Vous pensiez regarder la télé moins qu’avant?

Dans la Vallée, les écrans ne manquent pas, du BART au fitness en passant par le salon. Et ils ne se font pas forcément la guerre. Ils seraient même plutôt complémentaires. 

Basée à San Francisco, la société Flurry publiait en décembre 2012 une étude sur le temps passé avec les applications mobiles. Plus de deux heures, en vérité, 127 minutes, soit une augmentation de 35% par rapport à l’année précédente. Pour Flurry, les terminaux mobiles viennent désormais grignoter du temps passé devant le téléviseur familial, mais pas forcément du temps passé devant des programmes télévisés.

La télévision, nouvelle définition

La BBC vient de publier une passionnante étude sur la consommation d’information à l’heure du numérique menée par Insites auprès de 3.600 personnes dans 9 pays, dont la France et les Etats-Unis – une aubaine pour nous, permettant de constater que le phénomène n’est pas l’apanage de la Baie. Pré-requis pour y participer: disposer d’au-moins trois écrans (ordinateur, téléviseur, tablette, smartphone).

Sans surprise, les  jeunes actifs entre 25 et 34 ans sont les plus gros utilisateurs de tablettes en complément de la télévision. Regarde-t-on, lorsqu’on possède ces multiples écrans, plus ou moins de télévision? Affirmatif! 43% de plus qu’il y a 5 ans.  Ce qu’il est convenu d’appeler le second écran entre petit à petit dans le quotidien. On utilise une tablette pendant qu’on regarde la télévision. Ca aussi, c’est nouveau. 83% des utilisateurs de tablettes ont déjà regardé des programmes télévisés via ce support. Pour l’instant, le bon vieux téléviseur du salon domine. On passerait 42% de notre temps devant la télé, contre 29% devant son ordinateur, 18% sur son smartphone et à un petit 10% pour la tablette.

Quel type d’information consulte-t-on? L’info internationale fait quasi jeu égal avec l’info locale aux yeux des téléspectateurs: 84% contre 79%. 61% pour l’économie et la finance, 56% pour le sport, 43% pour le divertissement et la culture.

Plus d’écrans, pas de bataille

Selon la BBC, à chaque moment de la journée correspond un écran. Aux alentours de 13h, on privilégie les smartphones et les ordinateurs portables. A partir de 17h, la télé de salon reprend ses droits. Une fois 19h, le poste de télé dépasse de 50% tous les autres concurrents potentiels. A chaque moment, mais aussi à chaque « occasion » son terminal. Le téléviseur reste à 42% le premier moyen d’information en cas d’événement – ce que l’on appelle dans le jargon des « breaking news » -. 66% des sondés vont ensuite chercher des suppléments d’information sur Internet: ordinateur portable ou tablette.

Firefox veut réveiller la Vallée (et le monde)

Firefox veut réveiller la Vallée (et le monde)

En pleine affaire « AppGratis versus les censeurs d’Apple », Mozilla révise la grammaire du web, même mobile. Firefox, libérateur d’une Silicon Valley retombée amoureuse du grand méchant Compuserve?

Début avril, le projet Mozilla célébrait un anniversaire, celui des 15 ans de la livraison du code-source de Netscape  – ancienne gloire déchue des navigateurs Internet -. Une communauté allait donner naissance à Mozilla 1.0 quatre années plus tard. A l’époque, neuf ordinateurs sur dix dans le monde utilisaient Internet Explorer.

En 2003, la Fondation Mozilla est créée, organisme sans but lucratif. Son projet le plus connu et emblématique, Firefox 1.0, sera publié en 2004. En moins de douze mois, le butineur sera téléchargé plus de 100 millions de fois. En 2008, il représente déjà 20% du « marché ».

 

« Not every venture is about capital »*: c’est sous cette bannière que la Fondation Mozilla se démarque aujourd’hui, plus que jamais, de ses contemporains dans la Silicon Valley. Peu le savent, mais le quartier général de la Fondation est situé à Mountain View, à quelques « blocks » de celui de Google. D’autres bureaux ont été ouverts, non loin de là, à San Francisco, sur Harrison Street, à deux pas du Bay Bridge.
De l’autre côté de l’Atlantique, son pendant européen, incarné par l’infatigable Tristan Nitot, disposera désormais de bureaux bien plus spacieux et prestigieux. Son siège est situé à l’Hôtel de Mercy-Argenteau, comme le rapportaient en images le 4 avril nos confrères du Journal du Net.

Et le recrutement ne faiblit pas: « Nous avons plusieurs dizaines de recrutements en cours, notamment pour l’équipe de développement de Firefox OS », confiait alors au Journal du Net le Président et Fondateur de Mozilla Europe.

Le mobile, son prochain « chapitre »

Ce 11 avril, des changements ont été opérés auprès de l’équipe de direction. Gary Kovacs se retire du poste de CEO (qu’il occupait depuis 2010) et sera remplacé dans le courant de l’année (la recherche active est en cours urbi et orbi). Objectif? la mobilité!

Outre le navigateur de bureau (celui que vous utilisez sur n’importe quel ordinateur Windows, Mac OSX ou Linux), Mozilla a développé Firefox pour Android (sur smartphone et sur tablette), puis a lancé début 2013 les fondations de FirefoxOS, un système d’exploitation 100% web/HTML5, destiné non pas à concurrencer de manière frontale les ténors du secteur (Android, iOS, Windows Phone et BlackBerry 10), mais à offrir une alternative aux systèmes et app stores actuels en plaçant l' »Internet libre » au coeur des technologies mobiles.

Destiné dans un premier temps à l’entrée de gamme et aux marchés émergents, Firefox OS entend « abattre les murs entre les applications et le Web, car les applications Firefox OS sont conçues en utilisant les technologies Web, comme le HTML5 », comme le confiait au Mobile World Congress de Barcelone en début d’année Jay Sullivan, VP des produits Mozilla.

Pour mener à bien cette tâche stratégique, Li Gong est nommée, a-t-on appris ce 11 avril, « Senior Vice President des appareils mobiles ». Il sera en charge de l’avancement de Firefox OS. En plus de ses nouvelles attributions, cet asiatique conservera sa place de CEO des filiales en Chine et à Taiwan. Ce n’est pas un inconnu dans la Baie ; il a participé à la fondation et à l’investissement de nombreuses jeunes pousses en Chine et dans la Silicon Valley.

La défense d’un web ouvert

L’ère d’AOL, Compuserve et Infonie – éphémère succès en France et en Belgique aux débuts des modems 28.8k – avait été laminée par le navigateur web. Aujourd’hui, constate la Fondation, le web s’encapsule dans des applications bien souvent non interopérables d’un système mobile à l’autre. Une lutte dont FirefoxOS se veut le porte-étendard, mettant en avant la nécessité d’un Internet mobile libre, standardisé et décentralisé.

A ce combat, il faut ajouter une politique de diffusion des applications et des contenus de plus en plus opaque, doublée d’une pudibonderie toute américaine, que Mozilla entend également dénoncer.

Un exemple parmi d’autres de cette main de fer? L’entreprise française App Gratis distribuait jusqu’il y a peu sur iPhone et iPad des applications gratuites, en collaboration avec des éditeurs désireux de s’offrir un brin de promotion parmi les millions d’applis mobiles présentes sur l’App Store. Un trublion gênant pour le business model d’Apple, selon Simon Dawlat, interrogé le 11 avril par Stéphane Soumier sur BFM Business. Loin d’être une mésaventure isolée, l‘affaire est prise très au sérieux par les autorités françaises et a pris une tournure politique (Source: Le Figaro), avec l’intervention symbolique de Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, évoquant des problèmes de fond sur « la liberté de choix des consommateurs ». Elle plaide en faveur d’une autorité de régulation de ces app stores, sorte d’ONU des continents virtuels.

Autre conflit généré par la main de fer qu’Apple  exerce sur les contenus disponibles sur ses terminaux? L’obligation de procéder à la suppression/censure de près de 3.000 bandes dessinées d’Izneo (Source: 01Net), considérées comme « pornographiques ». Parmi elles, citons Largo Winch, XIII, Blake et Mortimer. Google et Amazon ne montrent guère plus d’enthousiasme à casser les codes des normes américaines en matière de culture et de divertissement.

En réponse à ce différend culturel et à la constante modification – unilatérale – des règle propres aux différents App Stores, Mozilla s’avance en « défenseur du Web » ouvert et libre, estimant que chaque développeur de site web est un développeur mobile en puissance. En février, Serge Mansilla écrivait sur son blog personnel un plaidoyer à la gloire de FirefoxOS, traduit en français par l’équipe du Framablog.

« En utilisant des technologies flexibles et populaires comme HTML5, CSS3 et javascript, Firefox OS a promu instantanément des millions de développeurs web et javascript en développeurs d’applications. Tout ce qu’ils ont à faire est de télécharger un module complémentaire de simulation gratuit (et ce n’est même pas nécessaire si votre application n’utilise pas les API des téléphones). Les développeurs connaissent déjà l’environnement du navigateur et ses outils, et il ne leur est pas nécessaire d’apprendre un nouveau langage ou une nouvelle architecture. »

Là où Chrome vous invite à introduire votre compte Google lors de la première utilisation du navigateur – sur mobile, tablette comme sur ordinateur -, Firefox vous rappelle vos droits. Une attitude constante  pour la Fondation, qui entend rester « à l’intersection du libre et des standards du Web ».

« On ne cherche pas à enfermer les gens, on n’est pas dans une logique de maximisation du profit, de revenus immédiats étant donné que nous sommes une association à but non lucratif », déclarait à ZDNet Tristan NITOT le 28 février. « Notre but, c’est faire du Web la plate-forme mobile par excellence et nous pensons que tout le monde va se rallier à cette vision.  »

* toute entreprise n’est pas forcément capitaliste

SF Pride 2013 : France et Cour Suprême des Etats-Unis se seront dit oui?

Le mariage pour tous a été voté en France le 22 avril dernier, dix ans après la Belgique. Curieux hasard: la Cour Suprême des Etats-Unis étudie depuis mars une reconnaissance fédérale des same-sex marriages, aux implications historiques en matière d’immigration. Décision en juin: le cortège de la SF Pride s’y prépare?

Les manifs pour tous  se poursuivent en France, après le vote du Mariage pour tous. L’association milite pour l’abrogation de la loi votée le 22 avril dernier en France. Si 46% des Français (IFOP) estimaient début avril qu’il s’agissait d’une bonne mesure, de l’autre côté de l’Atlantique, on se montre bien plus ouvert à la question. Un sondage publié en mars dernier par le Washington Post et ABC News inquait que 58% des Américains se prononcent désormais en faveur du droit des homosexuels à se marier – ils étaient à peine 37% en 2003 -: 72% parmi les démocrates, 34% parmi les républicains et 62% chez les indépendants. Les femmes montrent plus de tolérance (61%) que les hommes (54%) à ce propos, même si l’écart est mince.

Les 26 et 27 mars dernier, La Cour suprême des Etats-Unis a siégé pour examiner la question du « mariage pour tous », encore interdit au niveau fédéral, mais pratiqué dans neuf Etats américains.

Le 26 mars, le débat portait sur le 14e amendement de la Constitution des Etats-Unis sur la protection de l’égalité des droits. Les juges devaient statuer sur l’interdiction en Californie de proclamer que le mariage doit être conclu « entre un homme et une femme ». Objectif: invalider la Proposition 8, le référendum qui a interdit le mariage homosexuel dans l’Etat en 2008.  Le lendemain, le litige portait sur l’octroi au niveau fédéral de droits qui sont refusés aux couples de même sexe – même légalement mariés sur le sol américain ou ailleurs – : sucession, déclaration commune (impôts), couverture santé et fiscalité.

La décision de la Cour suprême ne sera pas rendue avant l’été, mais elle pourrait voir tomber plusieurs barrières à l’immigration des couples de même sexe. Même dans le camp républicain, on se montre de plus en plus ouvert à la question, selon le site immigrationequality.org. Les 130 signataires du document comptent d’anciens gouverneurs, des parlementaires et même plusieurs membres de l’administration de George W. Bush (Ndlr: l’Administration Obama y est dans son ensemble largement favorable, sous l’impulsion notamment du Président et de Hilary Clinton). On peut y lire:

«Depuis que le Massachusetts et d’autres États ont fait du mariage civil entre personnes du même sexe une réalité, [les signataires], comme beaucoup d’Américains, ont réexaminé les faits et leur position et ont conclu qu’il n’y a pas de raison légitime ou basée sur des faits pour refuser aux couples homosexuels la même reconnaissance qu’aux couples hétérosexuels.»

Une décision favorable de la Cour Suprême donnerait de l’espoir aux très nombreux couples de même sexe présents ou désireurs d’émigrer dans la Baie, puisqu’elle permettrait d’accorder à l’époux un VISA conforme à celui délivré à des couples hétérosexuels. La question se posait jusqu’ici pour les couples mariés en Belgique (depuis 2003). Viendront s’ajouter désormais les couples mariés en France, suite à la légalisation du mariage homosexuel le 22 avril dernier.

Curieux hasard des calendriers des deux côtés de l’Atlantique! Si la Cour Suprême des Etats-Unis ne rendra probablement pas son avis avant le mois de juin 2013, les premières unions ne pourront être célébrées en France qu’en juin de cette même année, un événement que  la Ville de San Francisco pourra saluer depuis l’impressionnant cortège de la SF Pride 2013, les 29 et 30 juin prochains.

 

La semaine de Dailymotion dans la Vallée

La semaine de Dailymotion dans la Vallée

L’Etat français a bloqué le rachat de Dailymotion (groupe Orange) à Yahoo!. Son PDG Stéphane Richard prend cette semaine l’avion pour la Baie. Les négociations entre la France et les Etats-Unis ne sont visiblement pas terminées.

« Dailymotion ne doit pas rester un groupe franco-français, ce serait une impasse économique et industrielle », confiait ce dimanche Fleur Pellerin, la Ministre française de l’économie numérique au JDD. Le bâton de Pellerin croise toutefois en partie le discours patriotique tenu par son collègue Arnaud Montebourg, lequel voulait barrer la route à une absorption totale de l’entreprise par Yahoo!: « L’accord avec Yahoo n’était pas suffisamment équilibré: il aurait pu conduire à une disparition de Daily­motion. (…) Le gouvernement a accordé à juste titre la préférence au développement industriel plutôt qu’à une plus-value et à un gain de cash rapide. » Pas question de parler d’un village gaulois pour autant dans les nécessaires négociations en cours: « Dans nos échanges avec les acteurs américains comme Google ou Apple, il y a une « tension amicale ». Mais nous ne vivons pas dans une économie fermée. (…) Après, lorsqu’un deal ne nous convient pas et que nous sommes actionnaires, nous le disons. »

Fleur PELLERIN sur BFM Business (France) ce lundi matin:

Etat actionnaire ou pas, si Arnaud Montebourg a bloqué le rachat le 2 mai dernier à la sortie du Conseil des Ministres, le patron d’Orange, Stéphane Richard, s’est montré critique envers son gouvernement: « Dailymotion est une filiale d’Orange, et non de l’Etat. C’est le groupe, sa direction et son conseil d’administration qui gèrent ce dossier. » Selon Le Monde, Yahoo! négociait jusqu’alors une participation de 75% dans Dailymotion, assortie d’une option permettant de passer à 100%. Objectif? Face à Microsoft, mais surtout à la nébuleuse Google (Gmail, Drive, Youtube, Android), se montrer offensif sur les forces du portail – l’e-mail, l’actualité ou la météo – et aller chercher ailleurs des compétences absentes: la vidéo avec Dailymotion, la prise de notes avec Astrid, dont l’acquisition a été annoncée le 1er mai.

Orange n’a pas dit son dernier mot

Cette semaine, le patron Stéphane Richard reprend la main. Il sera dans la Vallée pour défendre le dossier: Dailymotion ne peut rester un acteur isolé face au marché mondial, qu’il soit nord-américain ou asiatique. Il devrait rencontrer Marissa Mayer, actuel P-DG de Yahoo!, mais également Jeffrey Bezos (Amazon), Tim Cook (Apple), Sheryl Sandberg (Facebook) et Larry Page (Google). En Europe, l’appétit face à la filiale vidéo d’Orange n’est pas des moindres: Le Point évoque Vivendi (français) et Bertelman (allemande, groupe RTL) sur la liste des possibles acquéreurs.

Les semaines à venir seront fastes en actualité technologique en Silicon Valley: outre les trois heures de keynote du groupe Google le mercredi 15 mai prochain à Google IO – nous y assisterons pour vous -, Nokia devrait lancer le successeur du Lumia 920, BlackBerry dévoilera la version 10.1 de BB10 à l’occasion de BlackBerry Live et Apple réserve sans doute quelques belles surprises à son WWDC début juin (Mac OSX 10.9 et iOS 7).

Un demi-million de dollars? Voici votre Green Card!

Un demi-million de dollars? Voici votre Green Card!

Les investisseurs français disposent généralement d’un visa de type E-1 (Treaty Trader) ou E-2 (Treaty Investor) en fonction de leur activité aux Etats-Unis. Moins connu, mais plus radical, le programme EB-5 permet d’obtenir une carte de résident permanent (Green Card), à condition de déposer une somme supérieure à 500.000 dollars US sur la table.

L’EB-5 n’est pas une nouveauté. Chaque année, depuis 1990, 10.000 cartes vertes sont réservées à une catégorie d’investisseurs disposant d’une somme de 500.000 ou 1 million de dollars à injecter dans l’économie américaine. Préalable: créer au moins dix emplois directs – postes réservés à des citoyens américains -.

Dans les zones où le chômage dépasse de 150% la moyenne nationale, le seuil minimum est le demi-million de dollars (3.000 visas spécifiques sur les 10.000). Dans la Vallée, les autorités réclameront de vous un montant minimal deux fois plus élevé. Et quoi de plus normal! Le plein-emploi y est presque déjà une réalité. Toutefois, l’EB-5 vous permet d’investir n’importe où aux Etats-Unis, sans devoir forcément y résider. Traduction: déposer quelques centaines de millions de billets verts dans une exploitation agricole au fin fond du Michigan et s’offrir une petite maison sur les collines de Sausalito sont… compatibles.

drapeau des états unis d'américain flag

Quels sont les secteurs d’activité où ce programme s’avère pertinent?

L’immobilier bien entendu (achat, rénovation, location), mais également le prêt à des grandes entreprises ou encore la production agricole. Les retraités disposant d’une petite fortune personnelle et désireux de couler des jours heureux en Amérique y seraient particulièrement sensibles.

Dans un article consacré aux visa EB-5, le Washington Post nous apprend que l’EB-5 Immigrant Investor Process a vu 29.000 green cards accordées depuis son lancement il y a 23 ans. Cela représente 6,8 milliards investis et rien moins que 50.000 emplois créés. En 1992, seuls 78 visas (y compris époux et enfants) ont été émis. L’engouement est plus palpable depuis 2008.

L’EB-5, encore mal aimé

Si l’option peut sembler attrayante,  à peine 1.000 cartes vertes ont été émises chaque année depuis la création du statut en 1990. En cause: une réglementation très stricte, ainsi qu’un long processus pour prouver l’origine des fonds (et l’absence de dette fiscale dans le pays d’origine).

“Si cela permet d’attirer des immigrants investisseurs fortunés et talentueux, tant mieux », estime le très pragmatique ancien secrétaire au Trésor (sous l’ère Clinton) Lawrence H. Summers. Mais tout le monde aux Etats-Unis ne voit pas dans cette distribution de cartes vertes un incontournable boost pour l’économie. David North (Center for Immigration Studies) s’exprime ainsi en faveur d’une immigration réduite et estime qu’il n’est pas normal de « vendre l’admission aux Etats-Unis ». Pour lui, le programme EB-5 favorise avant tout les plus riches.