Où trouver la bonne offre de stage?

Où trouver la bonne offre de stage?

Plus qu’ailleurs, la Silicon Valley fonctionne comme un écosystème avec ses propres règles, ses propres canaux aussi. La recherche de stage emprunte donc naturellement des voies qui lui sont propres. A quelques encablures du tableau d’annonce de Pôle Emploi, le hashtag #internship va bientôt être votre meilleur ami.

Craiglist

Depuis 1995, tout se vend, tout s’achète sur Craiglist. C’est donc naturellement une plateforme où des offres de stage sont publiéesLes offres de stage publiées dans la région de San Francisco sont nombreuses et pour faire face à la profusion d’annonces, utilisez des mots-clés en rapport avec vos domaines de compétences. Vous trouverez les informations sur le volume horaire et la rémunération en bas des annonces.

étudiante en recherche d'un stage en Silicon Valley

Twitter

Le signe typographique croisillon, étiquette ou hashtag est la grande réussite de Twitter. Il permet au moteur de recherche de Twitter de fonctionner efficacement en comparaison des piètres résultats de Facebook. En substance, il permet de chercher un sujet sur lequel les gens tweetent. Les entreprises de la Silicon Valley ont généralement abandonné la pratique qui consistait à publier une petite annonce dans le journal du coin. Au lieu de ça, elles tweetent leur offre de stage, accompagnée de l’étiquette #internship, ce qui permet de la retrouver facilement. A l’aide du

hashtag #internship + #[insérer ici le lieu désiré (San Francisco, Silicon Valley)], vous récolterez les dernières annonces postées sur le réseau social à l’oiseau bleu.

Facebook

Ce tip vaut particulièrement si vous êtes à la recherche d’un stage dans une start-up. Celles-ci ont forcément une page fan sur Facebook sur laquelle elles postent leur offre de stage. Cependant, il vous sera très compliqué d’y avoir accès, à moins de liker un nombre colossal de page Facebook. Aussi une solution payante peut-être de liker les pages Facebook des co-working spaces dans lesquels les start-up prennent leur quartier. Vous les trouverez ici, , ou encore au bout de ce lien. Le rôle du co-working space est de subvenir en besoin en personnel des start-up. Il en va de même pour la recherche de stagiaire, alors ne négligez pas cette piste !

Internmatch

Un certain nombre de sites (Indeed, NYCreative) sont spécialisés dans les stages aux Etats-Unis. Internmatch en est l’un d’eux. L’interface est plus agréable que sur Craiglist et des entreprises de la Vallée y poste des annonces régulièrement.

Petit bonus : comme ce site s’est lancé depuis San Francisco, vous y trouverez un nombre d’offre important  localisées dans la région de la Baie, ainsi que des guides sur SF ou sur la recherche de stage qui pourront vous être utiles.

Silicon Valley : quelles leçons pour la santé mondiale ?

Le dernier TEDxSF avait pour thème la proposition ambitieuse de réinventer la santé mondiale pour  « 7 milliards de gens bien portants » (« 7 Billion Well : Re-Imagining Global Health »)

A cette conférence tenue sur le nouveau campus de UCSF à Mission Bay, les organisateurs de TEDxSF avaient invité des intervenants prestigieux et respectés, souvent locaux, professeurs à Stanford, chercheurs à UCSF, entrepreneurs dans la santé digitale, investisseurs, organisations à but non-lucratifs, et artistes pour redéfinir ce concept de « santé mondiale ».

Les présentations se succèdent, les orateurs sont tour à tour inspirants, provocants, émouvants. Un thème en émerge: le rôle de la Silicon Valley dans cet élan vers la « santé mondiale ». Les avancées médicales sont au premier plan – pas étonnant puisque nous sommes sur un des campus de recherche médicale les plus avancés au monde. Pour ma part, je suis convaincue que la Silicon Valley sera un centre stratégique de recherche médicale et de développement technologique,  et que ses modèles seront clef à la mise en place de changements profonds, novateurs, et durables à travers le monde.

Alors quelles tendances de la Silicon Valley vont permettre de prendre soin de 7 milliards de gens ?

Santé mondiale : une nouvelle définition

Quand on entend « santé mondiale» ce qui vient d’abord à l’esprit sont les maladies pandémiques et infectieuses, la mortalité infantile, et l’inégalité d’accès aux soins et à la vaccination. Or, ce sont les maladies chroniques qui sont aujourd’hui la première cause de mortalité dans le monde (à plus de 60% selon l’OMS http://www.who.int/chp/en/).

 

Et justement, nous le rappelle Dr Jess Ghannam de UCSF, nous savons comment prévenir 80% de ces maladies chroniques (cardio-vasculaires, diabète, certains cancers) par des changements de comportements simples.

Ces comportements sains, nous les connaissons (et nous Français peut-être mieux encore) : nourriture saine et équilibrée, contrôle de son poids, exercice régulier, rituels, échanges sociaux. Mais c’est souvent plus facile à dire qu’à faire et quand il s’agit d’appliquer ces principes et de s’y tenir chaque jour quand on est pressé, fatigué, stressé, c’est moins évident.

 

Et c’est là que la technologie émanant de la Silicon Valley peut nous apporter son concours. Les applications de santé digitale et le self-tracking peuvent nous aider à (re)prendre contrôle et à transformer nos habitudes par petites étapes a notre portée et mesurables.  C’est ce sur quoi repose le modèle de « behavior change » de BJ Fogg à Stanford [http://www.behaviormodel.org/].

 

Des applications pour nous motiver à rester en forme

Ces applications tirent à la fois partie des fonctionnalités des téléphones mobiles (accéléromètre ; gps ; sms ; calendrier/memos) et s’inspirent souvent des mécaniques de jeu (« gamification ») pour influencer positivement nos comportements par des systèmes de points, récompenses, pression sociale, compétition, etc. Par exemple, Mango Health, basée à SF, a reçu près de $2 M de financement cet été pour créer une plateforme de ce type. Et ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres tant ce marché est porteur et dynamique.

Des outils pour évaluer notre santé

Ces outils permettent aussi la capture de nos données de santé. Justement c’est aussi d’ici qu’émane le mouvement désormais mondial de Quantified Self [http://quantifiedself.com/]: l’exploration de la quantification personnelle de nos données de santé grâce aux senseurs et capteurs présents dans nos mobiles,  mais aussi pédomètres et autres FitBits.

 

Et les domaines d’application couvrent un large spectre puisque ces outils peuvent aussi bien nous motiver à rester en forme ou à perdre du poids qu’à nous aider à faire face à  des traitements lourds ou de suivre notre électrocardiogramme en temps réel dans le but de prévenir les crises cardiaques (AliveCor).

 

Plus besoin de médecin?

Ces outils permettent donc une prise en main de notre propre santé, ce qui tombe a pic puisque nous n’aurons jamais assez de médecins (humains) pour soigner 7 milliards de personnes.

 

Heureusement, Vinod Khosla, un des investisseurs les plus réputés de la Valley, se fait pythie et nous annonce que la relève n’est pas loin.

Selon cette vision, ce seront des ordinateurs super puissants qui permettront de produire des diagnostiques fins basés sur des montagnes de données, décryptées en temps réel, pour en quelque sorte laisser la science a ces machines et permettre aux professionnels de la santé de se concentrer sur le côté humain de cet art.

 

Bientôt une réalité en Californie

Nous n’en sommes pas très loin puisque les hôpitaux se bousculent pour trouver les outils de modélisation prédictive pour identifier des risques (de réadmission notamment) pour des maladies bien quantifiables comme la cardiologie. Certains établissements a la pointe comme UCSF vont jusqu’à appliquer ces modèles pour des maladies dont le diagnostique repose largement sur l’analyse clinique, comme certaines maladies neuro-dégénératives.

 

Nous sommes ici dans un cadre de personnalisation des protocoles de traitements. Or la baisse prodigieuse des coûts de séquençage d’ADN entre autres avancées nous permet d’imaginer que la « médecine personnalisée » (l’utilisation des données personnelles pour décider du meilleur traitement) va bientôt dépasser le cadre de l’oncologie et nous permettre des protocoles de soins préventifs adaptés à chacun.

Dr Ornish a démontré que l’expression des gênes, c’est–à-dire l’interprétation de notre code génétique, peut être transformée considérablement en seulement 3 mois grâce à  des changements de style de vie simples. Même si nos gênes nous prédisposent pour des maladies cardio-vasculaires par exemple, il est à notre portée de combattre ces atavismes.

Financer l’innovation

Ce nouveau domaine de la santé mondiale représente aussi de nouvelles opportunités économiques. Or Silicon Valley rime aussi avec financement de l’innovation. Et au-delà des traditionnels fonds d’investissements et « venture capitalists » de Sand Hill Road, on y voit croître indépendamment un modèle alternatif de financement appelé le « crowdfunding ». Un exemple récent illustre particulièrement bien le pouvoir de cette nouvelle tendance : le mois dernier, Misfit Wearables [http://www.misfitwearables.com/] a lancé une campagne de 30 jours sur IndieGogo dans le but de prouver que la demande existe pour leur nouveau produit de self-tracking « The Shine » ainsi que pour lever les fonds nécessaires ($100k) au lancement de sa production de masse. C’est la voix du marché, directe, sonnante et trébuchante.

Résultat ? En moins de 9 heures, The Shine a rempli 100% de son but, et a levé $200k auprès de plus de 2,000 « investisseurs » en 3 jours. Forts de ce succès, Misfit a augmenté le but de la campagne à $500k et (au moment de la rédaction) ils ont déjà levé $420,000 et il reste encore 24 jours avant la fermeture de cette seconde campagne… Cela ouvre bien des perspectives.

La Silicon Valley sera pionnière de la sante mondiale, en tant que pole d’attraction de recherche scientifique et centre névralgique d’innovation technologique, mais ce sont avant tout les outils qui en émanent qui nous mèneront une personne à la fois vers « 7 Billion Well ».

Mon stage dans la Silicon Valley

Mon stage dans la Silicon Valley

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Suite de notre dossier stage. La parole va directement à Clémence, Grace, Rania & Guillaume, étudiants à Paris et en stage à San Francisco. Réponses décisives pour questions essentielles.

 

Quelles galères avez-vous rencontré pour trouver votre stage?

 « J’ai principalement eu du mal à trouver des entreprises dans un certain domaine (les média), car ici tout est très tech. J’ai également eu du mal à avoir des portes d’entrée dans des entreprises américaines et me suis donc rabattue sur les entreprises françaises. La distance est quelque peu pénible également ; et si tu veux te rendre sur place pour trouver ce stage des enfers, tu es obligé de rentrer en France pour les procédures de visa ce qui est un peu « a pain in the ass ». Le réseau français pourrait être mieux cablé aussi je pense. »

Clémence, stagiaire dans une agence digitale, étudiante à Sciences Po Paris

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« Des galères… il y en a eu plein, la première étant la barrière de la langue, les Français ne sont pas connus pour leurs merveilles linguistiques en anglais. Les CV et lettre de motivation envoyés, c’est les pertes d’espoir qui surgissent quand on n’obtient aucune réponse.  Ou alors on se fait gentiment recaler parce qu’on n’est pas diplômé, on n’a pas d’expérience et on n’a pas de « majeure ». Bon, il y a eu une bonne part de procrastination aussi! »

Rania Kahloul, stagiaire au Arab Cultural and Community Center, étudiante à Sciences Po Paris

« La recherche de stage dans la Silicon Valley et sur San Francisco est assez paradoxale. Depuis la France, il est extrêmement difficile de trouver un emploi. Les écoles et universités françaises sont parfaitement méconnues aux Etats-Unis, les procédures d’obtention de VISA sont longues et fastidieuses, ou tout simplement la communication est insuffisante. Une autre raison possible est que les entreprises San Franciscaines sont principalement des startups, n’ayant ni le temps et le budget pour embaucher et former des stagiaires. Enfin, obtenir un VISA inclut passer par un sponsor. Or, ces derniers exigent que les entreprises d’accueil remplissent un certain nombre de règles (5 employés pour un stagiaire, programme en adéquation avec les études etc…), règles que les start-ups ont bien entendu du mal remplir. En revanche, une fois sur place, il est extrêmement facile de trouver du travail, grâce au « réseau » développé à travers meet-ups, events et autre net working. »

Guillaume Tétart, stagiaire à DaCast, étudiant aux Mines de Paris

Votre stage est-il était plus enrichissant que celui que vous auriez pu faire en France, au Quick de Rungis ou à la Préfecture de Sarthe?

« Ce stage est tellement plus enrichissant que les autres, non pas parce qu’il est génial mais parce que tout le décor change. On est dans une autre dimension, les codes du travail sont plus détendu qu’en France et non seulement on apprend des choses grâce au stage mais tellement plus en dehors (la ville, les évènements, le rencontre). C’est une expérience à prendre dans sa globalité. »

Grace Loubassou, stagiaire à Sephora Inc. San Francisco, étudiante à Sciences Po Paris

« L’association elle-même ! Étant donné que mon stage se passe dans un « Community Center », il y avait très peu de chances que je trouve cette équivalence aussi facilement en France, car c’est un concept très américain! Et là pour le coup, le stage permet clairement de comparer les deux systèmes, d’y apporter sa touche Française et de s’engorger de la touche américaine. Écrire des « Grants » par exemple, qui consiste à créer un projet utile à l’association ou au programme, et postuler pour certaines bourses octroyées par des entreprises et des associations. Il s’agit d’être avant tout créatif, ce qui permet d’avoir une large marge de manœuvre et d’être autonome, ce qu’on n’aurait pas forcément à notre âge dans une entreprise française. »

Rania Kahloul, stagiaire au Arab Cultural and Community Center, étudiante à Sciences Po Paris

 

 

Vos conditions de stage sont-elles conformes à l’idéal californien (tables de ping-pong et Playstation 3 dans le fond du bureau, horaires décents, salaires de Mexicains)?

« Carrément ! Chez  Sephora Inc., c’est tellement détente, il y a des pots de Snicker/Twix/Mars à tout les bureaux. Toujours une bonne ambiance et l’heure c’est l’heure : à 5h il n’y a plus personne ! C’est le rêve on a un bureau, oui un bureau en tant que stagiaire avec tout le monde au petit soin. On a de vrais missions, fini les stages photocopie, il y a un vrai climat de confiance. Mais ce que je préfère c’est les privilèges des employés, des soirées, des lunch offerts par la boite, les salles de massages …oui. »

Grace Loubassou, stagiare à Sephora Inc. San Francisco, étudiante à Sciences Po Paris

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« Effectivement, tout est fait pour qu’on se sente à l’aise. Le bureau est assez particulier puisqu’il s’agit d’une maison aménagée de façon à ce que le rez-de-chaussée soit réservé aux évènements, et l’étage aux bureaux. Tout est fait pour que l’on se sente chez soi, les horaires sont flexibles, la directrice est très ouverte et accessible, et le réfrigérateur est souvent rempli pour que l’on se serve… »

Rania Kahloul, stagiaire au Arab Cultural and Community Center, étudiante à Sciences Po Paris

« Les conditions de stage sont agréables. Les open-spaces sont conviviales, et équipés en termes de machines à café et nourritures. Les horaires de travail sont assez proches de celles de la France. En revanche, pas de place pour des vacances (du moins officielles). Les salaires vont d’un extrême à l’autre. Deux extrêmes : un ami stagiaire gagne 1 000$ par mois, tandis qu’un autre en gagne 9 000… Le salaire moyen (en éliminant ces deux pôles) doit être aux alentours de 2 500 – 3 000$ par mois, ce qui est confortable pour bien vivre en Californie. »

Guillaume Tétart, stagiaire à DaCast, étudiant aux Mines de Paris

 

La déception est-elle permise ?

« Non, dès que j’ai une baisse de régime, je pense aux entreprises  françaises  avec un micro onde qui fonctionne mal et tes collègues qui te fliquent. Après ça je me sens mieux. La déception n’est pas permise quand on sait qu’on était 200 à postuler qu’on a été prise ! La déception n’est pas permise quand tu réalises que, même si parfois tu galères, ton CV sera bien au final. »

Grace Loubassou, stagiaire à Sephora Inc. San Francisco, étudiante à Sciences Po Paris

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« Les start-up ont besoin de main d’œuvre pour s’occuper de leur support. Il est ainsi possible de voir son stage se réduire à répondre à des tickets ou des mails. »

Guillaume Tétart, stagiaire à DaCast, étudiant aux Mines de Paris

 

Quels conseils issus de votre expérience pour faciliter la recherche de stage ?

-Etre pro-active (postuler à tout et pour tout)
-Avoir de l’espoir (souvent sans réponse, il faut continuer encore et encore)
-Avoir de l’argent de côté (VISA VISA VISA)
-Relancer les entreprises pour lesquelles vous postulez, et ne pas hésiter à appeler directement, même si ça fait un peu peur. (J’ai envoyé deux e-mails et les appelés, avant d’obtenir mon stage)
-Personnalisez vos réponses et vos lettres de motivation en fonction de l’entreprise, même si cela prend du temps.
-Apprendre à coder un minimum (ce qui est à la portée de tout le monde)
-Rentrer en contact avec un stagiaire déjà sur place
-Chercher les start-up de la Silicon Valley sur le web, et leur écrire ! Le principal problème est un manque de communication/échange, et (malheureusement) on ne peut se rendre compte de ça qu’une fois déjà sur place !

La terre tremble sur le marché du mobile pour Apple et Google

La terre tremble sur le marché du mobile pour Apple et Google

Smartphones low-cost, appétit féroce d’acteurs qu’on croyait neutralisés, nécessité pour les développeurs de s’adapter à un large panel de terminaux connectés: l’hégémonie d’Apple et Google sur le marché mobile se voit enfin mis sous pression. Analyse.

On croyait que le marché du mobile se diviserait entre deux acteurs issus de la Vallée. D’un côté, Apple exerçant un contrôle absolu sur le matériel et l’OS avec l’iPhone et l’iPad. De l’autre, une nébuleuse Android où les constructeurs – HTC, Sony, Samsung, Archos -profitent d’un système d’exploitation universel, capable de tourner sur une infinité de terminaux.

L’air de rien, le Mobile World Congress est venu cette année quelque peu gâcher cette image parfaite d’une innovation concentrée dans la Silicon Valley. Certes, Samsung s’y installe pour être au plus près de ses meilleurs amis/ennemis, mais d’autres acteurs ont décidé de s’attaquer au duopole, en attaquant le marché avec des arguments radicalement opposés. Les cibles viennent désormais du Canada, d’Asie et même d’Europe. Les récentes déconvenues de l’action AAPL n’y sont probablement pas étrangères.

 

Microsoft ou BlackBerry à la 3e place?

L’ascension de Windows Phone 8 s’avère décidément bien plus lente que prévu, malgré les efforts colossaux consentis par des acteurs historiques du mobile comme HTC et Nokia aux côtés de Redmond. Microsoft dispose d’une arme de poids pour s’imposer: s’approprier, à l’image d’Apple, le matériel et le logiciel – déjà sien -.

La décision de produire sa propre tablette, Surface, était sans doute la première étape vers la conception de son propre smartphone. Certes, l’appareil lancé à l’automne dernier n’a pas encore rencontré les objectifs de l’entreprise, mais a débloqué un tabou, que seule la console Xbox était venue briser jusqu’ici: celui de la maîtrise de la chaîne, après plusieurs décennies de partenariat « x86 » avec les constructeurs tiers.

Un smartphone Microsoft? Voilà qui inquiète Nokia, entreprise européenne qui commence à peine à retrouver le salut. « Cette décision de se concentrer sur leurs propres appareils pourrait être néfaste pour d’autres constructeurs partenaires comme nous », peut-on lire dans un récent échange entre Nokia et la Securities and Exchange Commission.

 

De son côté, sans encore avoir été confronté au périlleux marché américain, BlackBerry s’avoue plus que satisfait des premiers résultats de vente du Z10, premier terminal équipé de son système d’exploitation BlackBerry 10. La production a été renforcée à quelques jours du lancement via les opérateurs américains. Thorsten Heins, actuel CEO de l’entreprise canadienne, s’avoue surpris par l’importante proportion (30% en Grande-Bretagne et 50% au Canada) des acheteurs venus d’autres plateformes (iOS et Android principalement): “Le feedback que nous recevons de nos premiers acheteurs est très positif. » Pour l’heure, aucune chiffre de vente n’a été dévoilé, mais l’enthousiasme des développeurs est palpable.

 

La recette de l’ex-RIM n’était pas gagnée d’avance. Nombre d’analystes estimaient en effet nécessaire pour sa survie que BlackBerry procède à l’octroi de licences pour son système BB10 à d’autres constructeurs. Une autre voie a été suivie, celle de la maîtrise de la chaîne: terminal, système, applications, services. Ses armes: une base d’utilisateurs encore solide et estimée à 80 millions d’utilisateurs – inutile de rappeler combien il est fréquent en Silicon Valley de croiser un professionnel équipé à la fois d’un BlackBerry et d’un iPhone -, la fin de l’abonnement dédié BlackBerry Internet, un système flambant neuf équipé d’un noyau QNX, une excellente compatibilité avec les standards HTML5, des applications natives et la capacité de faire tourner des applications Android ou Qt.

Low cost, le nouvel eldorado?

Une importante portion de la croissance mobile est désormais conduite par l’émergence d’une nouvelle catégorie de smartphones, comme le précise Frédéric Filloux sur MondayNote. Ce marché est celui du low cost, l’une des rampes de croissance les plus méconnues ou mal aimées de Nokia et sa gamme Asha à destination des pays émergents.

Si le stand le plus imposant du MWC 2013 était sans conteste celui de Samsung, plusieurs autres acteurs encore mal connus – voire revenants – ont fait preuve d’une étonnante capacité à construire des smartphones sophistiqués à des prix défiant toute concurrence (sous la barre symbolique des 200 euros ou dollars US). Ils s’appellent ZTE, Huawei  et même Alcatel.

logo de l'entreprise Huawei

Leur arme? Android, certes, mais également FirefoxOS. Ce système d’exploitation libre a fait sensation cette année, malgré son état de développement encore peu avancé. L’OS sans licence mise sur la puissance des web apps, des applications qui sont en réalité développées comme des sites web, en respectant à la lettre les standards de plus en plus sophistiqués eux-aussi du HTML5. Nokia fait d’ailleurs partie des éditeurs actifs au lancement en adaptant sa solution de cartographie Here Maps concurrente de Google Maps. Quant à Sony, dont Android est devenu le compagnon par défaut sur le segment mobile, il s’essaye lui aussi à FirefoxOS en proposant à son Xperia E de le tester de manière expérimentale.

Et l’avenir est probablement là aussi. Nous avions chassé les applications de nos ordinateurs avec le web pour ne plus devoir nous soucier de l’OS utilisé. iOS et Android ont très vite compris qu’on ne capture pas des clients sans les rendre captifs: les apps natives sont arrivées.

Le salut s’appelle interopérabilité

Sous l’émergence d’une diversification du marché et la nécessité de toucher le prochain milliard de terminaux connectés, les développeurs sont aujourd’hui face à une telle variété de tailles d’écrans, de systèmes et d’évolution de ces systèmes qu’ils peuvent adopter deux attitudes.

Deux scénarios. Le premier? Se concentrer sur iOS et Android, puis Windows Phone et le BlackBerry s’ils en ont le temps ou la capacité. Deuxième possibilité: développer des « (web) apps » en exploitant les standards du HTML5 et un responsive design, capables de s’attaquer à n’importe quelle résolution d’écran, pour s’assurer une présence sur la plus large quantité de terminaux possibles. Traduction? Se cantonner au marché occidental ou changer de paradigme.

Voilà qui n’est au fond pas sans rappeler le discours prononcé par Steve Jobs au lancement de l’iPhone en 2007: « The full Safari engine is inside of iPhone. And so, you can write amazing Web 2.0 and Ajax apps that look exactly and behave exactly like apps on the iPhone. And guess what? There’s no SDK that you need! » (Le moteur de Safari fait partie intégrante de l’iPhone. Vous pouvez écrire des apps AJAX/Web 2.0 fantastiques, qui se comporteront comme des applications natives sur l’iPhone. Devinez quoi? Il n’y a pas besoin de SDK pour cela.)

On connaît la suite de l’histoire et le formidable eldorado de l’App Store d’Apple, qui lui a permis de dominer largement le marché mobile en valeur, en détournant l’attention du web universel vers des applications natives. La forteresse n’est pas encore tombée, mais la terre commence un peu à trembler pour Apple et Google en Silicon Valley.

DOs & DON’Ts – Trouver un stage dans la Silicon Valley

      DO’s

Faites marcher la French Connexion

C’est sûrement votre atout numéro 1. Dans un environnement où vos études ne sont que très peu lisibles par les recruteurs américains qui ne connaissent pas la valeur des diplômes français, s’adresser à des Francophones peut s’avérer salvateur. La French Connexion ce n’est pas seulement l’assurance de trouver quelqu’un à San Francisco avec qui parler du PSG autour de tranches de saucissons. Il s’agit de ratisser large. Plus vous multiplierez les contacts, plus vous aurez de chance de trouver un stage. Plusieurs acteurs peuvent vous aider dans votre recherche : les institutions dont c’est le rôle (Chambre de Commerce Franco-californienne,Alliance Française de San Francisco), les étudiants de votre école basés sur place, et de manière générale les Français qui sont installés dans la Vallée. Essayez de prendre contact avec ceux-ci, entre Français on se serre les coudes, et ils vous aideront avec plaisir.

-Ayez une identité digitale irréprochable

Affichez une identité virtuelle mal ajustée lorsque vous cherchez un stage dans la Silicon Valley, c’est un peu comme porter un T-Shirt Domyos blanc à col rond avec l’étiquette qui dépasse lors d’un entretien chez Gucci, c’est rédhibitoire.  Pour présenter une carte de visite virtuelle clean, optimisez votre profil Linkedin, vérifiez vos paramétrages Facebook, nettoyer votre compte Twitter de ce qui pourrait être gênant.

Et travaillez votre référencement. Il est fort probable que votre employeur tape votre nom dans Google, pour obtenir plus d’informations que n’en laisse transparaitre votre CV et votre lettre de motivation. Si les résultats de recherche sortent votre page sur Viadeo, DoYouBuzz ou Seekube, c’est gagné. Vous pouvez considérez que votre web identité est complète. Vous donnerez alors l’impression de maitriser votre projection digitale.

Le petit plus : si vous en avez les compétences, créez un WordPress ou un Tumblr où vous présentez votre travail.

-Mettez de l’argent de côté

Si l’investissement sera assurément rentable sur le long terme, le coût financier d’un stage à San Francisco n’est pas à négliger. Plusieurs dépenses sont à prévoir, qui, additionnées, représentent une somme importante. Les frais de visa d’abord sont conséquents. Selon votre sponsor, qui joue le rôle d’interface entre l’administration américaine et vous, un visa d’une durée de dix mois peut vous revenir entre 1000 et 1500 euros. Ce à quoi il faudra ajouter le billet d’avion et le coût de la vie qui s’avère être plus onéreux qu’à Paris. Le marché de l’immobilier est ridiculement élevé à San Francisco. Pour faire des économies une bonne alternative peut être d’aller vivre à Oakland, de l’autre côté de la Baie. Sachez également que si votre employeur ne vous rémunère pas, vos entrées d’argent seront limitées, puisque votre visa de stage ne vous autorise pas à travailler légalement ailleurs que dans le cadre de votre stage.

-Disposez d’un bon accès à Internet et d’un compte Skype

A cause du décalage horaire (9h entre Paris et San Francisco), vos entretiens d’embauche se dérouleront probablement sur Internet à une heure avancée de la nuit ou tôt le matin, c ‘est selon.

Vu l’horaire, assurez vous que les outils que vous utiliserez pour la visio-conférence sont en place, de l’improvisation à ce niveau là serait mal vue. Votre compte Skype doit être renseigné (veillez à ajuster votre photo de profil) et disposer de crédits au cas où vous devez rappeler sur un numéro de téléphone aux Etats-Unis. De même configurez un compte Google+ pour pouvoir participer à des hangouts (il faudra au préalable vous créer une adresse Gmail). Enfin, assurez-vous que l’arrière plan soit dégagé et ne laisse pas apparaître des passions douteuses.

         DON’Ts

-Dites adieu au CV de papa

Les CV faits sur Word, avec la police Times New Roman, c’est fini. Il vous faut un CV visuellement attrayant dont l’apparence rappellera d’une certaine façon l’intérêt pour le design qui fait la marque de la Silicon Valley. Sans nécessairement atteindre le niveau de professionnalisme des CV de graphistes, poussez l’aspect graphique. Si vous êtes perfectionniste vous pouvez même aller jusqu’à adapter le code couleur en fonction de l’entreprise à laquelle vous envoyer votre candidature.

-Ne vous y prenez pas à la dernière seconde

Ca y est, vous avez l’accord de votre employeur. Pourtant avant d’obtenir votre visa de stage J-1, les étapes seront nombreuses et fastidieuses. Il faudra préparer un plan de formation en plusieurs phases, le faire signer par votre employeur (le scanner va fonctionner à plein régime), le faire approuver par le service de l’administration américaine en charge des stages, et enfin aller à l’ambassade des Etats-Unis à Paris. On ne saurait que trop vous recommander de prévoir le temps nécessaire à la bonne conduite de ces différentes étapes. La distance induit des délais supplémentaires, et trois mois ne seront pas de trop pour obtenir le sésame qui vous ouvrira les portes de la Silicon Valley.

-Ne parlez pas de sujets techniques que vous ne maitrisez pas

Si vous êtes à l’aise avec les nouveaux outils digitaux, ne surjouez pas votre côté digital native pour autant. Vous êtes sûrement déjà à l’aise avec les hangout de Google+, cependant certaines fonctionnalités doivent être utilisées avec précaution. Porter une barbe numérique n’est assurément pas l’indice maturité qui décidera votre employeur.