Salesforce va-t-il saboter la fusion Microsoft/Linkedin ?

Salesforce exhorte l’Union européenne et les Etats-Unis à s’opposer au rachat de Linkedin par Microsoft. Une opération jugée anti-concurrentielle.

 

On savait que Marc Benioff n’avait pas digéré le rachat de Linkedin par Microsoft pour 26,2 milliards de dollars. Le CEO de Salesforce avait proposé plus d’argent pour acquérir le réseau social professionnel, mais s’était finalement fait éconduire.

Il semble que Salesforce n’ait pas dit son dernier mot dans cette affaire. En effet, le spécialiste du CRM en mode SaaS a demandé à l’Union européenne de s’opposer au rachat de Linkedin par Microsoft. Et pour quel motif ? Cette fusion est jugée anti-concurrentielle et octroie un avantage injuste à Microsoft. Un tweet de Marc Benioff alerte la FTC (l’équivalent de l’Autorité de la concurrence aux Etats-Unis) et, en Europe, la commissaire en charge de la concurrence Margrete Vestager sur les intentions de Scott Guthrie, responsable du Cloud et de l’Entreprise chez Microsoft, pour évincer la concurrence.

Le directeur juridique de Salesforce, Burke Norton, entend bien dénoncer cette opération auprès de l’ensemble des régulateurs mondiaux. Un passage obligé dans le cadre d’une fusion de cette taille-là.


Garantir un accès aux données de Linkedin

Selon le responsable, « le projet d’acquisition de Linkedin par Microsoft est une menace pour l’avenir de l’innovation et la concurrence. En s’appropriant les données de plus de 450 millions de professionnels dans plus de 200 pays, Microsoft sera en mesure d’empêcher l’accès à ces données et ainsi obtenir un avantage concurrentiel injuste. Nous croyons que cette opération pose des problèmes de concurrence et de confidentialité et qu’ils doivent être examinés par les autorités de la concurrence et les régulateurs en charge de la protection des données de l’Union européenne et des États-Unis. Nous avons l’intention de travailler en étroite collaboration avec l’ensemble des régulateurs, législateurs ».

La machine à lobbying est donc enclenchée, avec l’espoir moins de saboter la fusion que d’imposer des « remèdes » à Microsoft l’obligeant à garantir un accès des concurrents aux données de Linkedin.

Le New York Times a rapporté que la Commission européenne n’a pas attendu le dépôt officiel de la demande d’approbation du rachat pour solliciter les commentaires des concurrents. De son côté, Bloomber a indiqué que la demande d’examen du rachat par l’UE serait déposée au mois de novembre par Microsoft.

Si la firme de Redmond n’a pas commenté la position de Salesforce, elle rappelle par l’intermédiaire de son responsable juridique Brad Smith que « l’opération a déjà été autorisée aux Etats-Unis, au Canada et au Brésil ».

L’Ecole 42 ou l’enseignement gratuit en Silicon Valley

L’Ecole 42, fondée par Xavier Niel, ouvre une antenne dans la Silicon Valley. Elle reprend les mêmes recettes et veut former 10 000 développeurs d’ici 5 ans.

 

C’est un futur vivier pour toutes les entreprises de la Silicon Valley. Xavier Niel, fondateur d’Iliad, maison-mère de Free, a en effet indiqué l’ouverture de l’Ecole 42 dans la Silicon Valley, à Fremont pour être exact, avec un campus de 200 000 m² et un investissement de 100 millions de dollars. Il duplique ainsi son école en version US et voit grand pour palier le manque de développeurs informatiques (42 US promet de former 2 048 élèves par promotion, dont la première débutera en novembre 2016).

Pour l’occasion, l’école a réalisé un petit clip de présentation disponible sur YouTube en invitant des vedettes de l’IT : Jack Dorsey, CEO de Twitter, le dirigeant de Nest, le CEO de Periscope, un vice-président de Facebook et d’anciens développeurs… Tour à tour, ils ont alors expliqué les besoins de talents en développement aux Etats-Unis, un marché tendu dans la Silicon Valley où les sociétés IT se battent pour obtenir les meilleurs profils.


Casser la barrière de l’emprunt avec la gratuité

Il existe une barrière à l’entrée souligne Leila Jana de la société Sama, une structure caritative d’aide à la personne via le numérique. « Les frais scolaires aux Etats-Unis sont très chers et les étudiants doivent emprunter des sommes considérables. » Et de citer le chiffre de 40 millions d’étudiants qui contractent un emprunt pour un total de 1160 milliards de dollars (en moyenne entre 11 000 et 42 000 dollars par an).

Pour résoudre ce problème, Xavier Niel exporte le savoir-faire de l’école française, à savoir la gratuité de l’enseignement. Un pavé dans la mare de l’éducation à la mode américaine. Il reprend aussi les recettes d’enseignement made in France (un bâtiment ouvert 7 jours sur 7 avec des dortoirs gratuits, un millier d’iMac, etc.).  Et pas de discrimination à l’entrée sur le diplôme et l’âge, 42 est ouvert aux personnes entre 18 et 30 ans et celles-ci n’auront donc rien à débourser en amont, pendant, ni même après leurs études. Aucune taxe ne sera réclamée non plus aux entrepreneurs qui les embaucheront. Comme sa grande sœur parisienne, 42 US est une “non-profit university“.


Toujours pas de professeur ni de cours magistral

Éprouvées à Paris, les méthodes d’apprentissage s’appuient sur le “peer-learning“. Pas de professeur ni de cours magistral. Pas de mentors non plus. Les étudiants planchent sur des projets, confrontent leurs points de vue, trouvent des réponses ensemble et réajustent en fonction. « Nous estimons qu’un cursus peut durer de trois à cinq ans. Mais chaque étudiant ira à son rythme. Par la réalisation de projets, il accèdera à différents niveaux », explique Brittany Bir, COO de 42 US, elle-même pur produit de l’école 42 parisienne.

Si l’école 42 US est ouverte à toutes les nationalités, les étudiants non-américains devront néanmoins posséder un visa. Dans un second temps, l’école pourrait envisager des visas sponsorisés. À quelques pas de l’école, une résidence universitaire peut déjà héberger 300 personnes et bientôt 600.

À la tête de cette université, Brittany Bir est issue de la première promotion de l’école 42 parisienne, et titulaire d’un master d’études européennes à la Sorbonne Nouvelle. Elle a également été professeure d’anglais dans la “Paris Graduate School of Digital Innovation“. Managing director de 42 US, Kwame Yamgnane est quant à lui un pilier de l’école 42, dont il est l’un des cofondateurs. Il a également participé à la construction d’Epitech, une école informatique qui fait référence.


La sélection débute… maintenant

Après un premier test de logique à faire en ligne (candidatures ouvertes depuis le 17 mai), les candidats seront invités à rencontrer l’équipe de l’école. Puis, une sélection accèdera à l’étape de la “piscine“, à savoir quatre semaines en immersion dans le monde du code. Aucune compétence de programmation n’est requise.


Les Frenchies en force dans la Valley

À l’instar de la Holberton School ouverte par des Frenchies en janvier dernier au cœur de San Francisco ou de l’accélérateur The Refiners lancé récemment par Carlos Diaz, Géraldine Le Meur et Pierre Gaubil, les Français montent en puissance dans la Silicon Valley.

« La Holberton School accueille avec beaucoup d’enthousiasme l’arrivée de l’école 42 dans la Silicon Valley », se réjouit Sylvain Kalache, fondateur de la Holberton School. Nous avons des méthodes d’enseignements très similaires avec l’approche project-based et peer-learning. « Nous serons plus fort à plusieurs, face au travail à mener pour combler le manque actuel et futur en ingénieurs qualifiés ».

Réputés pour leurs savoir-faire, les Français espèrent que leurs méthodes fassent boules de neige… « Nous accélérons les échanges entre les Etats-Unis et la France. Ils innovent, nous innovons. Pour faire des choses différentes, il faut des gens différents. Ce mouvement français n’a qu’un seul but : celui d’accélérer les choses dans la valley et dans le monde », conclut Kwame Yamgnane.

The Refiners, accélérateur de start-up françaises basé à San Francisco

Un investissement Bpifrance de 2,4 millions d’euros dans le projet.

 

L’année dernière, Carlos Diaz, entrepreneur limougeaud habitant à San Francisco depuis sept ans, a reçu en tête-à-tête les PDG de 113 start-up hexagonales. Identifié par les entrepreneurs comme une figure française de la Silicon Valley depuis sa participation au mouvement des « pigeons » en 2012, il s’est retrouvé bombardé d’e-mails de jeunes créateurs d’entreprise, avides de conseils sur l’installation de ce côté-ci de l’Atlantique. Il s’est dit qu’il existait sûrement une manière plus efficace de les aider que d’enchaîner les cafés…

Avec deux autres chefs d’entreprise de la Vallée, Géraldine Le Meur, cofondatrice du festival LeWeb, et Pierre Gaubil, un autre serial entrepreneur, ils ont décidé de lancer un accélérateur de start-up françaises basé à San Francisco. Baptisé « The Refiners », il accueillera 12 à 15 start-up n’ayant pas encore réalisé de levée de fonds, pendant trois mois, deux fois par an. La première promotion commencera en septembre.


Des modèles américains

L’accélérateur prendra 3 à 7 % de leur capital, en échange d’un chèque de 50.000 dollars pour les aider à démarrer. Un modèle inspiré des fameux accélérateurs Y Combinator et 500 Startups, d’où sont sortis Airbnb, Twitch ou Makerbot, mais qui prendra en compte « le fossé culturel, un élément trop souvent négligé », explique Carlos Diaz. « Pendant les trois premières semaines, on fermera les portes et les fenêtres car ils ne seront pas « montrables » et on leur apprendra comment agir ici », détaille-t-il. Au programme, quelques éléments clefs de la culture de la Silicon Valley, comme la différence entre les fonds de capital-risque français et américains, ces derniers « ne demandant pas des tableurs et des business plans à trois ans », explique Pierre Gaubil. Ou encore la différence de relation avec les grandes entreprises : « dans la Silicon Valley, les grands comptes ne sont pas un élément de destruction des produits des start-up mais des partenaires qui les distribuent ».

Doté de 6 millions de dollars, le fonds est abondé à 60 % par une centaine de partners, moitié américains, moitié français, qui endossent également le rôle de mentors. Les 40 % restants sont apportés par bpifrance.


Des licornes plutôt que des poneys

Alors que la France devient « le paradis des start-up », un programme à San Francisco semble plus que jamais nécessaire au trio. « Au lieu de créer des « unicorns », les Français créent des « poneycorns » car ils pensent à l’international trop tard. Il faut penser global dès le départ. Et pour ça, il n’y a qu’une seule solution quand on est une entreprise numérique : avoir son centre de gravité dans la Silicon Valley », estime Carlos Diaz.


Bénéfique pour les emplois en France

Selon eux, les start-up françaises sont systématiquement écrasées par le concurrent américain qui a, lui, pensé d’emblée à son expansion mondiale. Parmi les exemples, Dailymotion face à YouTube ou le site d’enchères iBazar. Créé en 1998, il s’est fait prendre de court par eBay, lancé deux ans plus tard.

A ceux qui hurleraient à la fuite des cerveaux, les fondateurs brandissent le modèle Criteo, qui consiste à garder les ingénieurs en France, mais à embaucher les équipes de vente et de marketing aux Etats-Unis. « Il ne s’agit pas de quitter la France. Au contraire. Prenez Scality : ils sont maintenant une centaine de personnes en France, et une cinquantaine aux Etats-Unis. Mais s’ils n’étaient pas venus s’installer ici, ils seraient toujours une trentaine en France, et c’est tout ! », soutient Carlos Diaz. Quant à l’investissement de bpifrance à l’étranger, « Ca ne leur coûte rien, bien au contraire », assure-t-il : « On parie sur un retour sur investissement de 3 fois la mise initiale d’ici à dix ans ».

Quand MBway découvre la Silicon Valley…

Dans le cadre de leur master marketing, communication & digital, les étudiants de MBway ont suivi à nos côtés un module de formation sur la Silicon Valley et son écosystème inédit. Entre théorie et exercices pratiques, ils ont pu s’immerger dans l’univers des startups et des levées de fonds et ainsi découvrir, comprendre et surtout ressentir l’état d’esprit de cette région, clé pour la réussite de leurs futurs projets.

Orpi choisit de s’envoler avec Silicon-Valley.fr

En mars prochain, Orpi, 1er réseau d’agences immobilières en France, partira s’immerger une semaine en Silicon-Valley à nos côtés. Au programme, innovation, partage d’expérience, inspiration et bien entendu, aventure humaine. Leur objectif ? Découvrir les nouvelles tendances et les pratiques innovantes de cet environnement atypique, être « bousculés » pour créer du changement et établir leurs stratégies de demain…