Big Data, Partie #3 – Big Data et la Politique

Après avoir expliqué à quoi renvoie l’expression « Big Data » (partie #1) et l’élan entrepreneurial qu’elles suscitent (partie #2), nous nous interrogeons maintenant sur l’utilisation des Big Data en politique, et plus largement, à quoi ressemble une vie quotidienne de plus en plus guidée par des algorithmes.

Les Big Data font leur entrée en politique

La capacité à prédire le comportement d’un groupe de personnes à partir des données recueillies sur elles trouve de nombreux domaine d’application : marketing ciblé, prévention médicale, mais aussi connaissance de l’opinion publique, ce qui n’est pas passé inaperçu du monde politique.

Pour sa campagne de deuxième mandat, le Président Obama a fait appel à une armée d’informaticiens (Geek Squad) afin de mettre au point des stratégies de micro-ciblage des électeurs.

Connaître les habitudes des internautes permet de les exposer à des messages ciblés pour le public qui se trouve sur tel site Internet à une heure déterminée. Les messages sont d’autant plus efficaces qu’ils sont personnalisés.

Un internaute qui a voté lors des quatre dernières élections verra s’afficher sur son écran des messages l’incitant à voter pour tel ou tel candidat, alors que son voisin, qui ne s’est pas déplacé pour son devoir civique depuis plusieurs années, verra s’afficher des publicités pour une marque de vêtements. Les informations sur le comportement politique des personnes sont ainsi croisées à leurs habitudes de fréquentation du web et des réseaux sociaux, avec comme résultat une capacité de ciblage haute précision des publicités politiques en ligne. Les candidats peuvent, grâce à ces publicités ciblées, « acheter » un public dont ils spécifient les paramètres, plutôt que de dépenser des fortunes en messages non ciblés sur des canaux grand public.

De la prédiction à la persuasion, ou l’automatisation de la propagande

Les pages des réseaux sociaux comme Facebook et LinkedIn deviennent peu à peu le vecteur privilégié de ces messages ciblés, et c’est probablement sur les réseaux sociaux, au milieu des messages d’amis de confiance, que les messages ciblés seront le plus efficaces. Les messages peuvent inciter à choisir tel candidat plutôt qu’un/e autre, sensibiliser l’opinion autour de telle ou telle question, ou simplement, inciter les gens – notamment les plus jeunes – à se rendre aux urnes.

 

Qui va écrire ces messages destinés à inonder nos profils Facebook ? Certainement pas des humains. Là encore, les progrès de la technologie accompagnent le mouvement. Sean Gourley, que nous avons interviewé pour cet article, décrit la montée du high-resolution storytelling, c’est-à-dire la capacité qu’ont les ordinateurs de générer des « histoires », du texte, des messages, de mieux en mieux adaptés à leur destinataire.

 

La capacité des ordinateurs à imiter les humains dans la production écrite fait des progrès considérables depuis deux ans. Les journaux sont déjà plein de petits articles présentant les résultats d’une rencontre sportive et qui ont été écrit par un ordinateur. La startup Narrative Science, basée à Chicago, a crée une plateforme capable de générer des textes à partir de grandes quantités de données comme s’ils avaient été écrits par des personnes.

 

Principalement utilisée pour de l’information à la prose standardisée, comme les rapports financiers ou les résultats sportifs, les champs d’application s’étendent avec le degré de sophistication du logiciel.

 

« Twitterbots » et faux profiles Facebook

Nous nous laisserons convaincre d’autant plus facilement par un message s’il nous parvient sur un site de prédilection (Facebook), et s’il emploie un langage et des thèmes qui nous sont familiers, et ce grâce à la capacité grandissante des logiciels à dupliquer le ton et les tics de langage de nos correspondances habituelles. Les « journalistes robots » deviennent de plus en plus efficaces.

De la modélisation au modelage des comportements

Il devient par exemple possible d’analyser d’énormes bases de données textuelles (comme les tweets mentionnant tel candidat politique), dégager les tendances montantes et descendantes, et même, générer de nouveaux Tweets à l’aide de Twitterbots [c’est-à-dire des comptes artificiels Twitter qui génèrent des messages automatiquement] pour corriger les tendances. On sort ainsi d’un usage des Big Data comme outil d’analyse qui permette de modéliser finement les comportements, c’est-à-dire les représenter pour mieux les comprendre, à une utilisation qui est plus du ressort du modelage, de la production et du façonnage des opinions.

Les conséquences politiques sont extrêmement importantes puisque dans le système américain, les élections se jouent très souvent au vote des « Indépendants » qui peuvent basculer d’un côté ou de l’autre, et sont donc une cible privilégiée pour le micro-ciblage politique.

 

Conclusion : le « marché noir » du Web

La montée en puissance du Big Data est donc le corollaire logique de la montée en puissance des réseaux sociaux :

  • nous passons de plus en plus de temps à lire et produire des messages sur Facebook et Twitter ;
  • ces messages s’accumulent à l’échelle du monde connecté et constituent des masses de données contenant de précieuses informations sur nos goûts et nos opinions
  •  ordinateurs puissants minent ces informations, dégagent les tendances, permettant ainsi leur analyse par des ceux (politiciens, stratégistes en marketing) qui font leur business de cette information ;
  • bouclant la boucle, certaines entreprises vont produire de manière mécanique de nouveaux messages ciblés et les diffuser sur les réseaux sociaux adéquats afin d’agir sur les tendances.

Corollaire sur le versant économique, on voit se développer un « marché noir » des faux comptes de Twitter et Facebook, qui permettent de fabriquer la nouvelle fausse monnaie du web : les « likes » et les « Twitter followers ».

 

Ariane Zambiras

Bio, esprit d’aventure et produit de qualité: la Silicon Valley sait faire la fête !

Bio, esprit d’aventure et produit de qualité: la Silicon Valley sait faire la fête !

La Silicon Valley, c’est le royaume des puces électroniques et des apps, mais pas seulement. L’innovation technologique, le goût pour les clean tech et les cocktails savoureux dégustés entre amis dans les bars de Mission stimulent l’innovation dans d’autres domaines. Silicon-Valley.fr vous emmène aujourd’hui découvrir un produit qui promet d’apporter joie et bonne humeur à vos célébrations post levée de fonds et autre hackathon. Il n’y a en effet qu’un pas de la chaleur de la Caraïbe française à la fraicheur pacifique de Marin County. Un pas léger qui a été franchi par l’équipe des fondateurs de Rhum Batiste, et

qui les emmène vers la voie du succès.

 

Inspirés par la douceur du terroir français la convivialité du rhum agricole et les valeurs de la Baie de San Francisco (sustainability, processus de production écologique et transparent), Tristan Mermin (San Francisco) et Hubert Damoiseau (Marie Galante) se sont associés pour lancer Rhum Batiste, un rhum blanc haut de gamme, déjà distribué dans les Wholefoods du Nord de la Californie. Le projet s’inscrit au croisement de plusieurs tendances qui font palpiter la Silicon Valley.

 

 Tout d’abord, la primauté accordée aux produits de qualité – on retrouv

 

e ici l’exigence française : n’importe qui fait ses courses dans la région, ou fréquente les restaurants des « gourmets ghetto », sait bien l’importance que les Californiens du Nord accordent à la qualité des produits qu’ils cuisinent. Nous sommes bien dans la région du Slow Food mouvement, de Chez Panisse, avec une réelle prise de conscience de l’importance de la qualité de ce que l’on met dans nos assiettes et dans nos verres. Le rhum Batiste a établi sa réputation de produit d’exception en remportant plusieurs prix dont la médaille d’or au Miami Rhum Festival. Il se positionne parmi les produits haut de gamme pour des consommateurs exigeants.

Deuxième tendance forte de la Californie du Nord, l’importance du « bio » (organic en langage vernaculaire), qui, au-delà d’un effet de mode, structure les habitudes de consommations des San Franciscains. A la différence du rhum commun fabriqué chimiquement à partir de résidus de la production de sucre (molasse), le rhum agricole est issu de la transformation naturelle des cannes à sucre. Rhum Batiste est produit de manière artisanale dans une installation au bilan carbone négatif, équipée de panneaux solaires, à partir de cannes fraichement coupées et cultivées sans pesticides.

Enfin, ancrée dans le bouillonnement entrepreneurial de la B

ay Area, l’équipe de Rhum Batiste se prépare à lever des fonds pour créer une rhumerie en Californie et poursuivre l’expansion de la marque dans le segment des alcools ultra-premium. Préparez-vous à retrouver Rhum Batiste lors d’événements de la communauté française de la Bay très bientôt !

 

 

Les jumeaux Winklevoss: De Facebook à Bitcoin

Les jumeaux Winklevoss: De Facebook à Bitcoin

Absolument hyperactifs, fascinés par l’ombre (l’aventure des Bitcoins) et la lumière (les jeux Olympiques de Pékin), Tyler et Cameron Winklevoss sont nés le 21 Aout 1981 près de New York dans un milieu intellectuel : le père –Howard E. Winklevoss – était professeur de science actuarielle (calcul de probabilités appliquées aux assurances vie). Il est l’auteur d’un livre de référence dans le domaine. Leur mère était une psychiatre de renom. Très tôt les jumeaux manifestent un goût pour « le différent » en choisissant d’étudier le latin et le grec ancien. A 19 ans, ils entrent à Harvard, et sont envoyés faire un stage à Oxford (en Angleterre) où ils en profitent pour gagner un « bleu » (la plus haute distinction pour avoir atteint le plus haut niveau de compétition) dans la célèbre course d’aviron entre Oxford et Cambridge.

En 2007 ils gagnent une médaille d’or pour l’aviron en équipe, et finiront en double seconds aux jeux Olympiques de Pékin.

Harvard sera leur premier terrain d’expérimentation. Les deux frères créent (avec leur ami Divya Narendra) la HarvardConnection qui permet aux étudiants de simplement poster des messages, inviter des amis et ajouter des activités à leur profile.

Pendant ce temps un jeune « bizuth », fils d’un dentiste et d’une psychiatre de New-York travaillait sur un projet (qui deviendra Facemash), et choisit d’accélérer les souscriptions en accédant illégalement à la partie « privée » du réseau de l’école pour copier quelques profiles d’étudiants et des photos d’identité disponibles pour chaque dortoir, ce qui lui vaudra d’être poursuivi par l’Université et évitera de justesse le renvoi.

Les frères Winklevoss décident d’embaucher le jeune « geek » pour améliorer la HarvardConnection. Il ne faudra pas longtemps à ce dernier pour réaliser qu’il y a une énorme demande. Il abandonne alors la HarvardConnection (qui devient ConnectU) et décide (sans plus se poser de problème) de garder ses programmes et les nouvelles idées qu’il a glanées. Il développe alors son propre système : The Facebook. Vous l’avez deviné il s’agit du jeune Marc Zuckerberg. La suite fait partie de la légende racontée dans le film « Le Réseau Social ».

Bien sûr les jumeaux sont furieux, et ils attaquent Zuckerberg… et gagnent ! Facebook sera condamné, mais à payer, mais seulement 130 millions de dollars ! Arès avoir tenté de faire appel, les frères Winklevoss décident alors d’arrêter leur procès et d’investir l’argent  en créant en 2012 un fond d’investissement : Winklevoss Capital management qui va se spécialiser dans le « seed funding » c’est-à-dire les sociétés en création au tout début de leur recherche de capital.

Un des premiers investissements de WCM est SumZero (un fond d’investissements), créé par Divya Narendra (oui, le même). D’autres sociétés suivront : Hukkster (« on line shopping ») et Keepy (partage de photos de famille).

En avril 2012, WCM découvre les Bitcoins et achètent 1% de tous les Bitcoins existant à cette date et représentant 11 millions de dollars au début de 2013. L’investissement vaut au moins 5 fois plus maintenant. Mais les Winklevoss ne s’arrêtent pas là. Le 1er Juillet 2013, Ils utilisent une de leurs sociétés (Math-Based Assets Services) pour créer le Winklevoss Bit Coin Fund. Ce fond investira en 2013 1,5 millions de dollars dans la création d’un payeur en Bitcoins : BitInstant. C’est cette société qui vaut aujourd’hui aux jumeaux une nouvelle entrée dans les médias : Au moment où nous écrivons cet article, le CEO (directeur général) Charles Shrem est en état d’arrestation par la police américaine pour complicité avec Robert Faella (lui aussi arrêté) pour collusion et complicité dans divers trafics de drogue via le site BTCKing accusé d’être un site de blanchiment d’argent (ou plutôt de Bitcoins) de la  célèbre « Route de la Soie » (Silk Road).

Pour l’instant l’histoire s’arrête là… mais l’épopée, n‘en doutez pas, continue. A suivre.

10 ans de Facebook : un avenir?

10 ans de Facebook : un avenir?

En février 2004, Marc Zuckerberg, jeune étudiant d’Harvard, lançait Thefacebook.com, un trombinoscope 100% réservé aux étudiants. Dix ans après, ce drôle de support corporate est devenu universel et rassemble plus d’1.2 milliards d’utilisateurs. Facebook (la disparition du « The » date de 2005) s’impose aujourd’hui comme une marque incontournable, usuelle et forcément critiquée. Comment une simple idée a-t-elle pu grandir si vite pour devenir une multinationale de la Silicon Valley ? Le réseau social fêtera-t-il ses 15 ans ?

Une ascension fulgurante

Facebook (Facemash à l’origine) ouvre au grand public en septembre 2006 et compte déjà 100 millions d’utilisateurs en 2008. Le réseau social évolue, s’adapte et s’inscrit de plus en plus dans le quotidien des internautes en répondant à leurs envies. En 2010, un simple bouton va changer la vie de millions de personne, » J’aime ». Il n’est plus simplement question de scruter le profil de ses amis et d’aller inspecter ses futurs « amis ». Le clic sur « Jaime » devient une habitude, une manière d’approuver une idée, de valoriser une actualité ou de mettre en avant nos goûts ou nos surprises. Facebook entre dans l’ère du « tout dit / tout commenté » et ce sont effectivement les interactions qui vont expliquer la réussite de ce géant en devenir.

Un modèle en perpétuelle construction

En 2011, Facebook atteint l’âge de raison en fêtant 845 millions d’abonnés. La régie publicitaire arrive progressivement à maturité et les marques ont depuis longtemps pris possession des lieux, trop heureuses de pouvoir toucher de nouvelles cibles, et leurs centres d’intérêt, en s’attachant à des critères comportementaux : préférences, appartenances, communautés… Les publications fusent et l’aspect visuel prend une importance croissante. En 2012, le premier des réseaux sociaux rachète Instagram et vit une introduction en bourse mouvementé avec une valorisation à 104 milliards de dollars. L’action chute mais se relève. Les bénéfices sont records et les ambitions dévorantes, malgré un modèle économique discutable. Facebook pèse aujourd’hui 150 milliards de dollars. Aucune entreprise n’y est arrivée aussi vite.

Comment Facebook a-t-il révolutionné Internet depuis 10 ans ?

A l’origine, la définition même de réseau « social » semble exagérée tant Facebook (et internet de manière générale) sont considérés comme des espaces virtuels, ludiques, subjectifs et dépourvus de poignées de main. Pourtant les gens sont présents, se rassemblent, partagent et s’amusent. Bien-sûr, les détracteurs sont là mais deviennent de plus en plus minoritaires. Facebook empêche ou favorise-t-il les sorties/réunions/retrouvailles…les vrais amis ?

Un lien social se retisse-t-il grâce aux réseaux sociaux ?

  • L’enfant n’est plus isolé, ni ignorant, il a des amis et apprend beaucoup (de manière superficielle et parfois dangereusement, certes).
  • L’adolescent n’est plus blasé, ni renfermé, il communique et partage ses étonnements (mais ne descend plus dîner).
  • Le perdu de vue ne l’est plus. On reprend contact (pour mieux s’oublier après?)
  • Le camarade de promo est décortiqué (parfois jugé trop vite). Les apparences sont trompeuses mais ludiques.
  • L’étudiant perd son temps (plutôt que travailler) puis l’optimise (une soirée s’organise en 3 clics, une réunion de projet aussi) !
  • L’expat trouve un moyen de partager son expérience et de garder contact. (Le pauvre voyage au gré des photos du riche).
  • L’utilisateur (toi, moi, eux) trouve sa vie insipide à côté des expériences de ses amis (Il va à son tour enjoliver ses expériences) et son loisir n°1 devient la curiosité.
  • Les parents, eux, restent sur la touche, éloignés.  Mais pas pour longtemps…

Les adultes se montrent tout aussi curieux et s’inscrivent. Les familles se recomposent. Les groupes et communautés s’échangent des informations stratégiques. Les événements naissent. Les entreprises prennent le train en route et s’inventent un ambassadeur capable de parler au nom de la marque. Ce VRP va aller à la rencontre des clients en dehors du point de vente mais toujours dans un objectif de notoriété et d’image. Puis, la page entreprise permet aux sociétés de se créer un historique de marque, un flux d’actualités, une vitrine évolutive et de générer du trafic pour accroître les ventes.

Facebook, cible des critiques, faiblit-il ?

Du trombinoscope initial, au moteur de recherche avancé et bientôt au bouton « Empathie » (soupçonné), Facebook est une plateforme qui a su évoluer en fonction des usages de ses membres et de leurs préoccupations. Pourtant, qui n’a jamais pesté contre la mise à jour de la timeline, perturbante et nécessitant de se réhabituer à l’interface ? Cependant, le réseau social s’impose et compte sur ses revenus débordants pour proposer toujours plus de nouvelles fonctionnalités.

Les critiques les plus violentes visent aujourd’hui la protection des données personnelles et la politique de confidentialité de Facebook. Des critiques qui semblent légitimes à la vue des données exploitées par le réseau. Mais jusqu’ici, celui-ci se targue juste d’être une place publique sur laquelle chacun est responsables de ses actes. Malgré tout, le  profil est de plus en plus doté de clauses et d’alertes invitant l’utilisateur à choisir par qui telle ou telle information est visible. Les critiques sont acerbes mais n’arrêtent pas l’élan des utilisateurs.

Usages radicaux, promotions prohibées, risques pour la jeunesse, les sujets polémiques ne manquent pas. Néanmoins, si la dangerosité de son usage est une question récurrente, c’est au sujet de l’évolution du profil des utilisateurs que les doutes s’installent. Support générationnel, si les parents y sont pourquoi les jeunes voudraient y être ? La nouvelle génération se dirige vers d’autres réseaux sociaux, alors on annonce la fin du géant. Mais la concurrence ne l’effraie pas. Au contraire, Zuckerberg s’en nourrit, rachète les projets les plus complémentaires et s’inspirent des réussites sociales.

Le virage mobile, la stratégie de conquête

Le réseau social vieillit mais se bonifiera-t-il avec le temps ? Il est désormais utilisé sur tous les supports. Si les premières applications mobiles ont été bancales, Facebook a corrigé le tir et la version mobile guide maintenant le développement de la version web. De plus, les mobinautes consultent leurs actualités et interagissent en temps réel depuis n’importe quel site web socialement apprêté. Au dernier trimestre 2013, 53% du chiffre d’affaires de la régie publicitaire provenait du mobile. Les rentrées publicitaires explosent depuis que les marques peuvent intercaler leur publicité entre les messages des membres et créer des applications et des jeux sans limites de développement.

Plus que jamais, le modèle économique s’affine et du côté de Menlo Park, on ne s’inquiète pas du départ de milliers de membres ou du manque d’intérêt des 15-25 ans. D’abord parce que les plus de 25 ans sont ceux qui consomment le plus sur internet, ensuite parce Facebook souhaite partir à la conquête de marchés émergents en Asie et en Afrique, là où de nouveaux millions d’utilisateurs potentiels l’attendent.

Effectivement, le premier réseau social mondial n’est pas irréprochable, il est le « lieu web » le plus fréquenté donc l’endroit où il y a le plus d’abus. Il est le plus utilisé donc le plus sujets aux débordements. Le géant Facebook doit amener ses utilisateurs, particuliers comme professionnels, à faire preuve de vigilance, mais il n’en reste pas moins un modèle de réussite comme seule la Silicon Valley sait en façonner. Voilà pourquoi, Facebook attire tant et pourquoi chacun veut rencontrer Marc Zuckerberg, à commencer par le président François Hollande en visite dans la Silicon Valley le 12 février. L’occasion pour le président français de fêter un très joyeux anniversaire au créateur du réseau social avant d’évoquer les questions fiscales !

Le crowdfunding est à l’honneur – Kickstarter, élue meilleure startup 2013!

Le crowdfunding est à l’honneur – Kickstarter, élue meilleure startup 2013!

Crowdfunding

A la 7th Annual Crunchies Award, Kickstarter – première plateforme américaine de financement participatif – remporte le prix de la meilleure startup 2013. Depuis sa création en 2009, la  plateforme a déjà rassemblé plus de 5 millions de petits investisseurs qui ont financé plusieurs milliers de projets capitalisant $900 millions. De l’art, en passant par les jeux vidéo, le design ou les projets cinématographiques, presque tous les secteurs sont représentés pour permettre à l’artiste comme au développeur Ruby de soumettre leur projet à la plateforme d’investissement en ligne.

Source: Infographic by Column Five

Cette récompense est un très fort signal envoyé par la communauté des entrepreneurs de la Silicon Valley, qui souhaitent promouvoir la spirale vertueuse de l’innovation participative. Outre le fait que le crowdfunding aux Etats-Unis est en pleine expansion – l’industrie représentait $2,7 milliards en 2012 – les plateformes en ligne se spécialisent dans un secteur d’investissement et les modèles de financement se complexifient. A l’origine, les petits investisseurs montraient leur intérêt pour un projet en apportant une contribution financière sous forme de donation. Par souci de revoir un jour la couleur de leur argent, les investisseurs achètent désormais des parts de capital leur garantissant un retour sur investissement, dans l’espoir que la startup dégage des revenus et se fasse même racheter dans le meilleur des cas. Indiegogo, Crowdfunder, RocketHub ou encore Crowdrise sont autant de plateformes de financement participatif qui offrent l’opportunité aux petits projets comme aux grandes idées de tester un concept en demandant aux internautes de participer à l’aventure. Dans ce sens, le crowdfunding a parfaitement réussi à marier les mondes de l’entrepreneuriat et de la philanthropie.

Si le crowdfunding aux Etats-Unis est désormais une pratique courante auprès des internautes, c’est aussi parce que la législation est souple quant aux règles pour investir. Inspiré par les modèles américain et israélien, Bercy vient de prendre la décision de simplifier le financement participatif en France, qui souffrait jusqu’à présent de lourdeurs administratives et d’un plafond d’investissement très bas, 100.000€, pour les startups françaises qui ont besoin de financement précoce. Si la loi passe en Juin 2014,  les plateformes de crowdfunding françaises – UluleKissKissBankBankMy Major Company – auront la possibilité de lever le plafond d’investissement à 1 million d’euros pour 1.000 prêteurs, soit 1.000€ par investisseur au maximum.

Depuis quelque temps en France, de belles initiatives pour la promotion de l’entrepreneuriat annoncent un avenir prometteur aux créateurs d’entreprise. L’inauguration de la ‘French Tech’ – accélérateur de startups françaises installées à San Francisco – par François Hollande lors de son récent déplacement en Californie est une première vitrine pour les startups françaises qui peuvent désormais grandir au rythme de la Silicon Valley.