par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | News
Twitter vient de soumettre son dossier d’introduction en bourse à la Securities and Exchange Commission.
La question qui se pose pour les investisseurs potentiels est la capacité du réseau à monétiser ses services. Twitter anticipe, et a annoncé le rachat il y a quelques jours de MoPub, qui génère des contenus publicitaires sur les mobiles.
La plateforme de micro-blogging, lancée en 2006 par Jack Dorsey and Biz Stone, compte aujourd’hui plus de 500 millions d’utilisateurs (pour mettre en perspective, Facebook en compte plus d’un milliard). Twitter Inc. a son siège à San Francisco. C’est l’un des 10 sites Internet les plus visités mondialement, en priorité par des usagers un peu plus âgés que la moyenne des réseaux sociaux, en raison de la popularité initiale de Twitter dans le milieu du business.
C’est aussi un réseau fortement hiérarchisé, avec une distribution polarisée entre les « leaders d’opinion » d’un côté, qui sont suivis plutôt que suiveurs, et les autres. Seulement 5% des utilisateurs génèrent 75% des posts.
Un peu moins reluisant pour le service d’échange de gazouillis : seulement 40% de ses utilisateurs continuent à utiliser le service au-delà d’un mois.
Le classement des comptes les plus suivis [source : http://twitaholic.com/ consulté le 7 septembre 2013] :
1- Justin Bieber (44.1 million de suiveurs dans le monde)
2- Katy Perry (42.2m)
3- Lady Gaga (40.0m)
4- Barack Obama (36.2)
5- Taylor Swift (33.6m)
6- YouTube (33.1m)
7- Britney Spears (31.6m)
8- Rihanna (31.5m)
9- Instagram (26.0m)
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | News
Souvenez-vous de votre dernier achat en magasin. Vous avez hésité, beaucoup hésité. Dans cette situation inconfortable, votre croyance en votre propre système de prise de décision en a pris un coup. C’est alors que vous avez pensé à jouer votre joker : votre pouvoir digital. Vous avez sorti votre nouveau smartphone et avez commencé à naviguer sur Internet : comparaisons de prix, comparaisons de modèles, évaluations, recommandations, etc…Votre choix était désormais fait. Cette intégration du numérique dans votre expérience d’achat en point de vente physique, c’était la première pierre de la révolution digitale. Et ce n’est que le début.
Reconnaissance faciale, shopping social, écrans et miroirs interactifs, ambiance personnalisée, réalité augmentée, moyens de paiement…voici seulement quelques exemples de ce qui vous attend pour la suite. Dans le magasin du futur, l’espace physique et l’espace digital ne feront plus qu’un, transformant entièrement l’expérience du consommateur en point de vente.
A quoi ressemblera ce magasin du futur ? Quelles seront les nouvelles stratégies, les nouveaux enjeux et les nouveaux acteurs ? Pour obtenir les réponses aux questions que vous vous posez, et à celles que vous ne vous posez pas encore, rendez-vous le Mercredi 25 septembre au plus grand rendez-vous Européen du e-Commerce, le salon e-Commerce de Paris. Parmi les conférences d’experts, retrouvez Dominique Piotet pour une présentation sur le futur du Retail :
Keynote Zappos : Le futur du Retail passe par le Digital…et nous n’avons encore rien vu !
Dominique Piotet, architecte digital du Zappos Couture Store / CEO Rebellion Lab
Mercredi 25 septembre , 10h30-11h30 – Amphithéâtre Sirius
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Innovation
Il n’y a que quelques mots gravés au dos des tablettes luminescentes que nous tenons entre nos mains: « Designed by Apple in California. Assembled in China ». Quelques mots qui nous mettent face au constat de la dislocation entre espaces de création (Cupertino et ses banlieues), de production (la Chine) et de consommation (Appleland). Mais de nouveaux acteurs viennent perturber les schémas établis. Ils rendent accessibles aux profanes les outils professionnels du design et de la production pour le plus grand plaisir de tous.
Qui sont les Makers ?
Les Makers sont des bidouilleurs, créateurs d’objets électroniques, de bidules robotiques, développeurs de l’impression en 3D et ils méritent toute notre attention dans un climat où délocalisation et automatisation éloignent toujours plus loin les chaînes de production. Si la pratique du bricolage est bien ancienne (on aurait envie de parler du plus vieux métier du monde si l’expression n’était pas déjà prise), sa présence croissante dans l’imaginaire collectif et les pratiques quotidiennes commence à se faire remarquer.
Ces bricoleurs/euses ordinaires s’approprient les objets et les détournent de leurs usages attendus. Le terme « objets » est à entendre ici dans une acception très large : petit écran tactile installé à la place du vieil auto-radio dans la voiture pour naviguer dans la ville, construction d’un arbre à chat ou d’un jardin à papillons sur mesure, automatisation du système d’arrosage, avion téléguidé, clavier laser projeté sur une plaque de plexiglas pour pouvoir prendre des notes sur les meilleures idées qui nous viennent toujours quand on est sous la douche.
Le terme de « Hacker » est aussi employé pour désigner ces bricoleurs, mais beaucoup souhaitent s’en éloigner en raison de la connotation négative associée à ceux qui sont perçus comme des pirates de l’Internet.A quoi jouent-ils ?
Les Makers possèdent des compétences transformationnelles : ils savent coder, coudre, souder, démonter, réassembler, percer, polir, jouer. Comme on pourrait s’y attendre, les hommes sont surreprésentés dans la population, ainsi que ceux dont la profession se rattache à l’univers technologique (programmeurs, ingénieurs). Tous ont envie d’ajouter une dimension ludique, créative et souvent artistique à leur vie quotidienne. La communauté ainsi formée se retrouve pour s’entraider dans des aventures qui visent à l’amélioration, dans un sens pratique et esthétique, de notre espace vital collectif.
L’élaboration d’une communauté de savoir-faire
La dimension collective est au cœur du mouvement. En effet, les Makers expliquent tout de suite dans les entretiens que les savoirs et savoir-faire mobilisés dans le cadre des projets sont élaborés de manière collective, et qu’ils ont vocation à être accessibles par le plus grand nombre. Ce souci de la mise en commun est visible dans l’élaboration des documentations très fournies pour les projets open-source, caractéristiques des logiciels libres par exemple, où l’ensemble de la communauté participe à la rédaction de la documentation sur le modèle « wiki » qui permet une forme d’écriture collective.
L’articulation de la contribution individuelle à la communauté
Il y a des règles de courtoisie assez strictes qui aident à l’articulation de la contribution individuelle au projet collectif : le concepteur original du projet, qu’il s’agisse d’un logiciel (software) ou matériel (hardware), doit toujours être mentionné. Chaque personne qui apporte une modification au produit original doit expliquer précisément la nature de sa contribution : son travail est ainsi identifié comme un apport individuel mis à disposition de tous. Il est aussi interdit de modifier le type de licence caractéristique de l’objet : un objet « libre » restera libre, et ne pourra pas se retrouver « fermé ». Il reste propriété de la communauté.
L’émergence d’un mouvement Maker, dont la force collective dépasse la somme des petits bricolages qui le composent, a été facilitée grâce aux lieux qui font exister ces communautés. Ces lieux sont à la fois virtuels et réels. Du côté des lieux virtuels, on trouve les forums de discussion Internet, les « wiki », c’est-à-dire ces plateformes d’écriture collective qui facilitent la rédaction des documentations pour l’utilisation de logiciels ou la conception de matériels. Les lieux physiques où se retrouvent les Makers sont les « hackerspaces », des locaux ouverts où sont mis à disposition du public toute sorte d’outils pour la conception d’objets : imprimantes 3D, fraiseuses de précision, découpeuses laser, perceuses à colonne etc.
[Pour plus d’information sur les hackerspaces, on pourra se reporter au podcast réalisé par Colas Zibaut pour Silicon-Valley.fr].
Que fait-on dans un hackerspace ?
Quelques exemples: vous pouvez vous asseoir sur une chaise pivotante devant une petite extension qui ressemble à une tête d’aspirateur, mais qui est en réalité un scanner en trois dimensions. L’image en relief est transmise au logiciel qui donne ensuite les instructions à l’imprimante pour la production de votre portrait façon buste romain.
[Pour plus de détails sur la magie de l’impression en 3D, on pourra se reporter à l’ouvrage de la spécialiste sur la question : Mathilde Berchon].
Les perceuses haute précision sont utiles aux bijoutiers, aux dentistes, aux menuisiers. Certains viennent programmer des petits ordinateurs Raspberry Pi, qui font la taille de deux cartes de crédit, et y installer l’interface de navigation Navit pour se fabriquer un petit GPS sur mesure. D’autres travaillent les tissus, et impriment des T-shirts individualisés etc.
Depuis 2006, les Makers ont leurs propres foires d’exposition, les Maker Faires, grands terrains de jeux et de démonstrations où se retrouvent les passionnés de l’esprit « DIY » (Do It Yourself, i.e. « à faire soi-même »). La première Maker Faire a eu lieu dans la Silicon Valley à San Mateo en 2006, et depuis, elles fleurissent un peu partout à la surface du globe, et réunissent plusieurs milliers de passionnés. Les activités de bidouillage coexistent avec les réflexions collectives et politiques, comme par exemple la réforme des méthodes d’apprentissage à l’école, les manières de rendre l’aide humanitaire plus efficace ou encore les moyens de créer de nouvelles formes d’énergie.
Et le business dans tout ça ?
Quand passion de l’innovation coexiste avec création de valeur, venture capitalists, business angels et business plans ne sont pas loin. Si c’est l’esprit désintéressé du partage et de la contribution à la communauté qui motive le gros des troupes makeuses, certains projets se développent jusqu’à l’ambition de la réussite commerciale.
Le crowdsourcing (externalisation de la production à la foule) est l’engrais parfait pour cette expansion. Que ce soit pour l’obtention des premiers financements, avec les plateformes de crowdfunding comme Kickstarter, ou pour le développement des idées en commun (peer production, open source, user-generated content), les nouvelles interfaces du web permettent la collaboration efficace d’individus éparpillés et la mise en place de projets à vocation commerciale.
L’entreprise Makerbot est un exemple de commercialisation réussie. L’entreprise vend des kits au grand public pour que chacun puisse construire sa propre imprimante 3D, de la même façon qu’on monte une étagère Billy achetée chez Ikea. Les projets sont open-source à la base, c’est-à-dire que toutes les instructions pour l’assemblage, les matériaux à choisir, la mise en fonctionnement sont disponibles gratuitement. L’entreprise Makerbot vous facilite simplement la tâche en rassemblant dans un même paquet tout ce dont vous aurez besoin. Les imprimantes continuent à s’améliorer grâce à « l’alchimie des multitudes » d’utilisateurs qui contribuent aux mises à jour. Pour aider à la commercialisation des kits, la firme de capitaux-risqueurs The Foundry Group a investi dix millions de dollars dans le projet en 2011.
[J’emprunte la notion d’« alchimie des multitudes » à Dominique Piotet, dans l’ouvrage co-écrit avec Francis Pisani, Comment le web change le monde, Pearson, 2011].
L’hybridation du profit et de l’opensource
La cohabitation entre projets opensource, qui s’améliorent grâce à une multitude de contributions désintéressées, et recherche du profit provoque parfois des tensions, comme quand Makerbot a annoncé en 2012 que l’entreprise ne rendrait pas public les informations nécessaires pour la construction du modèle d’imprimante « Replicator 2 ».
Néanmoins, cet espace de collaboration entre opensource et commercialisation est un moteur d’innovation qui mérite toute notre attention, nous invite à réfléchir à la notion de propriété intellectuelle « ouverte », à renouveler nos modèles économiques et à mieux considérer le rôle du web participatif dans la constitution d’un savoir collectif.
En mettant à la disposition de tous les outils nécessaires à l’élaboration de prototypes, les hackerspaces contribuent à la déconcentration et la démocratisation des processus de conception et d’innovation, qui ne sont plus réservés aux « professionnels ».
[Pour prolonger ces réflexions, on pourra se reporter aux chapitres 6 et 7 de l’ouvrage Comment le web change le monde cité plus haut].
Multiplication des lieux de production
Ce changement dans le processus de conception, de plus en plus délocalisé et éparpillé, est soutenu par la démocratisation des chaines de production. Les usines chinoises acceptent de plus en plus les commandes individuelles et customisées pour ceux qui souhaitent commercialiser leur prototype. Cet élargissement de l’accès à la production se passe aussi plus près de nous. L’atelier de production TechShop, qui met à disposition du public des outils de production de qualité industrielle, envisage de se développer sur le modèle de Kinko’s, et d’ouvrir de nombreux ateliers de production accessibles au grand public.
Pour conclure
Tous les foyers n’ont pas encore d’imprimante 3D qui traine dans un coin du salon. Cependant, les mécanismes qui ont donné naissance à la culture Makers sont pour nous tous l’occasion d’approfondir notre réflexion sur les points suivants :
– Les modalités de l’externalisation de la production à la foule ;
– La généralisation du plaisir de créer ;
– Les innovations apportées en opérant un retour à l’objet et au monde – pied-de-nez à ceux qui critiquent les fuyards des mondes virtuels ;
– Le renouvellement des modes d’apprentissage et de diffusion des savoir-faire.
Remerciements
Cet article a bénéficié des avis éclairés d’une multitude de gens brillants, cités par ordre alphabétique :
- Nicolas Bassand pour sa relecture méticuleuse;
- Mathilde Berchon pour un long entretien;
- Elodie et Pierre Grandin, heureux créateurs de l’arbre à chats et contributeurs au projet Navit
- Dominique Piotet pour l’inspiration du sujet;
- David R. pour son accueil chaleureux au Ace Monster Toys, le hackerspace d’Emeryville.
Ariane Zambiras
http://arianezambiras.com/
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Innovation
La réponse à cette question est facile : il s’agit d’une voiture appartenant au réseau Lyft. Expliquons :
L’aventure a commencé lorsque Logan Green (alors étudiant à l’Université de Santa Barbara) a eu l’idée de partager les coûts de ses trajets à Los Angeles lorsqu’il voulait rencontrer sa petite amie alors étudiante à UCLA. A l’époque (2007) le meilleur système était Craiglist… mais ce système avait une importante restriction : on n’y voit qu’un nom et parfois un numéro de téléphone. Vous ne savez pas à qui vous avez affaire.
Le ciel s’éclaircit soudain lorsque Logan découvrit Facebook. Facebook donne accès à des informations personnelles telles que : âge, photo, adresse, goûts (musicaux en particulier), amis, etc. La seconde révélation fut lorsque Logan découvrit (via Facebook) que John Zimmer faisait la même chose à New York. Après une série de messages (via Facebook), l’idée d’un nouveau service se fit plus claire : ainsi naquit Zimride. Zimride fut créée grâce à un investissement de (FaceBook bien sûr) 250 000 dollars. Après avoir reçu près de 7 millions de dollars, la société, qui entre temps avait créé un service grand public (Lyft), se trouva prête à vendre Zimride à Enterprise Holdings et se concentrer sur Lyft.
Lyft elle-même reçoit 23 millions de dollars début 2013 et 60 millions de dollars en mai. Lyft a aujourd’hui 350 000 utilisateurs et organise 30 000 trajets partagés par semaine.
La sécurité est garantie par les nouvelles technologies utilisées (nous y reviendrons). L’ «expérience» est nouvelle: vous ne payez pas seulement pour une place , mais aussi pour l’opportunité de faire de nouveaux amis (après tout, vous les avez choisi en regardant leurs profils). Dès le premier contact, vous savez que vous ne louez pas un taxi : il y a d’abord l’application qui montre la position de la voiture sur votre smartphone, puis la voiture avec la moustache rose (il s’agissait initialement d’un sourire… d’où la couleur rose), le bonjour (un « fist bump »). Le premier passager est invité à monter à côté du conducteur. Finalement la note d’évaluation est elle-même quasi publique (conducteurs et passagers sont donc aussi jugés sur les notes écrites).
Lyft n’est pas la seule bien sûr. Il y en a d’autres (voir l’encart). Mais la création et le succès de cette société sont exemplaires de la nouvelle génération de services inventés par la Silicon Valley. Nous en étudierons la « mécanique cachée » dans nos prochains articles.
Les différents services de « transport social » :
Location de voiture : Zip Car (location à la minute, vendue pour 500 millions de dollars à Avis en 2012 City Car Share (dont l’objectif est de « retirer »20,000 voitures de la circulation en 2020), drive-now (société qui loue uniquement des BMW).
Location d’une voiture privée : JustShareit (« empruntez la voiture de votre voisin »), RelayRides (qui loue votre voiture pendant que vous voyagez en échange d’un lavage et d’un parking gratuit. Egalement utile lorsque vous débarquez dans un aéroport pour vous rendre en ville).
Trajet partagé : Zimride (dans 350 universités), Lyft, eRideShare, ShareYourRide, RideTester(implanté à NewYork), CarpoolWorld International).
Dispatcher pour conducteurs professionnels : Uber (limousines), Sidecar (cliquez sur votre smartphone au lieu de héler un taxi), Flywheel (pour sociétés de taxis). Ces trois sociétés sont accessibles via smartphone et fonctionnent et remplacentles traditionnelles radios.
Les 2 roues partagés : La société qui fait du Zipcar pour des scooters – Scoot.
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Innovation
Nous avons vu comment à San Francisco, de jeunes sociétés réinventent nos façons de vivre en « déconstruisant » la notion de repas en créant une expérience de groupe dans laquelle le client crée son repas en choisissant pour chaque plat un camion différent, et même en partageant avec d’autres convives (familiers ou pas) autour de lui. Nous avons vu des expériences similaires dans le domaine des transports, du club louant des voitures à la minute, des personnes privées invitant des voyageurs à partager leurs trajets, ou même des personnes privées louant leurs propres voitures. On pourrait aussi parler de sociétés telles que Instacart (louez des acheteurs pour faires vos courses) ou Postmates qui organise la livraison de petits objets en ville en moins d’une heure).
En quoi ces dernières sociétés sont-elles comparables aux précédentes ? Elles n’ont ni entrepôt, ni employé. Comme Lyft, elles ne sont que des échanges mettant en relation (grâce à des programmes très sophistiqués) des gens qui veulent quelque chose avec d’autres qui ont le temps et le savoir nécessaire pour le faire.
La transformation des habitudes que ces applications représentent est visible et évidente. Ce que nous allons voir maintenant est que la partie cachée est toute aussi « déconstruite ».

La méthode ancienne pour lancer un camion-sandwich est pour un individu de tout faire : acheter un camion, l’équiper, passer un permis poids lourd, recruter un chef (ou un apprenti), développer des menus complets, négocier des emplacements, imprimer des listes de prix, des horaires, etc.
Un « food truck » est aujourd’hui une opération bien plus compliquée, mais la grande différence est que le propriétaire ne pense même pas à tout faire : Il/elle trouvera des sociétés qui offrent des camions tout équipés, avec parfois l’entretient et les réparations. D’autres sociétés vont s’occuper de négocier des emplacements auprès des autorités locales et les revendre aux camions sous forme d’abonnements. D’autres vont s’occuper du recrutement et de la gestion des employés. D’autres sociétés encore vont se concentrer sur la publicité, envoyer des courriels pour informer les sociétés et leurs employés, développer des sites Internet, des pages Facebook, et s’assurer que chaque camion client sera précédé par une série de courriels, des annonces sur sa page Facebook, ou des gazouillages (Tweets) annonçant le camion, le plat spécial ou les promotions directement aux « suiveurs ».
Comme il y a beaucoup de camions, qui ne fournissent qu’un service très spécialisé (offrir de la nourriture aux clients), il y a assez d’opportunités pour une société de marketing pour espérer un nombre suffisant de clients.
En regardant « sous le capot », c’est-à-dire la partie purement informatique, on trouve là encore cette même spécialisation et collaboration : Par exemple il y a des sociétés développant des applications mobiles standardisées, des sociétés qui offrent des outils pour porter ces applications sur pratiquement tout type de téléphone et de système (ce qui est important lorsque l’on sait qu’une simple géolocalisation sur une carte peut avoir plus de 200 variantes, compte-tenu du système opérateur du téléphone, du système de lecture du code GPS, de l’écran (taille et densité), de la base de données, des interfaces possibles, etc. Le tout devant bien sûr être constamment adapté aux nouvelles versions de chacun de ces sous-systèmes). Là encore on voit les développeurs concevoir dès le départ leurs applications pour être « ouvertes » et intégrables à d’autres applications (on parle d’API –Application Programming Interfaces).
Cette approche de spécialisation-collaboration-intégration est typique du processus d’innovation que l’on trouve dans la Silicon Valley, et elle permet d’aller beaucoup plus loin !
Nous avons déjà vu que des loueurs de voiture tels que Citycarshare acceptent que – et même encouragent – leurs clients à rentabiliser leur location en offrant des services de trajet partagés utilisant la voiture qu’ils viennent de louer (cela se fait avec Lyft). Il est très probable que des sociétés comme Instacart vont proposer à des camions ou des groupes de camions d’aller chercher, pour des personnes qui ne peuvent se dé placer, leur repas quotidien : les clients d’Instacart peuvent voir sur leurs mobile quels camions seront à un endroit donné et se composer un menu qui sera servi chaud ! Les camions eux-mêmes pourraient envisager de se faire « ravitailler en route » pour des produits frais (en passant commande via un mobile et en sélectionnant le livreur le plus proche) en utilisant la même société Instacart !
Toutes sociétés sont en train de grandir (à une vitesse étourdissante pour nos habitudes européennes) et les plus solides suivront la vague qui a déjà dépassé les murs de San Francisco et mêmes les frontières de la Californie. Il faut voir dans un court futur que des milliers de camions pourront opérer, entrainant des centaines de sociétés de service de tous genres et créant des centaines d’ « apps » spécialisées se liant avec d’autres applications.
Mais nous sommes en Californie, et il y a bien sûr une partie cachée dans cette belle mécanique : il va falloir aussi se battre pour exister… c’est ce que nous verrons dans notre prochain article.
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