par Ariane Zambiras | Jan 22, 2026 | Tendances
« Perk » signifie littéralement « avantage en nature », « à-côté », « privilège ». Difficile de retenir notre engouement et notre curiosité face aux perks que les Google, Apple and co. offrent à leurs employés : restaurants gourmets gratuits par-ci, vélos colorés mis à disposition sans-antivol par-là, ou encore terrains de beach-volley pour se détendre et profiter du soleil de la Silicon Valley entre midi et deux.
Nous entamons une série de vignettes dédiées à l’analyse de ces avantages en nature, et à la façon dont ils impactent le visage socio-économique de la baie.
Ces bus qui transforment le visage de la Silicon Valley
Première vignette : les shuttle bus, ces navettes mises en place par les géants de la Vallée, qui permettent aux employés de se rendre gratuitement entre leur lieu de vie (San Francisco) et leur lieu de travail (le Sud de la Baie).
Pour être au cœur du cool, de nombreux employés de la région choisissent d’habiter à San Francisco plutôt que dans le Sud de la baie. Près de 35 000 employés font chaque jour le trajet le long des autoroutes 101 et 280, et profitent du confort d’un « transport de masse » tout en douceur, avec une place assise garantie, le wifi, et l’assurance d’économiser une somme considérable qui n’est pas dépensée en essence, entretien de la voiture ou billet de Caltrain (qui permet aux San Franciscains de rejoindre le Sud de la Valley).
Une démarche altruiste ? Pourquoi les entreprises mettent-elles en place ces navettes
Qu’est-ce qui, du point de vue des entreprises, motive les dépenses considérables nécessaires à la mise en place des navettes ? La première réponse est la construction d’une image « green » et « sustainable », deux mots-clés très à la mode ici. Google explique par exemple que les véhicules utilisés roulent au biodiesel, et permettent ainsi d’éviter l’équivalent de ce que 4 000 voitures produiraient en CO2 par an.
Une deuxième raison, pragmatique mais un peu moins reluisante pour les entreprises, est que les parkings arrivent à saturation sur les campus qui s’étendent moins vite que le nombre d’employés. Le modèle « une place de parking par employé » n’est pas viable.
Il faut par ailleurs déployer des trésors d’ingéniosité pour séduire et fidéliser de nouvelles recrues de plus en plus volatiles, qui préfèreront signer avec l’entreprise qui leur propose le trajet maison-boulot le plus agréable.
Dis-moi où tu prends ta navette, je te dirai qui tu es
Même les petits en expansion mettent en place leurs navettes. Box, jeune entreprise de stockage de documents qui emploie 900 Boxers à Los Altos, a mis en place sa navette en janvier 2013. Un seul bus passe deux fois, matin et soir, dans San Francisco. La première navette part à 6h30 de La Marina, dans le Nord de la ville. Le quartier, plutôt propre et trendy, plaît surtout aux Boxers du service vente et marketing qui ont besoin de commencer la journée au plus tôt pour être en phase avec leurs homologues sur d’autres fuseaux horaires. Pour son deuxième passage, le bus emprunte un trajet différent et démarre à 9 heures dans SOMA, le quartier adjacent au centre-ville, qui a la préférence des programmeurs. Un Boxer qui emprunte la navette quotidiennement nous décrit l’atmosphère à bord : « beaucoup travaillent, font leur emails ou codent ; certains lisent, et peu jouent sur le téléphone ou finissent leur nuit. C’est majoritairement très productif. Des discussions sur l’industrie, sur un nouvel article ou un nouveau changement dans la boîte se lancent assez souvent. C’est un bon moyen de socialiser ».
Eric Rodenbeck et ses collègues de Stamen ont construit la carte la plus aboutie des trajets effectués par les navettes. Si vous envisagez un investissement immobilier dans la région, celle-ci pourra vous être très utile : plusieurs agents immobiliers ont en effet remarqué que les prix des logements s’envolent s’ils sont situés à proximité d’un arrêt de navette.
Navettes et gentrification des quartiers de San Francisco
Dans l’ère pré-navettes, seuls les quartiers situés aux alentours du Caltrain avaient vu le prix du mètre carré atteindre des sommets. La mise en place des navettes a favorisé la gentrification d’autres quartiers, notamment celui de Mission, et ce remplacement des habitants des quartiers pauvres par des nouveaux-venus à fort pouvoir d’achat est source de tensions sociales importantes. Puisque les employés, qui gagnent en moyenne 100 000 dollars par an, peuvent maintenant se payer le luxe d’habiter dans les quartiers sympathiques et vivants de San Francisco plutôt que dans les lotissements luxueux mais sans âme du Sud de la Vallée, et bien c’est ce qu’ils font, en masse, avec pour conséquences pêle-mêle : explosion des prix de l’immobilier dans les quartiers concernés, augmentation des ressources fiscales pour la ville, renouveau des service proposés, disparition des lieux communautaires traditionnels.
Les mécontents
Ils sont nombreux et imaginatifs, comme en témoigne cette série de tracts qui a fleuri dans les rues du quartier de Mission pendant le boom des dot.com au tournant des années 2000.
On assiste à des bastonnades de piñatas à l’effigie des Google bus lors de « fêtes de quartier anti-gentrification » dans Mission.
Cliquer ici pour une étude plus spécifique des évictions dans le quartier de Mission, on pourra lire l’essai San Francisco’s Hidden Housing History, de James Tracy.
Suburbia vs. Hipsteria
La mise en place du système de navettes favorise l’inversion du schéma classique des grandes villes américaines selon lequel les travailleurs habitent en banlieue (suburbia), viennent travailler en centre ville jusqu’à 18 heures, et repartent rapidement vers leur pavillon résidentiel avec garage intégré – une dynamique qui laisse les touristes européens arpenter les rues désertes et pleine de courant d’air à la recherche d’un « restau sympa » entre les gratte-ciel.
A San Francisco, c’est l’inverse. Les quartiers urbains s’animent le soir aux sons chauds des taquerias, des restaurants et bars « concept » qui sentent bon le neuf, et des messes mexicaines dont la musique enjouée déborde sur les trottoirs. Ce mélange éclectique est de plus en plus le royaume des trentenaires aux pantalons serrés (pour mieux chevaucher leur fixie chéri, vélo à pignon fixe dont ils ne tiennent le guidon que d’une main, l’autre étant en train d’envoyer un SMS). Les techies font vivre à leur manière San Francisco, a.k.a. hipsteria, avant de s’échapper au petit matin vers les banlieues homogènes pour écrire des lignes de code qui rendront notre vie technologique toujours plus belle.
Conclusion : les passagers clandestins
On le voit, la mise en place des navettes produit du bon (impact pro-environnemental, maximisation du bien-être des employés, développement de nouveaux quartiers) et du moins bon (expulsion des habitants les plus pauvres hors de la ville, perte de la mixité sociale qui est pourtant l’une des forces de SF).
La coexistence entre un système de transport public accessible à tous et les navettes des compagnies privées pose plus largement la question du « passager clandestin » (free-rider). Ce concept, qui sera familier aux économistes, fait référence à une personne qui obtient un avantage sans avoir contribué à la mise en place de la structure qui lui fournit cet avantage. L’exemple classique est celui du passager de métro qui a sauté les barrières plutôt que de payer son titre de transport pour arriver à destination.
Les navettes privées sont-elles les « freeriders » des infrastructures publiques de San Francisco ? Oui, si l’on considère l’utilisation qu’elles font des emplacements d’arrêts de bus publics, l’encombrement des voies de bus municipales aux heures de pointes, et l’impossibilité pour la ville de réguler les trajets des navettes afin de faire respecter la tranquillité des résidents face aux bus surdimensionnés qui dévalent les petites routes pentues de la ville.
Il serait cependant contre-productif de condamner sans réfléchir ces initiatives privées qui ont réussi à mettre en place un système efficace de transportation de masse. Pour conclure cet article sur un point d’optimisme, on pourrait très bien voir se dessiner des formes de coopérations mutuellement bénéfiques, comme la contribution financière de la part des entreprises pour l’utilisation par leurs navettes des infrastructures publiques, un meilleur contrôle des loyers, la mise en place par les agences publiques d’un nombre plus important de voies d’autoroute réservées aux bus et véhicules hybrides pendant les heures de pointes. The sky is the limit ! Et nous on y va en bus.
Ariane Zambiras
par Nicolas Bassand | Jan 22, 2026 | Tendances
Au revoir Septembre ! Il y a un mois déjà, sonnait l’heure de la rentrée. Nos chers enfants reprenaient le chemin de l’école, pleins de bonnes résolutions pour ce « millésime » 2013/2014. Et vous, quelles sont vos résolutions ?
La nôtre, c’est de continuer à garder un œil grand ouvert sur cette région dynamique qu’on aime. Pendant que l’été indien fait en ce moment le bonheur des habitants de San Francisco, l’agitation entrepreneuriale bat son plein dans la cour de récré de la Silicon Valley. « Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort » pourrait être la devise locale si elle n’était pas déjà utilisée comme cri de guerre à quelques dizaines de milliers de kilomètres d’ici, au sein d’un Fort qu’on appelle Boyard.
Pour vous aider à garder vous aussi un œil agile sur l’arène de l’innovation et des nouvelles technologies, nous vous avons réservé un petit cadeau pour le goûter : une sélection de 20 comptes Twitter à ajouter dans votre liste de suivi !
Certains noms vous seront bien entendu familiers, d’autres un peu moins, certains peut-être pas du tout. Pour vous, chers amis entrepreneurs, geeks, innovateurs, ou simplement curieux, voici notre sélection.
ALEXIA TSOTSIS – @alexia
Coéditrice de TechCrunch, le blog de référence pour les nouvelles les plus fraîches de la scène internet et technologique. Fondé il y a 8 ans, TechCrunch réunit 12 millions de visiteurs par mois et 2 millions de followers sur les réseaux sociaux.
CHRIS DIXON – @cdixon
Venture Capitalist chez Andreessen Horowitz. A défaut de ne pas encore être entré « dans le cercle » de la fameuse entreprise de capital-risque, suivez l’actualité de l’un de ses membres phares.
CHRIS SACCA – @sacca
Investisseur, conseiller en investissement et conférencier, Chris Sacca est l’ancien directeur des Initiatives Spéciales chez Google. Avouez-le…vous aussi vous avez rêvé au moins une fois de voir ce titre écrit sur votre carte de visite.
CHRIS SHIPLEY – @cshipley
Chris Shipley évolue auprès de l’écosystème de startups et de la scène technologique : cofondatrice et CEO de l’incubateur Guidewire Labs, elle est également l’ancienne productrice de DEMO, une conférence dédiée à révéler des nouvelles technologies à travers des startups sélectionnées.
DAVID POGUE – @pogue
Une petite exception avec un personnage extérieur à la Silicon Valley. Il est le célèbre chroniqueur IT du New York Times et il serait dommage de passer à côté.
ELON MUSK – @elonmusk
Icône de la scène de l’innovation dans la Vallée, il est le fondateur de SpaceX, l’entreprise de transport spatial, et le cofondateur de Tesla Motors, l’entreprise de véhicules électriques que l’on ne présente plus. Vous connaissez sûrement PayPal ? Et bien c’était également lui.
ERIC SCHMIDT- @ericschmidt
Si vous n’avez pas encore réussi à l’inviter à déjeuner, vous pourrez retrouver sur Twitter celui qui a été à la tête de Google pendant 10 ans et qui occupe aujourd’hui la présidence du Conseil d’Administration.
GUY KAWASAKI – @GuyKawasaki
Il est l’ancien « Chef évangéliste » chez Apple et l’inventeur de ce concept d’évangélisme appliqué aux nouvelles technologies. Guy Kawasaki est une référence dans la Silicon Valley, célèbre aujourd’hui en tant que conférencier et auteur…mais également cofondateur du site d’agrégation de nouvelles Alltop et enfin fondateur de Garage Technology Ventures, entreprise de capital-risque. Ne rougissez pas, votre CV est impressionnant aussi. Ou le sera bientôt.
JACK DORSEY – @jack
Personnage iconique de la génération des réseaux sociaux, Jack Dorsey est à Twitter ce que Paul Bocuse est à la cuisine française…en d’autres termes l’un des piliers fondateurs ! Il est également le fondateur de Square, une entreprise qui est en train de révolutionner le marché du paiement mobile. On vous a déjà dit que votre CV était impressionnant aussi et que ce n’était pas la peine de rougir !
JEFF WEINER – @jeffweiner
Il est le CEO de LinkedIn, le célèbre réseau professionnel que vous utilisez notamment pour vos recherches d’emplois et sur lequel vous ne postez pas vos photos de soirées et vacances.
JOHN DOERR – @johndoerr
Venture Capitalist chez KPCB, il est tout simplement l’un des capital-risqueurs les plus connus dans la Silicon Valley. En parlant de risque, vous n’en prendrez aucun en le suivant sur Twitter.
KEVIN ROSE – @kevinrose
General Partner chez Google Ventures et entrepreneur en série, il est très actif sur internet et sur Twitter. Il est reconnu comme une voix influente de cet écosystème qu’on affectionne.
LOIC LE MEUR – @loic
Le français de la liste ! Loic Le Meur, celui qui nous avions surnommé « le Zinédine Zidane du web », est un célèbre bloggeur, chroniqueur et entrepreneur installé dans la Silicon Valley. Il est également l’organisateur de LeWeb, la conférence annuelle qui vous amène le meilleur de la Vallée, d’internet et des nouvelles technologies en Europe (Paris et Londres).
MARINA GORBIS – @mgorbis
Auteur du livre La Nature du Futur, elle est la Directrice de The Institute for the Future, une organisation de recherche présente dans la Silicon Valley depuis 45 ans et qui se spécialise dans les études prospectives et les méthodes quantitatives de recherche sur le futur.
MARISSA MAYER – @marissamayer
Qui n’a pas entendu parler de Marissa Mayer ? Présidente et CEO de Yahoo! depuis 2012, elle est reconnue comme l’une des femmes les plus influentes dans la sphère business aux Etats-Unis. Icône de la Silicon Valley, elle est le visage d’une nouvelle génération de dirigeantes.
OM MALIK – @om
Il est le fondateur de GigaOM, une entreprise de média associée à gigaom.com, un blog de nouvelles, d’analyse et d’opinions sur l’industrie des technologies émergentes et des startups. Om Malik est également Partner chez l’entreprise de capital-risque True Venture basée à San Francisco.
PETE CASHMORE – @petecashmore
Il est le fondateur et CEO de Mashable.com, une source N°1 d’information sur l’innovation digitale, réunissant 20 millions de visiteurs uniques par mois. N’essayez pas de nous faire croire que vous aviez réussi à générer plus de trafic avec votre Skyblog.
PETER DIAMANDIS – @PeterDiamandis
Passionné d’innovation, défenseur des technologies du futur et de leurs bienfaits positifs possibles pour la société, il est le fondateur de Singularity University et de la fondation X Prize : à travers une institution d’éducation et une fondation organisatrice de prix internationaux d’innovation, Peter Diamandis veut placer la barre très haut et entend résoudre les grands défis de l’espèce humaine.
RICHARD BRANSON – @richardbranson
Voici la deuxième (et dernière, promis) exception à cette liste Made In Silicon Valley. Cette liste se devait en effet d’inclure l’un des personnages contemporains qui suscite le plus d’inspiration dans le monde des affaires, et même au-delà. Parce que l’innovation, c’est aussi une question d’inspiration. Sir Richard Branson, fondateur du groupe Virgin, dans votre « carnet d’adresses » Twitter, ce n’est pas beau ?
ROBERT SCOBLE – @Scobleizer
Robert Scoble est devenu célèvre à travers Scobleizer, un blog dédié à l’ère d’internet et des technologies de l’information et qu’il a lancé lors de ses années chez Microsoft, lorsqu’il était évangéliste technologique. Amen.
par Loic Chollier | Jan 22, 2026 | Tendances
À chaque fois que quelqu’un arrive en visite ou plus durablement, une étape obligée est celle de la “Description des modes de transport à SF”. Cela est d’autant plus vrai pour une ville comme San Francisco faisant deux fois et demi la taille de Lyon et où la voiture sert davantage de support pour stickers que de réel moyen de transport.
Alors, quelles sont les options ? Sans surprise, c’est sur votre mobile que se trouvent les bonnes options. Présentation joyeuse et exhaustive par Loic Chollier, que vous pouvez également lire sur son blog personel.
Le MUNI
Les métros et tramways n’étant pas très évident à mettre en place dans une ville aussi vallonnée et sujette aux tremblement de terre, le moyen de transport “public” le plus utilisé reste le bus. Il peut vous emmener à Ocean Beach ou Downtown et Marina ou Mission. San Francisco dispose tout de même de quelques lignes de tramway et métro mélangées principalement axées sur Market St., rue principale qui sépare la ville en deux de manière diagonale.

L’abonnement est à 64$ / mois pour un usage illimité, 74$ / mois si vous décidez d’aller habiter (ou travailler) au bout du monde et que vous devez donc prendre le BART (équivalent du RER pour les Parisiens) quotidiennement dans les limites de la ville de San Francisco.
Viennent maintenant les solutions un peu plus innovantes et qui justifient cet article.
Uber / Side Car / Lyft : chauffeurs sur demande
Vous avez certainement déjà entendu parler d’Uber, ils sont présent à Paris et depuis peu à Lyon. Partie d’un service un peu “luxe” proposant d’obtenir très rapidement un chauffeur privé depuis une application iPhone, la société a fait évoluer son offre pour ici nous proposer d’appeler directement des Taxis (ils restent cependant aussi cons que les autres), des UBERx qui sont des voitures plus banales, pas forcément noires et généralement hybrides, ainsi que les traditionnels Black Car et SUV.
Les Ubers, bien que proposant un service de qualité, restent un peu plus chers que les Taxis.
Vient ensuite Lyft, qui est l’application générant le plus de wow-effect. À la façon d’Uber, via l’application iPhone (ou Android), il est possible d’appeler une voiture qui vous emmène où bon vous semble. Le plus ? la course est généralement 30% moins chère qu’un taxi, vous n’avez pas à sortir de cash puisque vos informations de paiement sont directement intégrées dans l’application et surtout les chauffeurs font de leur mieux pour vous rendre le trajet agréable : il est courant qu’en rentrant dans un Lyft, le chauffeur vous fasse un check amical avec le poing en se présentant puis vous propose de mettre en charge votre téléphone, passer la musique que vous voulez ou vous demande si vous avez faim ou soif puis vous propose de quoi se revigorer.
Le Lyft est facilement reconnaissable en ville puisqu’il arbore toujours sa moustache rose sur la calandre. On assiste même à un phénomène de Pimp-my-Lyft, certains chauffeurs faisant preuve d’originalité pour démarquer encore plus leur auto.
SideCar est un service similaire à la différence près qu’il s’agit d’un service dit de matching : les conducteurs obtiennent à l’avance la destination voulue et peuvent la décliner si elle ne correspond pas à leur itinéraire original. On rentre là plus dans une logique de “Ride-sharing”, ce qui, d’après les fondateurs, serait un modèle plus fiable et durable, évitant la pollution superflue.
Les conducteurs de ces services sont des particuliers comme vous et moi, cherchant à arrondir leurs fins de mois. Certains en ont fait cependant leur activité principale, réalisant qu’ils gagnaient plus qu’avec leur travail d’origine. À titre d’exemple, Lyft fait de la publicité sur Facebook annonçant des revenus jusqu’à 35$ / heure.
Avec cela se pose le problème de la sécurité ainsi que la grogne évidente des chauffeurs de Taxi licenciés. Ces sociétés ont profité jusque là d’une gray-area (zone grise) dans la loi Californienne et font passer les paiements pour des donations optionnelles. En pratique vous pouvez donc voyager gratuitement mais vous serez notés à la baisse et votre “karma” dans l’application baissera en conséquence ce qui ferait diminuer vos chances d’obtenir un chauffeur. Tout cela ayant des limites, des plaintes ont été déposé devant l’Etat de Californie mais ils ont temporairement trouvé des arrangements financiers permettant de mettre à plat la situation.
ZipCar / Get Around / Scoot : véhicules sur demande
Enfin, pour des excursions un peu plus longues, reste toujours la possibilité de louer une voiture ou un scooter à la demande et sans passer par les agences de location traditionnelles, lesquelles n’auront aucun scrupule à essayer de vous extorquer le plus de dollars possible en vous vendant des assurances optionnelles à gogo ou en appliquant une surcharge si vous avez moins de 25 ans.
Le service proposé par Zipcar est un peu similaire à ce qu’offre Autolib’ en France (en mieux) : il y a deszipcars un peu partout en ville louable à l’heure ou à la journée, situées dans des parkings à ciel ouverts, dans les garages de résidences etc. Il est possible de réserver à l’avance une voiture via leur site web ou comme toujours avec l’application smartphone. Sont compris dans le tarif : l’assurance, la location ainsi que l’essence. Pour récupérer le véhicule, il suffit de passer votre carte de membre sur le pare-brise, elle s’ouvre et les clés sont à l’intérieur, vous n’avez plus qu’à démarrer. Le hic pour moi ? il faut avoir un an de permis (Californien ou international) pour utiliser le service.
C’est là qu’intervient Getaround, cette compagnie propose aux propriétaires n’utilisant que peu leur voiture de la louer à d’autres particuliers. Le service est simple et efficace, pour récupérer la voiture il suffit de fixer un rendez-vous avec le propriétaire. Un certain nombre d’entre elles sont également équipées du CarKit, on peut donc ouvrir les voitures réservées à l’aide de l’application iPhone et récupérer les clés qui sont à l’intérieur. Les tarifs sont assez intéressant, il faut cependant rendre la voiture avec le même niveau d’essence et on peut trouver sur internet des Coupons (de réduction) permettant d’utiliser le service à prix très avantageux les première fois. C’est comme ça que je suis allé chercher ma mère à l’aéroport en Mercedes C300 pour 2.12$ !
Enfin, Scoot Networks proposent de la location de Scooter électrique pour une durée maximale de 48h (après cela il faut un permis mobylette selon la loi Californienne…). Le principe une fois de plus est simple, on peut réserver son scooter via leur site web ou l’application smartphone : s’affichent les disponibilités selon les garages ainsi que l’état de charge de la batterie du deux roues. Les prix varient selon le plan choisi mais cela reste très abordable (5$ la première heure puis 1$ / heure pour mon cas).
Voilà pour ce petit dossier sur les modes de transport à SF, pour être tout à fait exhaustif, on aurait aussi pu mentionner les fixies, très en vogue ici. Si la question du vélo vous intéresse, on vous renvoie vers notre précédent article.
Si la lecture vous a plu et vous a paru utile n’hésitez pas à le signaler à son auteur (loic@chollier.com).
par Basile Michardiere | Jan 22, 2026 | Tendances
La formation à la programmation web est une des tendances majeures dans la Silicon-Valley : trouver un emploi ou sauver la planète, pour les gurus de la région, rien ne serait impossible pour qui maitrise ces nouvelles techniques.
Simple mode ou déclinaison californienne d’un phénomène historique ? Basile Michardière vous propose un retour en arrière éclairant pour mieux analyser cette tendance et en pointer les limites.
Code Mania
Trouver un emploi, protéger l’environnement ou bien encore réduire les déficits publics, autant de défis auquel les gurus de la Silicon-Valley apportent une réponse unanime, l’apprentissage du code. L’heure est à l’enthousiasme le plus ébahi et les initiatives fleurissent de toutes parts. CodeForAmerica.com, par exemple, propose de rassembler développeurs et administration pour travailler ensemble à la modernisation du service publique. De la même manière, GirlsWhoCode.com, comme des centaines d’associations locales, Hackerspaces en tête, explorent les manières dont la technologie pourraient apporter des solutions opérationnelles et à bas prix aux défis de la société américaine.
À cet emballement collectif s’est ajouté la grave pénurie d’ingénieurs dans la Silicon Valley: il n’en fallait pas plus pour voir ouvrir un marché de la formation aux techniques de développement. Les écoles spécialisées, comme DevBootCamp ou encore Code Academy, proposent en échange de quelques milliers de dollars une formation éclair, job-ready. Cependant, c’est évidemment surtout en ligne que l’on trouve la majorité de ces coding-school: le poids-lourd de l’e-Learning SkillsShare, CodeSchool.com, CodeRacer.com, TheCodePlayer et tant d’autres encore. Qu’importe le choix final, le discours est toujours le même: acquérir ces nouvelles techniques vous ouvriront des opportunités d’emploi nouvelles.
Le projet Code.org, soutenu par les pontes de la Valley et dont la vidéo de promotion a été vu plus de 10 millions de fois, cristallise parfaitement ces fantasmes.
httpvh://www.youtube.com/watch?v=nKIu9yen5nc
1856 – 1960s – 2013 : La technologie sauvera le monde
Prendre du recul, sortir la tête du guidon – appelez cela comme ça vous chante, l’idée est là : la compréhension du présent passe souvent par l’étude du passé. Retour en arrière de 150 ans.
1856: Le français Auguste Compte publie Discours sur l’Esprit Positif et bouleverse les salons philosophiques parisiens avec une idée révolutionnaire -disruptive?- : seul le savoir scientifique peut permettre de changement du monde. La maitrise technologique, de la locomotive à vapeur au télégraphe, va permettre aux hommes d’être enfin maître de leur destin.
1960s. L’équipement électroménager s’est bien installé dans les chaumières, le BAC C règne toujours sans partage et, tenez vous bien, dans 30 ans les voitures auront des ailes. Cela ne fait aucun doute, la technologie va sauver le monde.
2013: « Understanding technology and be able to control it is now as fundamental as being able to read and write »
Treehouse est une entreprise leader dans l’enseignement online
httpvh://www.youtube.com/watch?v=ZUAg51kA42M
Que nous apprend l’Histoire ?
Simplement que la croyance dans une technologie messianique est récurrente tout au long de l’histoire moderne. Plus encore, on isole facilement les facteurs qui déterminent cette mélodie : une vague d’avancées scientifiques permet de concevoir et produire des objets nouveaux, s’en suit une période de croissance économique forte. L’horizon semble alors infini et les rêves les plus fous peuvent éclore.
Les avancées majeures au milieu du 19ème siècle, notamment la meilleure maitrise de l’acier et de la mécanique, ont permis une forte croissance en Europe et aux USA, dont les expositions universelles sont les meilleurs témoins. De la même manière, la fée électricité -une expression qui en dit long- permet, entre autre, la massification de produits d’équipement et inonde les inconscients avec la conviction que rien ne peut arrêter la marche vers un monde meilleur. Enfin, au tournant des années 2000, les découvertes dans les domaines de la micro-électronique autorisent entrepreneurs et grands groupes à écrire un monde sans frontière, connecté partout et tout le temps.
Des mécanismes scientifico-économiques identiques ont des conséquences similaires sur les consciences et croyances. Continuons ainsi notre jeu des parallèles historiques.
1865: les travaux de modernisation de Paris mené par le Baron Hausmmann commencent à peine et concentrent déjà tous les espoirs. La construction d’un système d’égouts efficace permettra d’assainir Paris, les hygiénistes en sont convaincus. Un siècle et demi plus tard, tous les experts s’accordent pour dire que la technologie est le premier levier d’une ville plus propre, que l’on pense au projet Smart City porté par les archanges de la Valley, de Bizstone à Zuckerberg. Décidemment, de Hausmann aux GreenTech, il n’y a toujours qu’un petit pas.
httpvh://www.youtube.com/watch?v=PlaJOE8yflo
À l’inverse, les travaux d’aménagement des boulevards entrepris par Haussmann avaient pour objectif inavoué de créer des avenues larges censées faciliter l’intervention de l’armée en cas de révolte du peuple parisien. L’urbanisme et la technologie (ici, l’utilisation de machine nouvelles et des techniques de construction novatrices) au service d’un régime autoritaire ont fait scandale à l’époque. Vous y êtes ? N’observons-nous pas exactement la même critique avec les problématiques de cyber-surveillance actuelles ? Ne reprochons-nous pas à nos gouvernant de mettre en place des systèmes de surveillance sous le couvert de préoccupations administratives ? Georges Orwell likes this.
Moralité : la frénésie actuelle autour de l’apprentissage du code n’est rien de plus qu’une réaction mécanique au progrès technologique. Tout au long de l’Histoire, les avancées scientifiques ont crée des possibles nouveaux, favorisant les rêves les plus fous et les craintes les plus paranoïaques. La Code Mania à l’oeuvre dans la Silicon-Valley n’en est qu’une illustration parmi tant d’autres mais se singularise par sa large pénétration dans la conscience collective.
De fait, on observe à quelle vitesse et avec quelle efficacité la Silicon-Valley a transformé ce retour de la technologie en une idéologie tenace. Plus encore, ce « cyber-utopisme », selon le mot de Evgeni Morozov, s’est rapidement muté en un business de la formation où la maitrise de la technologie s’échange contre plusieurs milliers de dollars et quelques semaines de formation.
par Cedric Godart | Jan 22, 2026 | Tendances
Le mariage pour tous a été voté en France le 22 avril dernier, dix ans après la Belgique. Curieux hasard: la Cour Suprême des Etats-Unis étudie depuis mars une reconnaissance fédérale des same-sex marriages, aux implications historiques en matière d’immigration. Décision en juin: le cortège de la SF Pride s’y prépare?
Les manifs pour tous se poursuivent en France, après le vote du Mariage pour tous. L’association milite pour l’abrogation de la loi votée le 22 avril dernier en France. Si 46% des Français (IFOP) estimaient début avril qu’il s’agissait d’une bonne mesure, de l’autre côté de l’Atlantique, on se montre bien plus ouvert à la question. Un sondage publié en mars dernier par le Washington Post et ABC News inquait que 58% des Américains se prononcent désormais en faveur du droit des homosexuels à se marier – ils étaient à peine 37% en 2003 -: 72% parmi les démocrates, 34% parmi les républicains et 62% chez les indépendants. Les femmes montrent plus de tolérance (61%) que les hommes (54%) à ce propos, même si l’écart est mince.
Les 26 et 27 mars dernier, La Cour suprême des Etats-Unis a siégé pour examiner la question du « mariage pour tous », encore interdit au niveau fédéral, mais pratiqué dans neuf Etats américains.
Le 26 mars, le débat portait sur le 14e amendement de la Constitution des Etats-Unis sur la protection de l’égalité des droits. Les juges devaient statuer sur l’interdiction en Californie de proclamer que le mariage doit être conclu « entre un homme et une femme ». Objectif: invalider la Proposition 8, le référendum qui a interdit le mariage homosexuel dans l’Etat en 2008. Le lendemain, le litige portait sur l’octroi au niveau fédéral de droits qui sont refusés aux couples de même sexe – même légalement mariés sur le sol américain ou ailleurs – : sucession, déclaration commune (impôts), couverture santé et fiscalité.
La décision de la Cour suprême ne sera pas rendue avant l’été, mais elle pourrait voir tomber plusieurs barrières à l’immigration des couples de même sexe. Même dans le camp républicain, on se montre de plus en plus ouvert à la question, selon le site immigrationequality.org. Les 130 signataires du document comptent d’anciens gouverneurs, des parlementaires et même plusieurs membres de l’administration de George W. Bush (Ndlr: l’Administration Obama y est dans son ensemble largement favorable, sous l’impulsion notamment du Président et de Hilary Clinton). On peut y lire:
«Depuis que le Massachusetts et d’autres États ont fait du mariage civil entre personnes du même sexe une réalité, [les signataires], comme beaucoup d’Américains, ont réexaminé les faits et leur position et ont conclu qu’il n’y a pas de raison légitime ou basée sur des faits pour refuser aux couples homosexuels la même reconnaissance qu’aux couples hétérosexuels.»
Une décision favorable de la Cour Suprême donnerait de l’espoir aux très nombreux couples de même sexe présents ou désireurs d’émigrer dans la Baie, puisqu’elle permettrait d’accorder à l’époux un VISA conforme à celui délivré à des couples hétérosexuels. La question se posait jusqu’ici pour les couples mariés en Belgique (depuis 2003). Viendront s’ajouter désormais les couples mariés en France, suite à la légalisation du mariage homosexuel le 22 avril dernier.
Curieux hasard des calendriers des deux côtés de l’Atlantique! Si la Cour Suprême des Etats-Unis ne rendra probablement pas son avis avant le mois de juin 2013, les premières unions ne pourront être célébrées en France qu’en juin de cette même année, un événement que la Ville de San Francisco pourra saluer depuis l’impressionnant cortège de la SF Pride 2013, les 29 et 30 juin prochains.
par Cedric Godart | Jan 22, 2026 | Tendances
Dans la Vallée, les écrans ne manquent pas, du BART au fitness en passant par le salon. Et ils ne se font pas forcément la guerre. Ils seraient même plutôt complémentaires.
Basée à San Francisco, la société Flurry publiait en décembre 2012 une étude sur le temps passé avec les applications mobiles. Plus de deux heures, en vérité, 127 minutes, soit une augmentation de 35% par rapport à l’année précédente. Pour Flurry, les terminaux mobiles viennent désormais grignoter du temps passé devant le téléviseur familial, mais pas forcément du temps passé devant des programmes télévisés.
La télévision, nouvelle définition
La BBC vient de publier une passionnante étude sur la consommation d’information à l’heure du numérique menée par Insites auprès de 3.600 personnes dans 9 pays, dont la France et les Etats-Unis – une aubaine pour nous, permettant de constater que le phénomène n’est pas l’apanage de la Baie. Pré-requis pour y participer: disposer d’au-moins trois écrans (ordinateur, téléviseur, tablette, smartphone).
Sans surprise, les jeunes actifs entre 25 et 34 ans sont les plus gros utilisateurs de tablettes en complément de la télévision. Regarde-t-on, lorsqu’on possède ces multiples écrans, plus ou moins de télévision? Affirmatif! 43% de plus qu’il y a 5 ans. Ce qu’il est convenu d’appeler le second écran entre petit à petit dans le quotidien. On utilise une tablette pendant qu’on regarde la télévision. Ca aussi, c’est nouveau. 83% des utilisateurs de tablettes ont déjà regardé des programmes télévisés via ce support. Pour l’instant, le bon vieux téléviseur du salon domine. On passerait 42% de notre temps devant la télé, contre 29% devant son ordinateur, 18% sur son smartphone et à un petit 10% pour la tablette.
Quel type d’information consulte-t-on? L’info internationale fait quasi jeu égal avec l’info locale aux yeux des téléspectateurs: 84% contre 79%. 61% pour l’économie et la finance, 56% pour le sport, 43% pour le divertissement et la culture.
Plus d’écrans, pas de bataille
Selon la BBC, à chaque moment de la journée correspond un écran. Aux alentours de 13h, on privilégie les smartphones et les ordinateurs portables. A partir de 17h, la télé de salon reprend ses droits. Une fois 19h, le poste de télé dépasse de 50% tous les autres concurrents potentiels. A chaque moment, mais aussi à chaque « occasion » son terminal. Le téléviseur reste à 42% le premier moyen d’information en cas d’événement – ce que l’on appelle dans le jargon des « breaking news » -. 66% des sondés vont ensuite chercher des suppléments d’information sur Internet: ordinateur portable ou tablette.