par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Tendances
La formation à la programmation web est une des tendances majeures dans la Silicon-Valley : trouver un emploi ou sauver la planète, pour les gurus de la région, rien ne serait impossible pour qui maitrise ces nouvelles techniques.
Simple mode ou déclinaison californienne d’un phénomène historique ? Basile Michardière vous propose un retour en arrière éclairant pour mieux analyser cette tendance et en pointer les limites.
Code Mania
Trouver un emploi, protéger l’environnement ou bien encore réduire les déficits publics, autant de défis auquel les gurus de la Silicon-Valley apportent une réponse unanime, l’apprentissage du code. L’heure est à l’enthousiasme le plus ébahi et les initiatives fleurissent de toutes parts. CodeForAmerica.com, par exemple, propose de rassembler développeurs et administration pour travailler ensemble à la modernisation du service publique. De la même manière, GirlsWhoCode.com, comme des centaines d’associations locales, Hackerspaces en tête, explorent les manières dont la technologie pourraient apporter des solutions opérationnelles et à bas prix aux défis de la société américaine.
À cet emballement collectif s’est ajouté la grave pénurie d’ingénieurs dans la Silicon Valley: il n’en fallait pas plus pour voir ouvrir un marché de la formation aux techniques de développement. Les écoles spécialisées, comme DevBootCamp ou encore Code Academy, proposent en échange de quelques milliers de dollars une formation éclair, job-ready. Cependant, c’est évidemment surtout en ligne que l’on trouve la majorité de ces coding-school: le poids-lourd de l’e-Learning SkillsShare, CodeSchool.com, CodeRacer.com, TheCodePlayer et tant d’autres encore. Qu’importe le choix final, le discours est toujours le même: acquérir ces nouvelles techniques vous ouvriront des opportunités d’emploi nouvelles.
Le projet Code.org, soutenu par les pontes de la Valley et dont la vidéo de promotion a été vu plus de 10 millions de fois, cristallise parfaitement ces fantasmes.
httpvh://www.youtube.com/watch?v=nKIu9yen5nc
1856 – 1960s – 2013 : La technologie sauvera le monde
Prendre du recul, sortir la tête du guidon – appelez cela comme ça vous chante, l’idée est là : la compréhension du présent passe souvent par l’étude du passé. Retour en arrière de 150 ans.
1856: Le français Auguste Compte publie Discours sur l’Esprit Positif et bouleverse les salons philosophiques parisiens avec une idée révolutionnaire -disruptive?- : seul le savoir scientifique peut permettre de changement du monde. La maitrise technologique, de la locomotive à vapeur au télégraphe, va permettre aux hommes d’être enfin maître de leur destin.
1960s. L’équipement électroménager s’est bien installé dans les chaumières, le BAC C règne toujours sans partage et, tenez vous bien, dans 30 ans les voitures auront des ailes. Cela ne fait aucun doute, la technologie va sauver le monde.
2013: « Understanding technology and be able to control it is now as fundamental as being able to read and write »
Treehouse est une entreprise leader dans l’enseignement online
httpvh://www.youtube.com/watch?v=ZUAg51kA42M
Que nous apprend l’Histoire ?
Simplement que la croyance dans une technologie messianique est récurrente tout au long de l’histoire moderne. Plus encore, on isole facilement les facteurs qui déterminent cette mélodie : une vague d’avancées scientifiques permet de concevoir et produire des objets nouveaux, s’en suit une période de croissance économique forte. L’horizon semble alors infini et les rêves les plus fous peuvent éclore.
Les avancées majeures au milieu du 19ème siècle, notamment la meilleure maitrise de l’acier et de la mécanique, ont permis une forte croissance en Europe et aux USA, dont les expositions universelles sont les meilleurs témoins. De la même manière, la fée électricité -une expression qui en dit long- permet, entre autre, la massification de produits d’équipement et inonde les inconscients avec la conviction que rien ne peut arrêter la marche vers un monde meilleur. Enfin, au tournant des années 2000, les découvertes dans les domaines de la micro-électronique autorisent entrepreneurs et grands groupes à écrire un monde sans frontière, connecté partout et tout le temps.
Des mécanismes scientifico-économiques identiques ont des conséquences similaires sur les consciences et croyances. Continuons ainsi notre jeu des parallèles historiques.
1865: les travaux de modernisation de Paris mené par le Baron Hausmmann commencent à peine et concentrent déjà tous les espoirs. La construction d’un système d’égouts efficace permettra d’assainir Paris, les hygiénistes en sont convaincus. Un siècle et demi plus tard, tous les experts s’accordent pour dire que la technologie est le premier levier d’une ville plus propre, que l’on pense au projet Smart City porté par les archanges de la Valley, de Bizstone à Zuckerberg. Décidemment, de Hausmann aux GreenTech, il n’y a toujours qu’un petit pas.
httpvh://www.youtube.com/watch?v=PlaJOE8yflo
À l’inverse, les travaux d’aménagement des boulevards entrepris par Haussmann avaient pour objectif inavoué de créer des avenues larges censées faciliter l’intervention de l’armée en cas de révolte du peuple parisien. L’urbanisme et la technologie (ici, l’utilisation de machine nouvelles et des techniques de construction novatrices) au service d’un régime autoritaire ont fait scandale à l’époque. Vous y êtes ? N’observons-nous pas exactement la même critique avec les problématiques de cyber-surveillance actuelles ? Ne reprochons-nous pas à nos gouvernant de mettre en place des systèmes de surveillance sous le couvert de préoccupations administratives ? Georges Orwell likes this.
Moralité : la frénésie actuelle autour de l’apprentissage du code n’est rien de plus qu’une réaction mécanique au progrès technologique. Tout au long de l’Histoire, les avancées scientifiques ont crée des possibles nouveaux, favorisant les rêves les plus fous et les craintes les plus paranoïaques. La Code Mania à l’oeuvre dans la Silicon-Valley n’en est qu’une illustration parmi tant d’autres mais se singularise par sa large pénétration dans la conscience collective.
De fait, on observe à quelle vitesse et avec quelle efficacité la Silicon-Valley a transformé ce retour de la technologie en une idéologie tenace. Plus encore, ce « cyber-utopisme », selon le mot de Evgeni Morozov, s’est rapidement muté en un business de la formation où la maitrise de la technologie s’échange contre plusieurs milliers de dollars et quelques semaines de formation.
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | News
Qui a dit que la Silicon Valley ne créait que des valeurs immatérielles, des apps et du service ? La capitalisation boursière du constructeur Tesla dépasse désormais celle de Fiat. Paris ? San Francisco calling !
Fondée en 2003, la société Tesla Motors hérite du nom d’un scientifique serbe ayant oeuvré dans le domaine de l’électricité, Nikola Tesla. L’investissement initial, on le doit au co-fondateur de Paypal, Elon Musk, devenu Président du conseil d’administration de l’entreprise. Il injecte 6,3 millions de dollars, après la revente de Paypal à eBay.
Il aura fallu près de cinq ans – et une volonté de fer! – pour produire la première voiture sportive électrique de la gamme pour cette société basée à Palo Alto. Son credo : « prove that electric vehicles could be awesome » (faire la démonstration que les véhicules électriques sont fabuleux). En 2008, la Roadster est lancée. Quelques concessions et un site Internet la commercialisent. Ce site réalise 220 ventes en quatre mois. La clientèle est principalement américaine. Pour l’acquérir, il faut débourser entre 65.000 et 100.000 dollars US, une sacrée somme pour un véhicule de niche, alors encore vaguement futuriste.
Sa promesse: tenir près de 250 miles, soit 400 km.
Fin avril 2013, le constructeur affiche sa satisfaction. Et son soulagement – son histoire n’est pas exempte de hauts et de bas -. Il a été capable de rembourser anticipativement un prêt de 465 millions de dollars accordé par le gouvernement américain. L’entreprise a vendu 4.900 modèles S de sa gamme et affiche un chiffre d’affaires de 562 millions USD.
L’action de la société bondit à 90 USD: elle a doublé, trois ans après son introduction en bourse. La société valait alors 500 millions de dollars. Elle capitalise en ce mois de mai près de 11 milliards. A titre de comparaison, 8 milliards pour Fiat et 2,8 milliards pour PSA Peugeot Citroën.
« Ce qu’a accompli Tesla n’est pas de la chance, c’est réel », selon Morgan Stanley. Tesla compte aujourd’hui 2.000 salariés répartis dans 30 unités, partout dans le monde (37 pays à l’heure où nous écrivons ces lignes). Outre le Canada et les Etats-Unis d’Amérique, Tesla est présent en France (Paris), en Suisse (Genève), en Italie (Milan) et très bientôt à Bruxelles, en Belgique.
Outre ses propres véhicules, l’entreprise californienne vend son savoir-faire. Son système de stockage énergétique est commercialisé à des partenaires comme Daimler et… Toyota.
Testez-la avec chauffeur… à Paris
Pas étonnant que Paris succombe aux charmes de cette nouvelle définition électrique du haut-de-gamme. Du 28 au 30 mai, l’application mobile Uber propose à ses utilisateurs de commander gratuitement une Tesla Model S avec chauffeur. Ce test est ouvert gratuitement à tous les parisiens qui téléchargent l’application Uber pour iOS, Android et BlackBerry. Comble du raffinement: l’approche du chauffeur peut être suivie en temps réel sur l’application mobile née à… San Francisco il y a trois ans. Quand on vous dit que le luxe s’exporte désormais en AF A380 de SFO à CDG…
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | News
Après la Silicon Valley des mers, Canada et Russie se dessinent aussi un Bay Bridge. Objectif : créer hors des Etats-Unis des grappes d’entreprises et de talents à haute valeur technologique.
Le 28 mars, dans nos colonnes, Anji Ismail se demandait si Vegas ne serait pas la prochaine Silicon Valley. Pas plus tard que le 14 Mai, nous constations qu’avec le Blueseed, la Vallée organise pour 2014 une résistance depuis les eaux internationales, dans la Baie de San Francisco.
Croire que l’appétit techno-économico-politique s’arrête aux frontières des Etats-Unis est un leurre. Le Canada et la Russie nourrissent en ce moment-même de grands projets.
Добро пожаловать в Сколково долине*
On en parle depuis 2011, le projet est aujourd’hui une réalité. A quelques kilomètres de Moscou, le Skolkovo Institute of Science and Technology s’est offert les services du MIT pour 300 millions de dollars. Objectif: concevoir un ensemble de cursus universitaires pour créer une « Skolkovo Valley ».
L’érection du campus est une initiative du gouvernement, prise en 2010 et dotée d’une enveloppe de… 2 milliards d’euros.
Plusieurs grands noms US du secteur IT sont déjà impliqués, à commencer par IBM et Microsoft. Au programme pour les attirer? Des réductions d’impôts et des facilités pour obtenir un visa (l’un des principaux problèmes soulevés aux Etats-Unis ces dernières années). Le projet n’est pas encore concrétisé, mais il devrait devenir réalité d’ici 2018 avec un objectif de 1.200 étudiants à haut potentiel et près de 200 professeurs. En attendant que les bâtiments sortent de terre, une promotion de 20 étudiants a démarré un cursus à Londres (Imperial College), Lausanne (EPFL) et aux Etats-Unis (MIT), trois établissements partenaires.
Montreal Valley sur son 36*
QI est le nom d’un nouveau quartier de la ville francophone canadienne. Il sera construit autour de l’Université McGill dans le cadre du plan «Montréal 2025».
Griffintown, c’est le nom actuel du quartier, est situé à proximité du centre de la Ville. L’objectif est de rassembler étudiants, entrepreneurs et créatifs autour d’une « petite Vallée » pour faire émerger des profils à très haut potentiels, mais également des jeunes-pousses prometteuses.
Le lancement officiel s’est tenu le 13 mai dernier. Michael Applebaum, le maire de Montréal, a souhaité que la cérémonie se déroule dans l’ancienne Fonderie Darling, une usine convertie (dans le cadre du projet) en un lieu d’exposition, principalement d’art visuel. «Montréal 2025» est également pour lui l’occasion de procéder à la rénovation de très nombreux bâtiments dans le secteur pour créer une dynamique d’innovation et séduire entrepreneurs et ingénieurs pour qu’ils s’y installent.
* 1 : Welcome to Skolkovo Valley
* 2: « sur son 36 » signifie « sur son 31 » au Québec
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Innovation
Fleur Pellerin était cette semaine dans la région de San Francisco. Après s’être promenée sur le Campus de Google, avoir déjeuné à la cantine d’Airbnb, et s’être entretenue avec des start-up françaises, nous la retrouvons à l’Atelier BNP Paribas, à l’occasion d’une soirée où elle rencontrera les entrepreneurs français installés à San Francisco.
Un Ipad entre les mains, Madame la Ministre a eu la gentillesse de répondre à nos questions.
Interview intégrale
httpvh://youtu.be/dNyhSSBNBxM
Nous l’avons interrogé sur ce qu’elle entend par entrepreneur, les inspirations qu’elle retire de l’éco-système d’innovation qu’est la Silicon Valley, et les idées qu’elle rapportera dans ses valises.
Le cadre de l’interview était bien à propos pour une discussion qui portait sur l’innovation, la longue perspective du couloir jouait comme métaphore du futur. Un couloir pas tout à fait anodin du reste, puisque dans ce couloir mythique, résonnent encore les pas des plus grands gourous de la Silicon Valley: Steve Jobs, Bill Gates, Lary Page… etc.
Agile dans son rapport à l’écran tactile comme face à nos questions, Fleur Pellerin nous a renseigné sur l’action prochaine du gouvernement en faveur du numérique.
1ère Partie
httpvh://youtu.be/pGd1ydSkLo8
2ème Partie
httpvh://youtu.be/cUSkpG_rQoU
par caroline@inwest.fr | Jan 22, 2026 | Innovation
Des photos sur Flickr. Des vidéos sur Youtube. Des échanges privés sur Gmail, Skype et Facebook. Rien de ce qui est privé ne semble pouvoir échapper aux indiscrétions de la NSA? Paranoïa ou besoin de discrétion, la question se pose de savoir si les données sont plus sûres de l’un ou l’autre côté de l’Atlantique.
Dans un épisode de la série « Person of Interest », le personnage Finch déclare que le gouvernement américain a créé Facebook pour que les utilisateurs alimentent eux-mêmes de gigantesques bases de données sur leur vie privée. La réalité a peut-être dépassé la fiction.
Edward Snowden, par qui le scandale est arrivé, a travaillé durant quatre ans pour la NSA, l’Agence de Sécurité Nationale américaine. On sait, grâce à lui, que deux collectes de données ont été opérées par Washington. L’une concerne l’opérateur Verizon et des données sur les appels de ses abonnés. L’autre associe le gratin des géants Internet. Ces entreprises – dont la plupart sont établies dans la Silicon Valley -, ont communiqué des photos, vidéos et courriels appartenant à des non-résidents, notamment en Europe.
Résumé de la situation par Olivier Ertzscheid, sur le blog Affordance.info: « La NSA surveille Google, Facebook et les autres. Google, Facebook et les autres nous surveillent. Nous savons vaguement que nous sommes potentiellement surveillés. Mais nous ne surveillons pas pour autant l’ensemble de nos interactions & conversations en ligne. »
Tim Berners-Lee, considéré comme l’inventeur du Web, estime que le programme PRISM représente une surveillance injustifiée et « une intrusion dans la vie privée des citoyens qui menace les fondements de la démocratie.»
A Radio Canada, Martin Lessard nous rappelle qu’à chaque check in, like, envoi de photo via les réseaux sociaux, nous façonnons de plus en plus précisément notre « ombre virtuelle ». Martin nous rappelle que nous sommes tous devenus de « petits points sur un écran dans le sous-sol d’une agence de sécurité quelque part aux États-Unis. »
Time to move?
Jusqu’à Prism, vous n’auriez peut-être jamais pensé retirer vos données personnelles de serveurs situés aux Etats-Unis: vos courriels sur Gmail, vos photos sur Skydrive, vos statuts Facebook, vos tweets et même vos appels via Skype. L’air de rien, les révélations d’Edward Snowden ont alerté les utilisateurs sur les risques d’héberger leurs données sur des serveurs localisés aux Etats-Unis. Tout bénéfice pour les éditeurs européens, bien décidés à profiter de leur insoumission à l’agence de sécurité américaine, la NSA.
Mobilisation dans l’Hexagone autour des champions locaux. Les données françaises doivent rester en France, semble indiquer la Ministre Fleur Pellerin (voir notre interview). «L’affaire Prism, si elle est avérée, rend pertinent de localiser les data centers et des serveurs sur le territoire national afin de mieux garantir la sécurité des données. Nous prenons, peut-être un peu tard, conscience de la nécessité d’être moins dépendants des infrastructures, des plateformes ou des points d’accès à Internet autres qu’européens.»
Pas un hasard si OBM est l’une des principales solutions groupware de l’Administration française. La suite, éditée par le groupe LINAGORA, est utilisée par de grands groupes publics et privés en France, mais également par les milieux universitaires. Son PDG, Alexandre Zapolsky, rappelle volontiers qu’«OBM a une empreinte unique sur le marché français. C’est la seule solution réellement Open Source capable d’offrir une alternative industrielle aux solutions de communication propriétaires.»
Et c’est loin d’être le seul exemple: Hubic, lancé par la société OVH Telecom, s’avance comme un nuage à la Dropbox entièrement géré à Roubaix, dans le Nord. L’air de rien, il est aujourd’hui le troisième hébergeur mondial, avec plus de 145.000 serveurs et 700.000 clients.
A Bruxelles aussi, certains se frottent les mains et rassurent les abonnés payants d’un service en ligne. «La plupart de demandes viennent de professionnels qui veulent s’informer sur la localisation de nos serveurs», souligne Patrick De Schutter, co-fondateur de la suite bureautique ContactOffice (un groupware d’origine belge concurrent d’Outlook, Zimbra et Google Apps). «D’autres demandes ont trait aux procédures en cas de demande d’information de la part d’instances officielles, ainsi qu’à nos politiques de sauvegarde et de sécurité. A toutes ces questions, nous leur répondons que les données de nos clients sont hébergées dans un centre de données en Belgique. Nous contrôlons entièrement nos serveurs : aucun sous-traitant n’a accès à nos infrastructures. Les autorités n’y ont pas davantage accès : elles doivent nous solliciter pour obtenir des données de nos clients. Nous ne les transmettons que si nous recevons un ordre signé du juge compétent.»
Reaction time
Une solution? Oui, selon Tim Wu, professeur de Droit à l’Université de Columbia. Il s’est exprimé à Londres il y a quelques jours et n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, nous portons la responsabilité de ce péché par omission : nous utilisons des services Internet qui communiquent des informations à la NSA. En quittant Facebook, en choisissant un autre moteur de recherche que Google, en évitant AOL, Yahoo, les canaux de surveillance s’éloignent de vous.
Face à ce scénario catastrophe, les géants de l’Internet US réagissent. Le risque est énorme que les utilisateurs se détournent de leurs nuages. Aucun acteur majeur du web ne semble échapper à la liste des entreprises soumises à l’indiscrétion: Apple, Google, Facebook, Yahoo!, Microsoft (Skype notamment), Amazon. Le 11 juin dernier, David Drummond, Chief Legal Officer de Google, rédigeait une missive à l’Attorney General et au FBI. Objectif: se défendre d’avoir communiqué des informations et jouer la transparence totale.
Patrick de Schutter (ContactOffice) insiste: «Notre métier consiste à héberger et protéger les données de nos clients et non à les analyser pour en tirer des profils marketing et afficher de la publicité.» Allusion à peine voilée à l’affaire Prism, mais également à la publicité contextuelle permettant à Outlook.com, Yahoo! Mail et bien entendu Gmail de rentabiliser leur gratuité.
Et la Commission européenne?
Dans une lettre évoquée par l’agence Reuters, la Commissaire Viviane Reding s’inquiète d’un «éventuel accès de grande ampleur aux données concernant les citoyens européens.» Elle réclame (encore timidement) des «explications et des éclaircissements sur le programme Prism, sur d’autres programmes américains relatifs à la collecte et à la recherche (de données) et sur la législation en vertu de laquelle de tels programmes peuvent être autorisés.»
Quels droits pour les Européens sur le sol américain? Depuis deux ans, l’UE tente (en vain) de négocier un accord transatlantique de protection des données qui limiterait l’accès des Etats-Unis aux données européennes.
D’autres opinions?