La terre tremble sur le marché du mobile pour Apple et Google

La terre tremble sur le marché du mobile pour Apple et Google

Smartphones low-cost, appétit féroce d’acteurs qu’on croyait neutralisés, nécessité pour les développeurs de s’adapter à un large panel de terminaux connectés: l’hégémonie d’Apple et Google sur le marché mobile se voit enfin mis sous pression. Analyse.

On croyait que le marché du mobile se diviserait entre deux acteurs issus de la Vallée. D’un côté, Apple exerçant un contrôle absolu sur le matériel et l’OS avec l’iPhone et l’iPad. De l’autre, une nébuleuse Android où les constructeurs – HTC, Sony, Samsung, Archos -profitent d’un système d’exploitation universel, capable de tourner sur une infinité de terminaux.

L’air de rien, le Mobile World Congress est venu cette année quelque peu gâcher cette image parfaite d’une innovation concentrée dans la Silicon Valley. Certes, Samsung s’y installe pour être au plus près de ses meilleurs amis/ennemis, mais d’autres acteurs ont décidé de s’attaquer au duopole, en attaquant le marché avec des arguments radicalement opposés. Les cibles viennent désormais du Canada, d’Asie et même d’Europe. Les récentes déconvenues de l’action AAPL n’y sont probablement pas étrangères.

 

Microsoft ou BlackBerry à la 3e place?

L’ascension de Windows Phone 8 s’avère décidément bien plus lente que prévu, malgré les efforts colossaux consentis par des acteurs historiques du mobile comme HTC et Nokia aux côtés de Redmond. Microsoft dispose d’une arme de poids pour s’imposer: s’approprier, à l’image d’Apple, le matériel et le logiciel – déjà sien -.

La décision de produire sa propre tablette, Surface, était sans doute la première étape vers la conception de son propre smartphone. Certes, l’appareil lancé à l’automne dernier n’a pas encore rencontré les objectifs de l’entreprise, mais a débloqué un tabou, que seule la console Xbox était venue briser jusqu’ici: celui de la maîtrise de la chaîne, après plusieurs décennies de partenariat « x86 » avec les constructeurs tiers.

Un smartphone Microsoft? Voilà qui inquiète Nokia, entreprise européenne qui commence à peine à retrouver le salut. « Cette décision de se concentrer sur leurs propres appareils pourrait être néfaste pour d’autres constructeurs partenaires comme nous », peut-on lire dans un récent échange entre Nokia et la Securities and Exchange Commission.

 

De son côté, sans encore avoir été confronté au périlleux marché américain, BlackBerry s’avoue plus que satisfait des premiers résultats de vente du Z10, premier terminal équipé de son système d’exploitation BlackBerry 10. La production a été renforcée à quelques jours du lancement via les opérateurs américains. Thorsten Heins, actuel CEO de l’entreprise canadienne, s’avoue surpris par l’importante proportion (30% en Grande-Bretagne et 50% au Canada) des acheteurs venus d’autres plateformes (iOS et Android principalement): “Le feedback que nous recevons de nos premiers acheteurs est très positif. » Pour l’heure, aucune chiffre de vente n’a été dévoilé, mais l’enthousiasme des développeurs est palpable.

 

La recette de l’ex-RIM n’était pas gagnée d’avance. Nombre d’analystes estimaient en effet nécessaire pour sa survie que BlackBerry procède à l’octroi de licences pour son système BB10 à d’autres constructeurs. Une autre voie a été suivie, celle de la maîtrise de la chaîne: terminal, système, applications, services. Ses armes: une base d’utilisateurs encore solide et estimée à 80 millions d’utilisateurs – inutile de rappeler combien il est fréquent en Silicon Valley de croiser un professionnel équipé à la fois d’un BlackBerry et d’un iPhone -, la fin de l’abonnement dédié BlackBerry Internet, un système flambant neuf équipé d’un noyau QNX, une excellente compatibilité avec les standards HTML5, des applications natives et la capacité de faire tourner des applications Android ou Qt.

Low cost, le nouvel eldorado?

Une importante portion de la croissance mobile est désormais conduite par l’émergence d’une nouvelle catégorie de smartphones, comme le précise Frédéric Filloux sur MondayNote. Ce marché est celui du low cost, l’une des rampes de croissance les plus méconnues ou mal aimées de Nokia et sa gamme Asha à destination des pays émergents.

Si le stand le plus imposant du MWC 2013 était sans conteste celui de Samsung, plusieurs autres acteurs encore mal connus – voire revenants – ont fait preuve d’une étonnante capacité à construire des smartphones sophistiqués à des prix défiant toute concurrence (sous la barre symbolique des 200 euros ou dollars US). Ils s’appellent ZTE, Huawei  et même Alcatel.

logo de l'entreprise Huawei

Leur arme? Android, certes, mais également FirefoxOS. Ce système d’exploitation libre a fait sensation cette année, malgré son état de développement encore peu avancé. L’OS sans licence mise sur la puissance des web apps, des applications qui sont en réalité développées comme des sites web, en respectant à la lettre les standards de plus en plus sophistiqués eux-aussi du HTML5. Nokia fait d’ailleurs partie des éditeurs actifs au lancement en adaptant sa solution de cartographie Here Maps concurrente de Google Maps. Quant à Sony, dont Android est devenu le compagnon par défaut sur le segment mobile, il s’essaye lui aussi à FirefoxOS en proposant à son Xperia E de le tester de manière expérimentale.

Et l’avenir est probablement là aussi. Nous avions chassé les applications de nos ordinateurs avec le web pour ne plus devoir nous soucier de l’OS utilisé. iOS et Android ont très vite compris qu’on ne capture pas des clients sans les rendre captifs: les apps natives sont arrivées.

Le salut s’appelle interopérabilité

Sous l’émergence d’une diversification du marché et la nécessité de toucher le prochain milliard de terminaux connectés, les développeurs sont aujourd’hui face à une telle variété de tailles d’écrans, de systèmes et d’évolution de ces systèmes qu’ils peuvent adopter deux attitudes.

Deux scénarios. Le premier? Se concentrer sur iOS et Android, puis Windows Phone et le BlackBerry s’ils en ont le temps ou la capacité. Deuxième possibilité: développer des « (web) apps » en exploitant les standards du HTML5 et un responsive design, capables de s’attaquer à n’importe quelle résolution d’écran, pour s’assurer une présence sur la plus large quantité de terminaux possibles. Traduction? Se cantonner au marché occidental ou changer de paradigme.

Voilà qui n’est au fond pas sans rappeler le discours prononcé par Steve Jobs au lancement de l’iPhone en 2007: « The full Safari engine is inside of iPhone. And so, you can write amazing Web 2.0 and Ajax apps that look exactly and behave exactly like apps on the iPhone. And guess what? There’s no SDK that you need! » (Le moteur de Safari fait partie intégrante de l’iPhone. Vous pouvez écrire des apps AJAX/Web 2.0 fantastiques, qui se comporteront comme des applications natives sur l’iPhone. Devinez quoi? Il n’y a pas besoin de SDK pour cela.)

On connaît la suite de l’histoire et le formidable eldorado de l’App Store d’Apple, qui lui a permis de dominer largement le marché mobile en valeur, en détournant l’attention du web universel vers des applications natives. La forteresse n’est pas encore tombée, mais la terre commence un peu à trembler pour Apple et Google en Silicon Valley.

Et si vous deveniez fournisseur officiel d’une start up?

Et si vous deveniez fournisseur officiel d’une start up?

Et si vous deveniez fournisseur officiel d’une start up ?



La malbouffe, en Silicon Valley, on ne connaît pas. Dernière tendance à la monde chez les producteurs locaux? Intoduire leurs produits bio au coeur des start-up. 

Nombre d’entreprises de la Vallée fournissent aujourd’hui un – voire trois – repas à leurs collaborateurs, pour qui il est désormais inutile de sortir du bureau pour s’alimenter. Pas très fair play pour les très nombreux food trucks – camions aménagés pour la vente de nourriture – qui ont pullulé ces dernières années dans les zones les plus peuplées en jeunes pousses.

Le Financial Times rapporte, dans un article intitulé ‘A byte to eat in the Valley‘, l’épopée de producteurs bien décidés à forcer les portes des start-up de la région.

D’un côté, des enseignes comme Bandar Foods se mettent à sponsoriser les hackatons – marathons de programmation informatique très courus – en distribuant des repas. De l’autre, des trucks se garent aux alentours des grands noms de la Vallée (Google, eBay, Facebook) histoire d’être au plus près de leur clientèle aisée. La commande se passe forcément en ligne – pourquoi pas via Twitter ou Facebook?

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Des séances de dégustation sont même organisées dans les entreprises pour que les salariés prennent goût à la nourriture et la réclament dans leur cantine, voire sous forme de parniers gourmands/gourmets durant les réunions. Chaque année, les 30.000 collaborateurs de Google à Mountain View sont gagnés par une exposition interne d’aliments. Une occasion unique pour producteurs et restaurateurs d’entrer dans l’enceinte prestigieuse du 1600 Amphitheatre Parkway. Le chocolatier Tcho a ainsi été adopté par Google sous pression de ses employés. Sa recette: tester des produits auprès des consommateurs en adoptant leur langage. Des éditions bêta des chocolats sont ainsi distribuées, avec la même démarche qu’un logiciel: développer, éduquer, écouter, corriger, finaliser, recommencer. 

 

Une carte à jouer pour les restaurateurs français installés dans la Baie, où les produits organic (bio) sont devenus la règle et où l’économie s’organise à tous les échelons! ZeroCater.com s’occupe des commandes et vous livre n’importe où dans la Vallée, quel que soit le nombre de convives. Le blog collaboratif SVFoodTrucks déniche les nouveaux trucks aux quatre coins de la Silicon Valley. S’y trouver est bon pour le business.

Pendant ce temps à l’autre bout du monde… La France renvoie l’ascenseur. Cantine California sert à Paris des classiques californiens préparés avec viandes et produits bio issus de producteurs français.

Samsung s’installe durablement dans la Vallée

Samsung s’installe durablement dans la Vallée

Samsung s’installe durablement dans la Vallée


Le nouveau voisin de d’Apple et Google dans la Silicon Valley n’est pas réputé pour son calme. Voilà Samsung bien décidé à, lui aussi, prendre la température des nouvelles tendances et, s’il le faut, débaucher du beau monde.

Peu le savent. L’entreprise Samsung est installée depuis bientôt vingt ans à San Jose, mais sa présence n’est pas encore très affirmée; ses top managers ne font pas partie du cénacle. Pourtant, ceux qui se promènent à San Francisco l’auront remarqué: on y croise désormais autant de Galaxy S3 que d’iPhone. Il serait un peu dommage de se priver d’une délégation locale.

En revanche un acteur important sur le marché

C’est que, l’air de rien, l’entreprise coréenne est aujourd’hui le principal concurrent à Apple sur le marché des constructeurs de mobiles, grâce à Android. Le prochain événement sera l’annonce du Galaxy S4. Il devrait intervenir à New-York le 14 mars prochain. En attendant, les projets du constructeur se rapprochent un peu plus de la Côte Ouest. Pour se coller à Google et Apple, rien de tel qu’une présence plus marquée dans la Vallée. Elle passera par deux entités physiques, prévues à très court terme, dans le périmètre stratégique, situé entre Santa Clara au Sud et San Francisco au Nord.

Pour combattre Apple et se rapprocher de Google, rien de tel qu’une présence plus marquée dans la Vallée. Elle passera par deux entités physiques, prévues à très court terme, dans le périmètre stratégique, situé entre Santa Clara au Sud et San Francisco au Nord.

En 2014, un campus d’un hectare devrait être érigé à Mountain View. Il hébergera les centres de R&D de l’entreprise. L’emplacement est stratégique: Mountain View est la terre d’accueil de Google.

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Mais ce n’est pas tout. A Palo Alto, à deux pas de l’Université de Stanford, un centre de veille technologique sera également installé. Il devrait faire office de laboratoire pour les nouvelles tendances – un concept très à la mode -. Vu le poids de l’entreprise sur le marché de la mobilité technologique, inutile de dire que les talents – déjà très courtisés dans la région – sont invités à rejoindre le mouvement.

Naissance de l’Open Innovation Center

L' »Open innovation center » a été annoncé lors de la « conférence « D: Dive Into Media » , qui se tenait à Dana Point le 11 février dernier par David Eun, son EVP (Executive Vice President).

Cette chambre de réflexion et d’observation fera également office d’accélérateur de jeune-pousse. Objectif: épauler le financement des entreprises innnovantes dans le secteur de la technologie, une invitation à peine voilée à destination des start-up et inventeurs, qui auront désormais un nouvel interlocuteur pour parler d’innovation. De quoi griller la politesse à Google et Apple sur leur propre terre d’origine.

Le timing est irréprochable: en mai prochain, Google IO 2013 devrait être le théâtre d’annonces essentielles pour l’avenir d’Android. Il se murmure d’ailleurs que Motorola pourrait y signer un retour fracassant, épaulé par son nouveau et encombrant propriétaire, Google.

Obama veut un visa pour les créateurs de start ups

Obama veut un visa pour les créateurs de start ups

 Obama veut un visa pour les créateurs de start ups

Plus question de voir les étudiants étrangers quitter les Etats-Unis pour fonder des entreprises à haute valeur technologique dans leur pays d’origine. Obama en appelle à un visa « start up ».


Aujourd’hui, dans la Silicon Valley, selon un rapport de la Kauffman Foundation, 52% des start-ups sont fondées par des immigrants. En 2011, les entreprises spécialisées dans l’engineering et la technologie aux Etats-Unis ont employé 560.000 personnes pour des revenus de 63 milliards de dollars.

Obama Participates In LinkedIn Town Hall

Début 2012, des éminences de la Vallée ont appelé le futur Président à se prononcer en faveur d’un « Startup Act 2.0« . Et ils semblent avoir été entendus. Lors d’une discours prononcé à Las Vegas il y a quelques jours, le Président Obama s’est en effet prononcé en faveur de la création d’un visa pour start-ups. L’information était rapportée fin janvier par le Huffington Post et a été reprise le 12 février par le Wall Street Journal.

Moins de contrainte pour les étrangers

S’il existe déjà une forme de visa adaptée aux investisseurs (E1-E2). L’objectif semble ici de permettre à des jeunes entrepreneurs de lancer une activité sur le territoire américain sans devoir procéder à un investissement colossal au début de leur carrière. En appuyant la création d’un nouveau visa adapté, la Maison Blanche semble vouloir faciliter l’implantation aux Etats-Unis de jeunes entrepreneurs en leur accordant une autorisation de vivre sur le territoire américain, à condition que l’entreprise génère un certain niveau d’activité et emploie des salariés américains. Le business prospère? Les porteurs de projets disposeraient alors d’une autorisation de résidence permanente aux Etats-Unis pour accompagner leur développement.

Ce n’est pas la première fois que le projet de loi est sur la table. Il a été présenté en 2012 par un groupe de sénateurs, mais n’a pas été suivi. Les opposants à l’octroi de ce nouveau visa de travail temporaire estiment qu’une telle ouverture viendrait encourager les immigrants à « prendre leur travail à des Américains capables », « faire baisser les niveaux de revenus » et « décourager les étudiants américains de se lancer dans une carrière au coeur des secteurs technologiques ».

Le maire de New-York en accord avec le président

Faux, rétorque Michael Bloomberg ! Le Maire de New-York, co-fondateur du « Partnership For A New American Economy », a salué l’initiative du Président pour « moderniser le système d’immigration », un mouvement de nature à « faire croître l’économie en y attirant les talents de demain ». Il faut dire que la fuite des cerveaux est en marche. De nombreux étudiants se voient ainsi obligés de retourner dans leur pays d’origine après leurs études dans les universités américaines. Principalement en raison des difficultés que représente l’obtention d’un visa.

Lors de son discours, le Président a pris l’exemple de Michel Krieger, un étudiant brésilien resté sur le sol américain. Il a fondé… Instagram.