par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Tendances
C’est grâce à l’action de Cheryl Haines, Founding Executive Director de la Fondation FOR-SITE, qu’une foule qui devrait atteindre plus de 500,000 personnes que cette exposition (on dit « arrangement ») aura le plaisir de visiter cette exposition unique qui devrait rester ouverte jusqu’en Avril 2015.
Commençons par l’artiste lui-même. Ai Weiwei est déjà une étoile mondiale. Il a participé à la conception du fameux « nid d’oiseau » construit pour les Olympiades 2008 à Pékin. Il a déjà partipé à deux expositions à San Francisco, en liaison avec le Présidio. Ai Weiwei a été emprisonné en Chine (pendant 80 jours) pour « unsubordination ». Il est maintenant empêché de quitter le territoire Chinois et sous constante surveillance.
Le lieu aussi est remarquable. Alcatraz est visité par un million et demi de visiteurs chaque année. C’est la prison la plus célèbre du monde et maintenant ouverte au public. Les fantômes d’Al Capone, de George « Machine-Gun » Kelly, et Alvin Karps (le premier ennemi public numéro un) hantent encore (dit-on) les couloirs. Alcatraz est une île posée au milieu de la baie de San Francisco.
L’affaire se fit lorsque Cheryl Haines alla visiter son ami Ai à Pékin en 2011. Elle raconte son histoire dans l’introduction à l’exposition : « j’ai demandé à l’artiste quelle petite chose je pouvais faire pour lui (…) il m’a répondu qu’il espérait que je pourrais aider à la diffusion de son art et de ses idées (…) Je lui ai alors demandé « et si je vous apportais une prison ». Sa réponse fut immédiate : « oui, j’aimerai bien ça… ». En retournant à San Francisco, j’ai immédiatement contacté le Golden Gate National Parks Conservancy qui contrôle l’usage du Golden Gate Park et d’Alcatraz ». Immédiatement l’enthousiasme fut général et les différents obstacles (y compris le financement) disparurent.
L’exposition est immense. Elle contient des centaines de pièces, ainsi que plus de 1.200.000 pièces de Lego qui sont la base des gigantesques dessins directement posés sur le sol. Ces dessins rendent hommage à des « prisonniers » célèbres dont Nelson Mandela, Edward Snowden (oui, c’est pour Ai Weiwei un héro de la liberté).
Au centre de l’exposition un gigantesque cerf-volant accueille les visiteurs. Avec-le-Vent est une re-interprétation du dragon volant des mythes chinois. Chaque cerf-volant qui constitue le corps du dragon contient des citations des différents exilés ou prisonniers de la liberté. Pour Weiwei, ce dragon représente la liberté personnelle à laquelle chacun a droit. Weiwei explique que cette liberté existe toujours, même si elle n’est que le droit de rêver pour certains. La symbolique de ce gigantesque dragon, enchaîné au milieu d’une prison, et disposé comme s’il était prêt à prendre son essor est incroyablement puissante.
Un autre arrangement est appelé Trace. C’est une vaste composition représentant 176 portraits de dissidents célèbres. L’aspect le plus remarquable est que la composition, divisée en cinq parterres contenant chacun une trentaines de portraits est entièrement composée de briques Lego. Il y en a 1.200.000 !. Comme Weiwei ne pouvait lui-même venir à Alcatraz, la disposition des pièces a été faite pour les premières par Weiwei lui-même, et ensuite par plus de 80 étudiants et artistes de San Francisco à partir d’une grille digitale composée par Weiwei et envoyée par l’Internet, avec en retour les photos des portraits en cours.
John Forge et Yves Lewi (pour la superbe photo) de In The Wind)
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Innovation
Chez Silicon-Valley.fr, nous avons la grande chance de rencontrer énormément de star-up. Aujourd’hui, nous avons décidé de vous présenter la start-up grenobloise Wepic et ses deux co-fondateurs Bilel Kouider et Arnaud Jannota. Ils se sont prêtés au jeu des questions réponses. Quand la technologie vous laisse le choix, c’est de Wepic que nous parlons.
Qui êtes-vous ? ASV s’il vous plaît.
Bilel Kouider / 23 ans / Homme / Né et vivant à Grenoble
– Formation : Jeune étudiant motivé et entrepreneur en Master 2 Ingénierie Économique à l’université de Grenoble (France) avec une formation internationale à l’université d’Exeter (Angleterre). Ces expériences ont énormément changé ma façon de penser sur l’entrepreneuriat et ont confirmé ma capacité d’adaptation aux différentes personnes et cultures.
– Hewlett-Packard : Mon expérience en tant que Business Analyst de la région Europe Middle-East and Africa m’a permis de m’imprégner l’environnement au sein d’une multinationale et d’approfondir mes qualités d’analystes et d’expertises. L’environnement international au travers les équipes m’a permis également d’observer les différences culturelles des méthodes de travail.
– Wepic : Co-Fondateur et CEO de Wepic, c’est en tant que chef d’orchestre que je mets en place ce projet avec grande précaution et ce souci du détail afin de fédérer le maximum de personne pour le rendre magique et formidable. L’expérience utilisateur se doit d’être unique, ceci développe constamment la créativité et le sens de la flexibilité. Je suis plus particulièrement intéressé par l’impact des nouvelles technologies sur les modèles économiques des entreprises et comment les nouvelles technologies peuvent favoriser la fidélisation des clients et augmenter les revenus.
Arnaud Jannotta / 24 ans / Homme / Né et vivant à Grenoble. Je suis actuellement en Silicon Valley pour promouvoir ma startup avec mon associé cofondateur et aussi m’inspirer de l’air entrepreneurial de la Bay.
Formation : J’ai passé mon bachelor avec l’IUP Ingénierie Économique de Grenoble, formation formant à la polyvalence au sein de l’entreprise. J’ai par la suite enchainé avec une année à l’Université d’Exeter au Royaume-Uni, et actuellement étudiant-entrepreneur pour un MBA toujours à l’IUP. J’aimerais d’ailleurs remercier Alain Fleury (directeur de la formation IUP) et toutes son équipe pédagogique pour cette formation de grande qualité dans un contexte économique difficile pour les universités.
Mon expérience pro avant Wepic : J’ai eu des expériences professionnelles variées avant Wepic mais toujours au sein de la même entreprise, Carrefour et la grande distribution. J’ai été hôte de caisse en contrat étudiant à Carrefour Meylan pendant un peu plus de deux ans au total puis j’ai effectué un stage au sein du même magasin en tant qu’assistant manager du rayon parfumerie. Ces expériences m’ont apporté beaucoup sur les points commerciaux et relations clients qui plus est au sein du groupe Carrefour qui est le deuxième plus grand groupe de la grande distribution derrière Walmart.
L’aventure Wepic : Depuis bientôt 6 mois, je travail au sein de la startup Wepic que j’ai co-fondé avec Bilel Kouider. L’aventure a pris forme lors de notre année en Erasmus à l’université d’Exeter. C’est l’aventure la plus extraordinaire à laquelle j’ai participé jusqu’à aujourd’hui car nous développons à la fois un service répondant à un besoin du quotidien et dans le même temps en créons un outil marketing puissant à destination des marques, associations et célébrités. Pour ma part, la position d’entrepreneur m’apporte la liberté dont j’avais besoin et le fait d’être moi-même « maître » de ce que je vais faire. Wepic est l’aventure qu’il me fallait et cela tombe au bon moment.
Bilel, quel entrepreneur es-tu ? 3 mots pour te décrire !
Minutieux : c’est une manière d’être et de faire. Chaque détail assure la solidité du travail qui reflète le professionnalisme.
Persévérant : dans chaque difficulté, il y a toujours une opportunité, pourquoi baisser les bras ?
Passionné : la passion est un vecteur de motivation extrêmement important pour moi afin de le retranscrire dans le business, la création et la gestion d’entreprise.
Arnaud ? Pareil, 3 mots pour te décrire !
Irréductible : je ne m’arrête pas aux barrières qui se mettent sur la route d’un projet, comme par exemple des situations de marché monopolistique ou des contraintes techniques. Un entrepreneur existe, à mon avis, pour faire bouger les lignes existantes comme Xavier Niel (Iliad/Free) ou Marc Simoncini (Meetic) en France. Je pense que l’entrepreneur n’a pas le droit d’accepter la fatalité.
Créatif : j’ai énormément d’idées au quotidien. En creusant et en les partageant je m’aperçois qu’elles ne sont pas toutes bonnes, mais il y en a toujours une dans le lot qui ressort et qui permet d’avancer sur un point ou de lancer une nouvelle chose.
Insatiable : je suis un éternel insatisfait et je veux toujours avoir plus. Parfois c’est à mon avantage et parfois non.
Et si on parlait un peu de Wepic ? Qui / Quoi / Comment / Où ?
L’idée a émergé en Décembre 2013 à l’université d’Exeter, en Angleterre. Dans l’élan, on trouve des investisseurs privés, et des ingénieurs pour coder l’application et on lance la start-up Wepic à Grenoble en Juin 2014. Disponible aujourd’hui sur Android et iOS, l’application Wepic est fondée sur le concept suivant : envoyez aux contacts choisis deux photos accompagnées d’une question. Une manière agréable et innovante d’obtenir un retour rapide entre deux contenu. Wepic, avec son service ‘’Wepic for business’’, s’adresse également aux entreprises, associations, et personnalités. Les marques peuvent alors demander à leurs consommateurs de se prononcer entre deux choix : publicité, slogans, images, etc. Wepic devient un outil marketing simple pour analyser les tendances et permettre aux marques d’adapter étroitement leur stratégie à leur cible.
Comment vous est venue l’idée ?
L’idée vient d’un besoin que nous avons tous les deux ressenti ressenti lors de l’achat d’un cadeau commun pour un ami. Souhaitant avoir l’avis des autres personnes participant au cadeau, nous avons envoyé les différentes photos de deux chemises, résultat de notre propre sélection. En vrai, ce fut pénible ! C’était lent, pas intuitif et vraiment confus pour tout le monde. Trop de photos, trop de personnes, trop d’avis différents. Du coup, Wepic est né.
Quel business modèle ?
Le service principal est gratuit pour les particuliers. L’utilisation du site internet « Wepic for Business » destiné aux marques reprenant les fonctionnalités de l’application l’est aussi. En revanche, nous avons créé un pack données et analyses ‘’Wepic Analytics’’, qui lui est payant et sans engagement.
Moments clés positifs et négatifs ?
Les moments clés positifs de notre jeune start-up c’est l’excellent retour positif de la première communauté Wepic qui ne cesse de grandir. C’est également les échanges avec de nombreux entrepreneurs ou des spécialistes de l’exploitation de données et de l’high tech en général. C’est aussi le business booster organisé par la FACCSF, French American Chamber Of Commerce in San Francisco, utile pour un premier contact et une compréhension du marché Américain.
Il n’y a aucun point négatif car on a la chance de faire ce que l’on fait ! Travailler constamment sous pression c’est ce qui rend cette expérience riche en apprentissage.
On parle beaucoup de la French Touch dans l’entrepreneuriat, qu’en pensez-vous ?
La French Touch est quelque chose de bien réel dans l’entrepreneuriat. Beaucoup d’entrepreneurs français sont installés en Silicon Valley et y ont levé des fonds, ce qui prouve bien que les français ont leurs qualités dans l’entrepreneuriat et ont leurs voix à faire entendre. Ce qui est génial, c’est que les entrepreneurs français sont même présents sur une très grosse partie du globe, soulignant encore plus le fait que les entrepreneurs français peuvent réussir partout.
Que représente la France dans votre aventure, est-elle propice à l’innovation ?
La France est le berceau de Wepic, c’est donc un écosystème auquel on doit beaucoup. En revanche, Wepic est aussi international. Et OUI la France est propice à l’innovation aujourd’hui, comme ce fut le cas hier et comme cela sera le cas demain. Les ingénieurs français, par exemple, font partie des meilleurs au monde. L’innovation est permanente en France, et encore plus dans le bassin grenoblois où nous sommes basés et où de nombreuses start-up ou grands groupes innovants évoluent. La France situe peut être son innovation technologique dans l’industriel et le backstage si on peut dire, c’est peut être ce qui la rend moins identifiable par tous. Les produits innovants grand public héritent incontestablement de technologie Made In France. Ils sont très souvent utilisés en marque blanche ou autre par de grands groupes étranger.
Faut-il s’exporter ou tout du moins s’inspirer ailleurs pour réussir ?
Oui et Non. S’inspirer est nécessaire si l’on veut faire les choses différemment ou importer de nouvelles choses dans son pays d’origine, mais l’on peut y revenir et développer son business. Certes, il est plus difficile en France de faire évoluer son business et il est nécessaire de faire un gros travail de fond afin que les entrepreneurs puissent évoluer de manière sereine. Nous devons nous inspirer de la Silicon Valley pour l’atmosphère entrepreneurial qui règne, comme le partage des idées ou bien l’accès aux connections des autres entrepreneurs quasiment au premier contact. Est-ce que Jacques-Antoine Granjon de ventes-privee.com ou bien Marc Simoncini (créateur de Meetic) se sont exportés ? Non. Ce sont-ils inspirés ailleurs ? Peut-être.
La Silicon Valley est depuis longtemps une référence en terme d’innovation, pensez-vous que ce soit toujours le cas ?
La Bay Area reste une référence en terme d’innovation, cela est certain. L’innovation est présente au quotidien et la Silicon Valley sera sûrement dans la dizaine d’années à venir la ville du futur avec par exemple l’arrivée des Google Cars en self-driving qui vont augmenter clairement ce ressenti. Cependant, la riposte s’organise un peu partout dans le monde afin d’attirer les futurs start-up de demain. New York City et sa Silicon Alley ou bien La Halle Freyssinet à Paris, le plus grand incubateur de startup au monde financé en très grande partie par Xavier Niel.
L’évolution de Wepic en 3 points clés ?
Court terme : amélioration du service Wepic avec le processus d’inscription pour améliorer l’accès aux contacts utilisant déjà l’application et une levée de fond pour mettre en place la stratégie.
Moyen terme : ajout de nouvelles fonctionnalités et placement sur de nouveaux marchés.
Long terme: bâtir de nouvelles expériences de partage et rendre Wepic indispensable pour différentes tâches du quotidien.
Si vous deviez citer une startup française à suivre en ce moment, laquelle ?
Spartoo.com la startup grenobloise dirigé par Boris Saragaglia qui continue son essor à l’international et son intégration récente du Spartoo Marketplace.
Une personne à rencontrer sur San Francisco et ses alentours ?
Sans hésiter Elon Musk [ndlr : Tesla Motors]
Merci à vous deux et puis si vous aussi, derrière votre ordinateur, vous souhaitez nous parler de votre projet et le partager avec notre communauté, écrivez-nous sur : charlotte@silicon-valley.fr
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Tendances
En août 2014, le Sénat Californien a approuvé une loi (SB-962) qui imposerait à tous les téléphones cellulaires vendus en Californie d’avoir un « kill switch » rendant l’appareil inutilisable en cas de vol, avec cependant la possibilité de réactiver l’appareil si le propriétaire le demande. Selon son auteur, le sénateur démocrate Mark Leno cette loi devrait « instantanément stopper les voleurs de téléphones cellulaires ». La Californie est le deuxième état (après le Minnesota) à avoir passé une telle loi. Ceux qui supportent cette loi insistent qu’elle est particulièrement utile pour protéger les enfants qui se font voler leurs iPhones (ou autres smartphones qui sont en forte demande) et risquent plus que les autres utilisateurs de se faire blesser ou même tuer. Le problème bien sûr est de savoir qui peut activer le système, et pourquoi ?
Pour beaucoup, (dont la puissante CTIA – qui représente l’industrie des téléphones mobiles), il vaut mieux suivre les téléphones volés (via leur code interne) et remonter vers leurs utilisateurs plutôt que de les incapaciter. La CTIA propose même de créer une base de données des téléphones volés et de faire remonter l’information après chaque incident, permettant par exemple une meilleure information sur les bandes organisées. Mais surtout les associations de défense des libertés individuelles soupçonnent un piège. Il sera trop facile pour le gouvernement (local ou fédéral) de demander l’activation de cette loi, non seulement sur des bases générales (comme un district ou une ville), mais aussi en sélectionnant précisément chaque numéro de téléphone figurant sur une liste… rien de plus facile avec un ordinateur, même portable ! De là à penser que certains critères de sélection puissent être politiques, comme cela a été le cas dans le scandale de l’IRS (qui pendant plusieurs années a discriminé contre les associations associées au Tea Party en leur refusant leur statut fiscal préférentiel). Plus inquiétant encore, Parker Higgins (membre actif de l’Electronic Frontier Foundation) pense que cela permettra à des administrations de bloquer ou aveugler journalistes, activistes, citoyens-journalistes, etc. Le mal peut aussi être plus insidieux si la mesure est accompagnée de modifications des lignes de discussions sur les réseaux sociaux, permettant d’éliminer la propagation de messages « mal pensants » en en limitant la diffusion organique. Finalement, il y a le danger très réel qu’une fois le système a été mis en place sur tous les téléphones de Californie, il puisse fournir une « porte secrète » des hackers opérant seuls (par pure malveillance) ou pour le compte d’une organisation commerciale ou représentant des intérêts partisans ou même venant de pays étranger. Pour en savoir plus, il est passionnant de lire un article dans lequel Mat Honan, un journaliste de Wired raconte en détails sa mésaventure : www.wired.com/2012/08/apple-amazon-mat-honan-hacking).
De San Francisco, John Forge
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | News
Francophones influents : unissez-vous!
Quel est le premier réflexe de tout expat’ qui tente sa chance à l’étranger ? Essayer de rentrer en contact avec sa communauté, que celle-ci soit entendue au sens professionnel, culturel ou autre.
Benoît Buridant est parti de ce besoin évident pour lancer le réseau social FrenchFounders. Sa vocation: faciliter les échanges entre entrepreneurs français basés à l’étranger, que cela soit via la plateforme du site ou dans le monde réel. Ainsi, tous les 15 jours, des évènements comme des petits-déjeuners thématiques sont organisés pour permettre aux membres de se rencontrer et d’échanger bonnes pratiques et contacts. L’idée est simple, et c’est bien ce qui la rend puissante : lancé en mars dernier à New-York, la structure compte d’ores et déjà plus de 350 membres répartis sur le sol américain, canadien et brésilien.
Qui sont ces membres ? Tous sont CEO ou entrepreneurs. Cet aspect est un point clé de l’identité de FrenchFounders : la structure revendique un positionnement haut de gamme. Loin de se limiter au réglement d’une cotisation annuelle ou à l’accès à des services privilégiés (tarifs négociés pour des chambres d’hôtel, location de bureaux…), ce positionnement premium se traduit avant tout par la forte sélectivité des candidatures retenues. La promesse de valeur tient en effet à la qualité des profils des membres. Parce que ce sont eux qui font la force de ce réseau dédié au business.Et, bonne nouvelle, les femmes sont d’ores et déjà bien représentées au sein de cette communauté.
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Innovation
Il était une fois des gens qui se croisaient, qui se plaisaient et qui se perdaient de vue à tout jamais. Pour transformer l’histoire en conte de fées, certains s’essayaient au système des petites annonces: telle une bouteille à la mer, ils publiaient quelques lignes dans un journal avec l’espoir qu’elles soient lues par l’inconnu(e) de la ligne 4 croisé(e) à 7h36 à la station Château d’Eau.
happN est la version des temps modernes de cette pratique. L’enjeu : utiliser la puissance de la technologie pour pallier au constat navrant de toutes ces occasions manquées. L’idée : repartir du monde réel comme au bon vieux temps, et mettre la technologie au service de celui-ci. Et c’est là que se situe toute l’originalité de son positionnement. En effet, à la différence d’un Tinder, Meetic ou autre concurrent, HappN fait de la rencontre physique le pré-requis à toute mise en contact virtuelle. Seuls les profils des individus dont vous avez réellement croisé les pas vous sont présentés : le dating est réancré dans la réalité. La rencontre redevient le préambule à toute histoire, et non la conclusion laborieuse de 72 emojis, 34 ‘lol’ et 1347 messages (généralement bourrés de fautes d’orthographe, dussé-je le préciser).
Réintroduire cette sérendipité dans le monde de la rencontre était indéniablement un besoin au vu du succès fulgurant de l’application. 1 million de membres en 6 mois à travers le monde : ce chiffre phénoménal parle de lui-même. L’engouement pour la plateforme tient plus du coup de foudre que de l’histoire sans lendemain: la progression exponentielle de la base d’utilisateurs va de pair avec un taux de rétention hors du commun. Née en France au premier semestre 2014, la start-up fait déjà chavirer les cœurs : les grandes capitales européennes sont séduites les unes après les autres, et c’est désormais au tour de New-York de succomber à la tentation.
ll faut dire que la petite française a plus d’une corde à son arc. Toute jeune, elle ne pâtit pas de l’image vieillie, pour ne pas dire ringarde, de certains de ses concurrents comme Meetic. Mais, même face à un jeune Apollon comme Tinder, happn n’a pas à rougir : l’application apporte clairement une valeur ajoutée en termes d’expérience utilisateur. L’exemple le plus éloquent réside sans doute dans l’interface elle-même : alors que sur Tinder, il faut impérativement prendre parti sur un profil pour voir le suivant, happn offre la possibilité de passer en revue tous les profils croisés sans avoir à se prononcer.
Au-delà de ses techniques marketing et technologiques pour courtiser le marché, happn échafaude des business plans tout aussi sexys. Par exemple, si l’attirance pour un profil est trop forte, l’application offre la possibilité à un homme d’engager la conversation avec une femme qui n’aurait pas encore « liké » son profil, et ce moyennant l’achat de crédits en monnaie sonnante et trébuchante. Le système fait néanmoins du respect de la vie privée l’un de ses principaux chevaux de bataille : de multiples précautions sont prises pour éviter que cela ne nuise à l’expérience. Ainsi, impossible pour un homme qui n’a pas été « liké » de relancer la conversation si l’interlocutrice n’a pas répondu à son premier message. A terme, la start-up pourrait également engendrer des revenus via de la publicité, mais là encore hors de question de le faire au détriment du plaisir des membres. L’idée serait d’intégrer autant que possible la publicité dans l’application et non d’en faire un arbre de Noël commercial. Savoir-vivre et charme à la française, donc, pour cette nouvelle application !
