’on pose à la voix, comme “Où puis-je manger un plateau d’huîtres à Oakland” ou encore “Retrouve mes photos de New-York prises l’an dernier”. Qu’est-ce qui a changé? Ce que vous inscrivez sur le nuage. Dès que vous êtes connecté à votre compte, Google utilise vos emails, vos photos, votre musique, vos rendez-vous, pour affiner la recherche en fonction de la personne et non plus forcément du sujet. Particulièrement pratique, car le terme barbare de backup appartient au vocabulaire technique du passé. Mais lourd de conséquences en matière de protection des données.
Une version complètement revisitée de Google Maps sera lancée l’été prochain. Les cartes sont désormais plus personnelles. Elles affichent les endroits où vous vivez, où vous vous rendez régulièrement, vos restaurants favoris, votre lieu de travail. Chaque carte est unique. Encore une fois, cela fonctionne de la même manière sur un ordinateur, un smartphone et une tablette, y compris sur l’iPhone et l’iPad, pas simplement Android. Tout cela grâce au compte Google, qui fait office de clé vers votre appartement virtuel.
Il faudrait également parler des jeux en réseau et de nouveaux formats d’images et de vidéo plus légers et sans royalties. Le format WebP proposait une compression de 30% par rapport au JPEG, avec la possibilité d’obtenir des images animées, façon GIF. Le format vidéo VP9 irait jusqu’à 63% de réduction par rapport au H.264. Il sera adopté cette année par Youtube, ce qui devrait mettre tout le monde d’accord.
Déconnexion: are you sure?
Ce qui nous a frappé, cette année, au fond, c’est que l’on n’a pas eu droit à une enième nouvelle version de tel ou tel système (Android, Chrome, ChromeOS). Non, on a plutôt senti que Google était à l’aube d’une formidable nouvelle ère, qui place la personne connectée au centre de tout. Ce qu’elle fait. Ce qu’elle vit. Où elle va. D’où elle vient. Ce qu’elle pense. Ce qu’elle rêve. Ce qu’elle partage. Ou pas.
Après le smartphone, la tablette, l’ordinateur, demain ce seront les lunettes, les brassards de sport, nos pèse-personnes, ce seront les objets de notre quotidien qui seront animés et connectés à notre nuage, notre personnalité virtuelle. Finira-t-elle par nous ressembler, nous manipuler, nous guider, nous suivre, nous épier, nous confondre?
Durant les trois jours de Google IO, une foule de journalistes et de salariés du groupe portaient déjà les Google Glasses, les lunettes connectées. Elles ne seront probablement pas disponibles avant 2014. Au-delà de l’aspect hipster de la chose, qui se sent vraiment à l’aise en cotoyant ces « privilégiés »? Ils ont parfois quitté le Moscone pour se balader dans les allées du centre commercial Westfield. Les avez-vous vous aussi croisés?
par Cedric Godart | Jan 22, 2026 | News
Qui a dit que la Silicon Valley ne créait que des valeurs immatérielles, des apps et du service ? La capitalisation boursière du constructeur Tesla dépasse désormais celle de Fiat. Paris ? San Francisco calling !
Fondée en 2003, la société Tesla Motors hérite du nom d’un scientifique serbe ayant oeuvré dans le domaine de l’électricité, Nikola Tesla. L’investissement initial, on le doit au co-fondateur de Paypal, Elon Musk, devenu Président du conseil d’administration de l’entreprise. Il injecte 6,3 millions de dollars, après la revente de Paypal à eBay.
Il aura fallu près de cinq ans – et une volonté de fer! – pour produire la première voiture sportive électrique de la gamme pour cette société basée à Palo Alto. Son credo : « prove that electric vehicles could be awesome » (faire la démonstration que les véhicules électriques sont fabuleux). En 2008, la Roadster est lancée. Quelques concessions et un site Internet la commercialisent. Ce site réalise 220 ventes en quatre mois. La clientèle est principalement américaine. Pour l’acquérir, il faut débourser entre 65.000 et 100.000 dollars US, une sacrée somme pour un véhicule de niche, alors encore vaguement futuriste.
Sa promesse: tenir près de 250 miles, soit 400 km.
Fin avril 2013, le constructeur affiche sa satisfaction. Et son soulagement – son histoire n’est pas exempte de hauts et de bas -. Il a été capable de rembourser anticipativement un prêt de 465 millions de dollars accordé par le gouvernement américain. L’entreprise a vendu 4.900 modèles S de sa gamme et affiche un chiffre d’affaires de 562 millions USD.
L’action de la société bondit à 90 USD: elle a doublé, trois ans après son introduction en bourse. La société valait alors 500 millions de dollars. Elle capitalise en ce mois de mai près de 11 milliards. A titre de comparaison, 8 milliards pour Fiat et 2,8 milliards pour PSA Peugeot Citroën.
« Ce qu’a accompli Tesla n’est pas de la chance, c’est réel », selon Morgan Stanley. Tesla compte aujourd’hui 2.000 salariés répartis dans 30 unités, partout dans le monde (37 pays à l’heure où nous écrivons ces lignes). Outre le Canada et les Etats-Unis d’Amérique, Tesla est présent en France (Paris), en Suisse (Genève), en Italie (Milan) et très bientôt à Bruxelles, en Belgique.
Outre ses propres véhicules, l’entreprise californienne vend son savoir-faire. Son système de stockage énergétique est commercialisé à des partenaires comme Daimler et… Toyota.
Testez-la avec chauffeur… à Paris
Pas étonnant que Paris succombe aux charmes de cette nouvelle définition électrique du haut-de-gamme. Du 28 au 30 mai, l’application mobile Uber propose à ses utilisateurs de commander gratuitement une Tesla Model S avec chauffeur. Ce test est ouvert gratuitement à tous les parisiens qui téléchargent l’application Uber pour iOS, Android et BlackBerry. Comble du raffinement: l’approche du chauffeur peut être suivie en temps réel sur l’application mobile née à… San Francisco il y a trois ans. Quand on vous dit que le luxe s’exporte désormais en AF A380 de SFO à CDG…
par Cedric Godart | Jan 22, 2026 | News
Après la Silicon Valley des mers, Canada et Russie se dessinent aussi un Bay Bridge. Objectif : créer hors des Etats-Unis des grappes d’entreprises et de talents à haute valeur technologique.
Le 28 mars, dans nos colonnes, Anji Ismail se demandait si Vegas ne serait pas la prochaine Silicon Valley. Pas plus tard que le 14 Mai, nous constations qu’avec le Blueseed, la Vallée organise pour 2014 une résistance depuis les eaux internationales, dans la Baie de San Francisco.
Croire que l’appétit techno-économico-politique s’arrête aux frontières des Etats-Unis est un leurre. Le Canada et la Russie nourrissent en ce moment-même de grands projets.
Добро пожаловать в Сколково долине*
On en parle depuis 2011, le projet est aujourd’hui une réalité. A quelques kilomètres de Moscou, le Skolkovo Institute of Science and Technology s’est offert les services du MIT pour 300 millions de dollars. Objectif: concevoir un ensemble de cursus universitaires pour créer une « Skolkovo Valley ».
L’érection du campus est une initiative du gouvernement, prise en 2010 et dotée d’une enveloppe de… 2 milliards d’euros.
Plusieurs grands noms US du secteur IT sont déjà impliqués, à commencer par IBM et Microsoft. Au programme pour les attirer? Des réductions d’impôts et des facilités pour obtenir un visa (l’un des principaux problèmes soulevés aux Etats-Unis ces dernières années). Le projet n’est pas encore concrétisé, mais il devrait devenir réalité d’ici 2018 avec un objectif de 1.200 étudiants à haut potentiel et près de 200 professeurs. En attendant que les bâtiments sortent de terre, une promotion de 20 étudiants a démarré un cursus à Londres (Imperial College), Lausanne (EPFL) et aux Etats-Unis (MIT), trois établissements partenaires.
Montreal Valley sur son 36*
QI est le nom d’un nouveau quartier de la ville francophone canadienne. Il sera construit autour de l’Université McGill dans le cadre du plan «Montréal 2025».
Griffintown, c’est le nom actuel du quartier, est situé à proximité du centre de la Ville. L’objectif est de rassembler étudiants, entrepreneurs et créatifs autour d’une « petite Vallée » pour faire émerger des profils à très haut potentiels, mais également des jeunes-pousses prometteuses.
Le lancement officiel s’est tenu le 13 mai dernier. Michael Applebaum, le maire de Montréal, a souhaité que la cérémonie se déroule dans l’ancienne Fonderie Darling, une usine convertie (dans le cadre du projet) en un lieu d’exposition, principalement d’art visuel. «Montréal 2025» est également pour lui l’occasion de procéder à la rénovation de très nombreux bâtiments dans le secteur pour créer une dynamique d’innovation et séduire entrepreneurs et ingénieurs pour qu’ils s’y installent.
* 1 : Welcome to Skolkovo Valley
* 2: « sur son 36 » signifie « sur son 31 » au Québec
par Cedric Godart | Jan 22, 2026 | Innovation
Des photos sur Flickr. Des vidéos sur Youtube. Des échanges privés sur Gmail, Skype et Facebook. Rien de ce qui est privé ne semble pouvoir échapper aux indiscrétions de la NSA? Paranoïa ou besoin de discrétion, la question se pose de savoir si les données sont plus sûres de l’un ou l’autre côté de l’Atlantique.
Dans un épisode de la série « Person of Interest », le personnage Finch déclare que le gouvernement américain a créé Facebook pour que les utilisateurs alimentent eux-mêmes de gigantesques bases de données sur leur vie privée. La réalité a peut-être dépassé la fiction.
Edward Snowden, par qui le scandale est arrivé, a travaillé durant quatre ans pour la NSA, l’Agence de Sécurité Nationale américaine. On sait, grâce à lui, que deux collectes de données ont été opérées par Washington. L’une concerne l’opérateur Verizon et des données sur les appels de ses abonnés. L’autre associe le gratin des géants Internet. Ces entreprises – dont la plupart sont établies dans la Silicon Valley -, ont communiqué des photos, vidéos et courriels appartenant à des non-résidents, notamment en Europe.
Résumé de la situation par Olivier Ertzscheid, sur le blog Affordance.info: « La NSA surveille Google, Facebook et les autres. Google, Facebook et les autres nous surveillent. Nous savons vaguement que nous sommes potentiellement surveillés. Mais nous ne surveillons pas pour autant l’ensemble de nos interactions & conversations en ligne. »
Tim Berners-Lee, considéré comme l’inventeur du Web, estime que le programme PRISM représente une surveillance injustifiée et « une intrusion dans la vie privée des citoyens qui menace les fondements de la démocratie.»
A Radio Canada, Martin Lessard nous rappelle qu’à chaque check in, like, envoi de photo via les réseaux sociaux, nous façonnons de plus en plus précisément notre « ombre virtuelle ». Martin nous rappelle que nous sommes tous devenus de « petits points sur un écran dans le sous-sol d’une agence de sécurité quelque part aux États-Unis. »
Time to move?
Jusqu’à Prism, vous n’auriez peut-être jamais pensé retirer vos données personnelles de serveurs situés aux Etats-Unis: vos courriels sur Gmail, vos photos sur Skydrive, vos statuts Facebook, vos tweets et même vos appels via Skype. L’air de rien, les révélations d’Edward Snowden ont alerté les utilisateurs sur les risques d’héberger leurs données sur des serveurs localisés aux Etats-Unis. Tout bénéfice pour les éditeurs européens, bien décidés à profiter de leur insoumission à l’agence de sécurité américaine, la NSA.
Mobilisation dans l’Hexagone autour des champions locaux. Les données françaises doivent rester en France, semble indiquer la Ministre Fleur Pellerin (voir notre interview). «L’affaire Prism, si elle est avérée, rend pertinent de localiser les data centers et des serveurs sur le territoire national afin de mieux garantir la sécurité des données. Nous prenons, peut-être un peu tard, conscience de la nécessité d’être moins dépendants des infrastructures, des plateformes ou des points d’accès à Internet autres qu’européens.»
Pas un hasard si OBM est l’une des principales solutions groupware de l’Administration française. La suite, éditée par le groupe LINAGORA, est utilisée par de grands groupes publics et privés en France, mais également par les milieux universitaires. Son PDG, Alexandre Zapolsky, rappelle volontiers qu’«OBM a une empreinte unique sur le marché français. C’est la seule solution réellement Open Source capable d’offrir une alternative industrielle aux solutions de communication propriétaires.»
Et c’est loin d’être le seul exemple: Hubic, lancé par la société OVH Telecom, s’avance comme un nuage à la Dropbox entièrement géré à Roubaix, dans le Nord. L’air de rien, il est aujourd’hui le troisième hébergeur mondial, avec plus de 145.000 serveurs et 700.000 clients.
A Bruxelles aussi, certains se frottent les mains et rassurent les abonnés payants d’un service en ligne. «La plupart de demandes viennent de professionnels qui veulent s’informer sur la localisation de nos serveurs», souligne Patrick De Schutter, co-fondateur de la suite bureautique ContactOffice (un groupware d’origine belge concurrent d’Outlook, Zimbra et Google Apps). «D’autres demandes ont trait aux procédures en cas de demande d’information de la part d’instances officielles, ainsi qu’à nos politiques de sauvegarde et de sécurité. A toutes ces questions, nous leur répondons que les données de nos clients sont hébergées dans un centre de données en Belgique. Nous contrôlons entièrement nos serveurs : aucun sous-traitant n’a accès à nos infrastructures. Les autorités n’y ont pas davantage accès : elles doivent nous solliciter pour obtenir des données de nos clients. Nous ne les transmettons que si nous recevons un ordre signé du juge compétent.»
Reaction time
Une solution? Oui, selon Tim Wu, professeur de Droit à l’Université de Columbia. Il s’est exprimé à Londres il y a quelques jours et n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, nous portons la responsabilité de ce péché par omission : nous utilisons des services Internet qui communiquent des informations à la NSA. En quittant Facebook, en choisissant un autre moteur de recherche que Google, en évitant AOL, Yahoo, les canaux de surveillance s’éloignent de vous.
Face à ce scénario catastrophe, les géants de l’Internet US réagissent. Le risque est énorme que les utilisateurs se détournent de leurs nuages. Aucun acteur majeur du web ne semble échapper à la liste des entreprises soumises à l’indiscrétion: Apple, Google, Facebook, Yahoo!, Microsoft (Skype notamment), Amazon. Le 11 juin dernier, David Drummond, Chief Legal Officer de Google, rédigeait une missive à l’Attorney General et au FBI. Objectif: se défendre d’avoir communiqué des informations et jouer la transparence totale.
Patrick de Schutter (ContactOffice) insiste: «Notre métier consiste à héberger et protéger les données de nos clients et non à les analyser pour en tirer des profils marketing et afficher de la publicité.» Allusion à peine voilée à l’affaire Prism, mais également à la publicité contextuelle permettant à Outlook.com, Yahoo! Mail et bien entendu Gmail de rentabiliser leur gratuité.
Et la Commission européenne?
Dans une lettre évoquée par l’agence Reuters, la Commissaire Viviane Reding s’inquiète d’un «éventuel accès de grande ampleur aux données concernant les citoyens européens.» Elle réclame (encore timidement) des «explications et des éclaircissements sur le programme Prism, sur d’autres programmes américains relatifs à la collecte et à la recherche (de données) et sur la législation en vertu de laquelle de tels programmes peuvent être autorisés.»
Quels droits pour les Européens sur le sol américain? Depuis deux ans, l’UE tente (en vain) de négocier un accord transatlantique de protection des données qui limiterait l’accès des Etats-Unis aux données européennes.
D’autres opinions?
par Cedric Godart | Jan 22, 2026 | Tendances
Se localiser depuis son téléphone mobile, c’est banal, surtout dans la Vallée, mais quid des conséquences en matière de protection de la vie privée? Deux Universités font le point pour nous.
Il est devenu commun d’utiliser la puce GPS qui se trouve à l’intérieur de son téléphone pour se localiser. Les usages sont multiples: pouvoir déterminer l’endroit où vous vous trouvez pour annoncer le prochain bus disponible à San Francisco par exemple, mais aussi trouver le restaurant le plus proche, votre chemin via un guidage vocal et vos amis, où qu’ils soient sur la planète. En permettant à un smartphone Android de vous suivre à la trace via Latitude, où que vous alliez, vous pouvez obtenir de Google des statistiques très précises indiquant le temps passé au boulot, dans la voiture ou à la maison. Vous avez dit… intrusif?
Vous êtes suivis à la trace
Une étude universitaire vient d’être publiée dans Scientific Reports le 25 mars dernier. Le sujet est ultra-sensible, puisqu’il touche à des données personnelles. Cette étude a été menée par le MIT aux Etats-Unis et l’UCL en Belgique. Les données d’environ 1,5 million d’utilisateurs anonymes ont été analysées durant 15 mois. Sur la base des données collectées, les chercheurs ont pu identifier à peu près 50% des utilisateurs. « Identifier » signifie qu’on peut mettre un nom et un prénom sur des donnnés.
Et la controverse ne fait que commencer. Depuis des années, les opérateurs mobiles ont la capacité d’identifier l’antenne sur laquelle votre téléphone mobile est connecté. Ces données sont d’ailleurs utilisées par les forces de l’ordre – c’est logique – lorsqu’elles cherchent un suspect. Mais au-delà de l’antenne, la puce GPS donne désormais des données beaucoup plus précises, à quelques mètres près.
Depuis avril 2011, on sait qu’Apple et Google stockent les données de localisation régulièrement. Plusieurs fois par heure, un appareil Android envoie des informations à Google. Pareil pour Apple, Nokia, BlackBerry, Microsoft… Pour couper le robinet, la solution revient à désactiver les services de localisation. Mais cela n’empêche pas d’autres applications de transmettre votre localisation, avec votre autorisation, au cas par cas. Songez au nombre d’applis à partir desquelles vous pouvez définir le lieu précis où vous vous trouvez: Twitter, Instagram, Foursquare, Facebook, Yelp, Find my Friends, Badoo, Grindr, Google Maps. La liste est longue.
Aux Etats-Unis, on prend l’affaire très au sérieux
Un projet de loi vient d’être été déposé. S’il est adopté, il faudra désormais disposer d’un mandat avant de pouvoir obtenir des données de localisation auprès des éditeurs d’application et des opérateurs. Dans un monde d’infobésité où l’on accepte sans réfléchir des conditions générales sans les avoir lues, des voix s’élèvent. Il y a quelques mois, dans le Monde, un Professeur de l’Université de Namur (Belgique), Antoinette Rouvroy a mis en lumière une capacité absolument effrayante dont disposent désormais des compagnies privées, celle de pouvoir « gouverner les individus sans être des gouvernements ». Elle plaide pour que le flux d’informations collectées soit « interrompu pour pouvoir être analysé, évalué et contesté. »
Adapté d’une chronique radio pour la RTBF (Belgique)